Union internationale des huissiers de justice : le Congolais Jean Didier Bidié compte faire entendre la voix de l’Afrique

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Elu 2e vice-président à l’issue du 23e congrès de l’organisation tenu le mois dernier à Bangkok, en Thaïlande, le président de la Chambre nationale des huissiers de justice du Congo s’est engagé à tout mettre en œuvre pour que les Africains puissent intégrer les organes de cette grande institution mondiale. 

Placé sur le thème « Garantir une justice sécurisée et durable, l’huissier de justice un élément essentiel de la bonne gouvernance », le congrès de Thaïlande a permis aux participants d’apporter des réflexions sur l’évolution de la justice. En effet, les travaux ont été articulés autour de trois panels, notamment garantir l’information du justiciable et assurer l’égalité de chance pour tous ; garantir la responsabilité des acteurs judiciaires et économiques ; garantir et sécuriser les outils numériques. 

S’agissant des résultats de cette rencontre, le président de la Chambre nationale des huissiers de justice du Congo a été hissé à la vice-présidence de cette institution. Jean Didier Bidié devient, ainsi, le premier Noir de l’Afrique centrale à occuper cette fonction. La présidence de l’union est, quant à elle, assurée par le Belge Marc Schmitz et la première vice-présidence par le Français Mathieu Chardon.

Outre la vice-présidence de l’Union internationale des huissiers de justice et officiers judiciaires, le Congo a également été choisi pour abriter, en 2019, les cinquièmes rencontres Afrique-Europe. La date sera fixée en novembre prochain lors du conseil permanent. La Chambre nationale des huissiers de justice du Congo, qui a organisé un vin d’honneur après l’élévation de son président, a invité les magistrats et autres professionnels du droit à se préparer pour donner des exposés pendant les assises de Brazzaville.

Abordé par la presse locale, Me Jean Didier Bidié a répondu qu’il éprouvait à la fois des sentiments de fierté et de responsabilité. « Fierté, parce que c’est pour la première fois qu’un ressortissant de l’Afrique centrale est hissé au bureau de l’Union internationale des huissiers de justice et officiers judiciaires en qualité de vice-président. Responsabilité, parce que c’est pour la première fois que nous allons faire notre entrée dans cette institution. Il va falloir que nous prouvions au monde entier ce que nous sommes capables de faire pour continuer à honorer notre pays et notre justice », a-t-il expliqué, rassurant qu’il ne ménagera aucun effort pour que, durant son mandat, la voix du Congo et celle de l’Afrique soient entendues.

Lutter pour une meilleure prise en compte de l’huissier de justice

Créée en 1952 par sept pays européens, l’Union internationale des huissiers de justice et officiers judiciaires est une organisation non gouvernementale qui compte actuellement quatre-vingt-quatorze Etats membres. Elle collabore, entre autres, avec la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, l’Union européenne et la commission Ohada. Cette organisation milite pour que le statut des huissiers de justice soit uniformisé et harmonisé dans le monde entier. Le Congo est membre de cette organisation qui a déjà formé plusieurs professionnels nationaux, depuis 1994.

Parlant de sa profession, le nouveau 2e vice-président de l’Union internationale des huissiers de justice et officiers judiciaires a rappelé que l’huissier de justice est officier ministériel chargé d’exécuter les décisions de justice. « Nous avons choisi d’œuvrer pour un statut unique, parce que nous estimons, au niveau de l’union, qu’un huissier de justice libéral jouit de plus d’indépendance qu’un huissier de justice fonctionnaire. Généralement, l’huissier de justice fonctionnaire n’a pas de moyens pour exercer son ministère, sans compter les pesanteurs politiques et sociales auxquelles il fait face. Mais, l’huissier de justice libéral demeure sous le contrôle des pouvoirs publics, notamment à travers les parquets généraux », a commenté Jean Didier Bidié.

S’interrogeant sur ce que vaut une justice sans un bon corps d’huissiers, il a précisé qu’une décision de justice, même quand elle est rendue, est une lettre morte si elle n’est pas amenée à l’exécution. Donc, c’est par l’action de l’huissier de justice que le citoyen lambda rentre réellement dans ses droits.

Légendes et crédits photo : 

Me Jean Didier Bidié posant avec le président de l’union, le Belge Marc Schmitz ; les membres du bureau élu/DR

Source : http://www.adiac-congo.com/

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