Trafic du bois : le système informatisé de vérification de la légalité enfin effectif

0

Les autorités nationales ont décidé fin juillet de déployer le logiciel après neuf ans de tractations. Le dispositif permettra au Congo de vendre en toute transparence son bois sur le marché européen.

Le processus de mise en service et du déploiement du système informatisé de la vérification de la légalité du bois (SIVL) a été engagé depuis 2010 par le gouvernement congolais et les partenaires de l’Union européenne(UE), avec l’implication du secteur privé et des leaders de la société civile.

En effet, les négociations entre les parties congolaise et européenne reposaient sur l’Accord de partenariat volontaire pour l’application des règlementations forestières, la gouvernance et les accords commerciaux (APV-FLEGT). C’est ce dispositif qui a produit le SIVL, censé assurer une certaine traçabilité dans le commerce de bois vers l’Europe et augmenter les recettes fiscales.

Le logiciel sera hébergé au data center du ministère des Finances, notamment à Brazzaville et Pointe-Noire, pour le suivi-évaluation et le recouvrement des recettes forestières d’ici à 2022. Un manuel modulaire de formation sur le SIVL sera édité pour faciliter son exploitation, ainsi qu’un programme de déploiement dans les trente-deux sites forestiers existants.

D’après Henri Loundou, le directeur de cabinet du ministre des Finances et du budget, le SIVL est un excellent outil de contrôle qui va contribuer à accroître la gouvernance du secteur forestier. « Il permet de commercialiser les bois légaux, à travers la délivrance du certificat de légalité et l’attestation de vérification à l’exportation », a-t- il indiqué à l’issue de l’atelier de validation.

Avec une contribution d’environ 5% au Produit intérieur brut, le secteur forestier est le second pourvoyeur d’emplois dans le secteur privé congolais, soit onze mille emplois directs et quinze mille emplois indirects. L’objectif du plan national du développement 2018-2022 est d’atteindre une contribution de vingt milliards de FCFA du secteur forestier aux recettes fiscales de l’État.

Depuis 2016, l’exportation du bois et des produits forestiers secondaires a atteint environ 6% des revenus générés par le secteur extractif du pays. Grâce à cet outil, l’État espère non seulement créer des nouveaux liens commerciaux, mais également apporter des réformes pour un développement durable.

L’accord vise aussi à enrayer l’exploitation forestière illégale, pour ne favoriser que le commerce des produits forestiers durables à destination du marché européen. Même si le taux de déforestation au Congo demeure faible, soit une perte annuelle de quinze mille hectares, l’absence des instruments pertinents d’évaluation de la dégradation des forêts inquiète les experts du secteur.  

Légendes et crédits photo : 

Stock de bois sur le site SEFYD à Cabosse

Source : http://www.adiac-congo.com/

Laisser un commentaire