Un bourreau de migrants arrêté par la police italienne

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Le Nigérian,  John Ogais, a été repéré parmi les migrants accueillis au sud de l’Italie. En Libye, il gérait un camp dans les pires conditions.

Les migrants ayant témoigné affirment que John Ogais, un Nigérian de 25 ans, se faisait appeler « Rambo » pour la férocité avec laquelle il gérait, en Libye, un camp de transit. Tous les témoignages le dépeignent comme un sans-cœur qui n’hésitait pas à violer ou à tuer dans une rage de mort assez rare. « Une fois, j’ai vu Rambo le Nigérian tuer un migrant qu’il avait bâillonné et torturé pendant longtemps », témoigne l’un des migrants parvenus récemment sur les côtes italiennes du Sud.

C’est ici, à Agrigente, que la police italienne annonce avoir mis la main sur Rambo. Il s’était faufilé parmi les migrants regroupés au centre d’accueil de l’ile Capo Rizzuto, déjà au centre d’une vaste opération italienne visant la mafia. Il n’est pas rare que des migrants soient employés comme surveillants de camp par les passeurs libyens, tunisiens ou italiens, les plus déterminés d’entre eux étant bien entendu les préférés.

C’est d’ailleurs sur cela qu’ils s’appuient devant la justice pour plaider la victimisation. Beaucoup d’entre eux sont rapidement transformés en capitaines des bateaux de traversée, ce qui leur vaut automatiquement une arrestation en Italie pour complicité d’immigration clandestine. Plusieurs bourreaux de camps de détention libyens se faisant passer pour des dociles migrants ont déjà été arrêtés ces derniers mois dans des centres d’accueil italiens après avoir été reconnus par d’anciens prisonniers.

Les migrants qui s’en tirent vivants sont abandonnés par leurs geôliers à la première difficulté. comme on l’a vu fin-mai au Niger. Une centaine d’Ouest-africains y ont été abandonnés par leur passeur sur la route de l’Europe via la Libye. Ils n’ont dû leur vie sauve qu’à une patrouille de l’armée nigérienne en plein désert du nord du pays, près d’Achegour. La localité abrite un puits sur l’axe menant de Bilma à Dirkou, en direction de la Libye. « Ils ont subi d’affreuses tortures de la part de leurs passeurs avant d’être abandonnés sans provision d’eau ou de nourriture », avait révélé la presse alors.

De fait, beaucoup des migrants secourus sur des embarcations de fortune au large de la Libye et conduits en Italie portent des marques de tortures. Tous parlent des conditions très difficiles dans lesquelles ils sont traités, même et souvent par des contremaîtres connus d’eux ou originaires de leur propre pays. On parle de  migrants enterrés vivants, ou abattus sur la plage pour avoir refusé de monter dans une embarcation peu sûre. Début juin, sept d’entre eux ont été retrouvés morts dans un camion frigorifique abandonné aux portes de Tripoli, la capitale libyenne.

C’est ce type de scandales qui a conduit récemment au démantèlement de réseaux nigérians de passeurs. Tel celui dit de « La famille vaticane », qui n’a rien à voir avec des institutions ecclésiales mais a choisi ce nom comme signe… de respectabilité. Ou encore celui dit de « La Maphite » dont les ramifications touchent à plusieurs pays d’Europe. Lundi à Turin, au nord de l’Italie, une dizaine de leurs membres sont passés en jugement pour mafia, immigration illégale et gestion de réseaux de prostitution.

Battues, droguées ou domptées par les fétiches

A Imola, en Emilie Romagne (centre-nord de l’Italie), une jeune femme nigériane a été récemment libérée par la police. Elle a raconté une histoire hallucinante d’esclavage sexuel qui durait depuis des semaines. A peine débarquée d’une embarcation partie des côtes libyennes en avril, la femme affirme avoir été mise sur le trottoir par une autre dame de sa connaissance qui avait joué les entremetteuses pour se jouer des pièges des passeurs.

Mais la « Madame », comme ces jeunes filles appellent la personne qui joue les intermédiaires, a fini elle aussi par révéler à la police qu’elle n’était qu’un rouage d’un vaste mécanisme. Un mécanisme dont les ficelles étaient tirées depuis Caltagirone, en Sicile,  par un autre Nigérian d’à peine 21 ans. Sa force ? Il pouvait garantir la plus étanche des immunités à toute prostituée se plaçant sous sa protection. Et donc les pires foudres vaudoues à quiconque se rebellerait ou oserait le défier. Les plus « têtues » étaient droguées…

Source : adiac-congo.com

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