Vers la généralisation d’une situation socioéconomique difficile, complexe et incertaine !

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A Kinsuka-pêcheurs, dans le terroir des revendeurs et casseurs de pierre, les signaux d’alarme raisonnent tel le son d’une cloche matinale réglée, pour teinter entre 5 et 6 heures du matin. Autrefois, l’on pouvait parler de la difficulté financière avec comme repère les professeurs et enseignants au sommet de la liste.

Car, ils étaient vus comme les misérables. Pourtant, aujourd’hui, nul n’est sans ignorer que les conditions de vie et de survie du peuple RD Congolais poussent à croire au déluge. Ils le disent si bien en parlant à l’unisson, ‘’les activités économiques ne sont plus fructueuses, la souffrance bat son plein et l’on se demande où allons-nous avec ce genre de vie. Rien ne marche et tout se complique, nous comptons sur Dieu‘’.  C’est en ces termes que les revendeurs, hommes et femmes, ont porté leur voix, répondant aux questions du journal La Prospérité, sur l’actualité économique en RDC, le samedi 22 décembre 2018.

A Kinshasa, capitale de la RDC, la crise économique s’amplifie davantage. A quelques jours des festivités de fin d’année, la population congolaise ne cesse de se plaindre. Entre la perte substantielle du pouvoir d’achat, l’instabilité économique, la flambée de prix et la fluctuation du taux d’échange,  les Kinois s’apitoient  sur leur sort. Une orange pourrie ne prend pas trop de temps pour en détruire d’autres, dit-on. Cette situation qui était attribuée à une certaine couche, un échantillon minime et négligé, affecte actuellement toute personne. Qu’il s’agisse des dignitaires politiques, des fonctionnaires, des enseignants, des chômeurs, des vendeurs ambulants, des commerçants… les plaintes s’enregistrent de toute part. ‘’ L’on se demande où est passé l’argent, et par où passer pour l’attraper…’’, déclare une dame.

Tout compte fait, dans cette mêlée, semble-t-il, les plus affectés seraient les vendeurs et commerçants de certains coins. C’est ce qu’avance une vendeuse de moellon et caillasse. ‘’Puisque nous vivons selon les ventes que nous enregistrons et nos potentiels acheteurs sont des fonctionnaires, salariés,… Si eux rencontrent des difficultés pour avoir l’argent et nous autres ? ‘’

Embarras

Comme il n’y a pas des roses sans épines, ni des métiers sans difficultés, hormis les bénéfices générées, les femmes et hommes revendeurs de pierre étalent leur limite. ‘’Nous sommes victimes de plusieurs abus, surtout depuis que les chinois se sont immiscés dans nos affaires. Tout est devenu compliqué, à partir du moment où ces étrangers ont acquis des concessions des carrières et sont devenus, eux aussi, des vendeurs des moellons et autres caillasses. Leur installation a sensiblement détruit notre affaire‘’, évoque un revendeur qui a requis l’anonymat.

Abordant dans le même sens que ce jeune homme, une dame, assez avancée en âge, a prêté sa voix pour non seulement fustiger la non-implication de l’Etat Congolais à cette question, mais aussi appeler les autorités à venir à leur secours,  et tenter d’améliorer la situation. ‘’Nous avons élevé nos enfants avec ce travail,  pendant des années nous avons pris soin de nos familles mais actuellement tout devient pénible‘’, a-t-elle déclaré. Généralement, renchérit-elle, par rapport au prix, en saison sèche le chariot de pierre se vend à 3000 FC, on l’achète pour vendre un sceau à 1000 FC, 800 FC et revendre le chariot à 12000 FC. Par contre, pendant la saison de pluie, les rocks se font très rares et la charrette se vend à 5000 FC, nous le revendons à 9000 FC, ‘’ on ne gagne presque rien‘’.

Tenez !

‘’La grande peine que nous éprouvons demeure celle du non accompagnement de l’Etat comme ça se fait partout ailleurs. Il y a des années, cela se faisait, les autorités obligeaient parfois l’achat des moellons et caillasses auprès des Congolais et Congolaises. Aujourd’hui, ces autorités ne nous accompagnent pas et ne défendent pas non plus nos droits. C’est pitoyable. Nous ne vivrons heureux que lorsque les  chinois seront chassés de ce pays et surtout de notre domaine d’exploitation et que les autorités nous prenaient plus au sérieux au point de considérer notre travail, nous vivrons bien mieux.  Sinon ça serait peine perdue‘’, dixit la vielle dame.

L’espoir fait vivre

Toutefois, il semble que les prédictions d’une crise générique, avec des conséquences fâcheuses, annoncées par certains vigilant lors des premières mésententes entre l’union européenne et la RDC tentent à se matérialiser. ‘’Tant qu’il y a la vie, il y a de l’espoir‘’, dit-on. Les congolais croient au changement le plus proche qu’ils ne l’attendent, quand bien même ils continuent à se questionner sur ce que serait la prochaine étape.

Gracia Kindji

Source: http://www.mediacongo.net/

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