Villes francophones : Kinshasa désormais à la première place avec 12 millions d’habitants

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En dépassant le cap des 10 millions d’habitants, la capitale RD-congolaise est classéee comme l’une des rares mégapoles africaines, explique le dernier rapport « les villes du monde » de l’ONU. Il s’agit d’un rapport  qui considère l’agglomération comme l’unique critère de comparaison. Par ailleurs, la ville ravit désormais la première place de ville francophone du monde, devant l’agglomération parisienne qui compte une population estimée à 10,9 millions d’habitants.

Selon le rapport de l’ONU, la population kinoise a connu une croissance moyenne de 4,2 % entre 2000 et 2016. Il s’agit d’un taux de croissance démographique très important, plus important que la croissance économique enregistrée en 2016. Une situation qui inquiète énormément les experts. Dans le classement de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la RDC occupe le peloton de tête des pays francophones, avec ses 78 millions d’habitants. Le pays vient également à la tête pour le nombre de locuteurs du français qui se situerait à un peu plus de 11 millions. Comme l’explique l’OIF, au moins 92 % de la population kinoise s’exprime en français. L’organisation confirme que Kinshasa est une ville « parfaitement bilingue » où le français se parle avec le lingala, la langue locale parlée par la population kinoise de divers horizons. Ensemble, Kinshasa et Brazzaville, les deux capitales francophones les plus rapprochées au monde, comptent environ 14 millions d’habitants. La grande agglomération transfrontalière creuse la distance par rapport à  la capitale française, deuxième ville d’Europe en nombre d’habitants. Par ailleurs, la RDC compte plus de 200 langues dont certaines sont en voie de disparition. Récemment encore, certains spécialistes des langues congolaises ont réfléchi sur les voies et moyens de relancer les langues maternelles, à côté des quatre langues nationales : lingala, kikongo, tshiluba et swahili.

Ensemble, l’Afrique francophone regroupe environ 380 millions d’habitants. Si le moteur de la montée francophone est effectivement au cœur de la région, certaines capitales africaines ont réussi une percée ces dernières années comme Abidjan en Côte d’Ivoire (5 millions d’habitants), Dakar au Sénégal (3,7 millions d’habitants) et Casablanca au Maroc (3,5 millions d’habitants). Il faut noter qu’au-delà du critère lié à l’agglomération, il y a aussi un autre critère qui se dessine de plus en plus : « le vivre en français ». Pour les partisans d’un tel critère, il s’agit d’une volonté d’identifier les pays, villes et territoires véritablement francophones. En effet, en politisant au détriment de la culture, l’organisation francophone a intégré des pays non francophones, créant ainsi une certaine confusion.

Sur le plan économique, l’Afrique francophone a enregistré une forte croissance. Le sud du Sahara semble actuellement être la sous-région la plus dynamique. Les 22 pays francophones ont réalisé une croissance annuelle de 5,1 % en moyenne sur la période 2012-2015, même si le niveau est passé à 3,7 en 2016 pour des raisons liées à la crise des matières premières. En chiffres, cela donne les résultats suivants pour la croissance en 2016 : Cameroun (5,6 %), Gabon (3,2 %) et Algérie (3,6 %).

Le même rapport de l’OIF fait remarquer que la France a brillé par son absence en Afrique subsaharienne, alors que la Chine s’installe durablement dans la région. Des pays comme le Maroc sentent aujourd’hui l’intérêt de revenir en force dans la région. La France ne compte que 3 % du commerce extérieur de la RDC, pays qui a enregistré malgré tout l’une des croissances les plus robustes de la région entre 2012 et 2015. Au stade actuel, la RDC ne bénéficie que de moins de 2 % de l’enveloppe globale française consacrée à l’aide publique au développement. La France a accordé une aide publique au développement représentant trois fois moins que sa contribution nette au budget européen. Enfin, dernier chiffre révélateur sur la RDC et la France, seulement 1 % des étudiants congolais étudient dans les universités françaises. Et les collectivités et structures intercommunales françaises participent à moins de 1 % des projets réalisés dans le continent africain.

Source : adiac-congo.com

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