Yoka Lye : « la musique congolaise souffre de la misère esthétique»

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Directeur général de l’Institut National des Arts (Ina) et auteur de plusieurs ouvrages, le professeur André Yoka Lye Mudaba fait un état des lieux de la musique congolaise actuelle. Au Micro de MCTeam, ce dramaturge congolais profite de la journée de la Musique, ce mercredi 21 juin 2017, pour  parler du rôle que joue son institution universitaire.

Parlant de la musique congolaise moderne, il dit que  » tout ne peut pas être semblable ».

  « Même dans la musique actuelle, il y a des chants de joie. C’est à nous, à vous les journalistes de pénétrer la vie intime des chansons pour y découvrir les richesses infinies. Je sais que les journalistes sont sévères disant que notre musique est obscène. Non, elle n’est pas obscène, mais plutôt une misère esthétique. Vous savez que la morale ne nous appartient pas. Dans d’autres pays, être nu n’est pas immoral. Même qu’on est sur-habillé comme les voiles, c’est aussi une valeur.

Je suis dans la question esthétique ». a-t-il martelé.

Quant au vrai problème de la musique congolaise, Yoka évoque plutôt la misère artistique et esthétique.  » Le vrai problème de la musique congolaise est la misère esthétique.  La misère artistique. Nous avons à peu près 300 tribus, c’est-à-dire 300 communautés culturelles et artistiques avec, là dedans, des combinaisons infinies. Pourquoi danse-t-on seulement sur les reins ? Dans ma région, on ne danse pas sur les reins, mais plutôt avec les épaules et les pieds. Même chez les Balubas, on croit essentiellement que c’est le Mutwashi autour des reins. Ce n’est pas vrai. Il y a une introduction de mutwashi avec des pas qui se cadencent et c’est seulement quand on fait une halte qu’on peut bouger vraiment les reins. On n’étudie pas suffisamment notre musique.  Le rôle de l’Ina est de pouvoir décanter l’ivraie du blé. Et c’est le  blé qui va nourrir le monde et l’esprit », a conclu l’enseignant.

Source : Media Congo

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