Tour de France : le bilan de la première semaine

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Parti de Düsseldorf le 1er juillet, le peloton du Tour de France vivra, ce lundi, son premier jour de repos à Bergerac. Une pause bienvenue après une cascade de chutes, d’abandons et d’émotions.

Le chiffre : 6

6 millimètres (trois millièmes de secondes), séparaient Marcel Kittel (Quick-Step Floors) du Norvégien Edvald Boasson Hagen (Team Dimension Data) à l’arrivée de la 7e étape du tour de France à Nuits-Saint-Georges. Le 3e bouquet de l’Allemand sur ce Tour (après 2e étape à Liège et 6e à Troyes, avant le final à couper le souffle à Nuits-Saint-Georges). L’autre photo finish a, dimanche, départagé le Colombien Rigoberto Uran (Cannondale) du Français Warren Barguil (Sunweb) qui avait pourtant jeté le poing en passant la ligne. 

Le tweet : David Millar

«Plus j’y pense et plus je réalise combien la tactique d’AG2R-La Mondiale est l’un des plus rafraîchissantes que j’aie vues depuis longtemps.» Le Britannique, ancien Maillot jaune a apprécié le mouvement d’ampleur déployé par l’équipe de Vincent Lavenu lors de la 9e étape Nantua-Chambéry. Trois coureurs (Vuillermoz, Bakelants, Domont) en éclaireurs, tremplin pour Romain Bardet plongeant avec virtuosité dans la descente du Mont du Chat. Il leur aura juste manqué quelques secondes pour transformer les plans en coup d’éclat.

L’équipe : Sky

On la disait moins rayonnante, moins dominatrice. La formation britannique a frappé fort d’entrée (4 coureurs dans le Top 8 de la 1ere étape), dont Geraint Thomas, le lauréat du contre-la-montre individuel de 14 km et premier Maillot jaune. L’équipe de Christopher Froome, leader depuis La Planche des Belles Filles peut encore espérer porter le Maillot jaune du début à la fin. Comme la célèbre Faema d’Eddy Merckx, en 1970. Sky maîtrise, profite de la complicité des équipes de sprinters ou d’aides bienvenues (Fuglsang roulant ventre à terre sur Bardet lors de l’arrivée à Chambéry) et évite les pièges d’un parcours qui n’en manque pas. Seul point noir pour l’instant, l’abandon de Geraint Thomas(«une perte énorme», selon Froome) tombé et victime d’une fracture de la clavicule lors de la 9e étape qui, indestructible, a, avec humour, mis son maillot en vente sur Twitter. Au classement général, Froome dispose de 18’’ d’avance sur Fabio Aru et 51’’ sur Romain Bardet. Nairo Quintana a déjà perdu beaucoup de temps (8e à 2’13’’), Alberto Contador a, lui, fait une croix sur la victoire finale (12e à 5’15’’).

Le coup de cœur : Les Français

Ils attaquent. Tous les jours. Dans l’échappée qui s’envolent du km 0 (vouée à l’échec) mais pas seulement. Ils animent mais ne se contentent pas de faire de la figuration. Quel que soit le profil, ils sont là. Au sprint avec une victoire d’étape à Vittel, 4e étape pour Arnaud Démare (FDJ), épuisé et arrivé hors délais à Chambéry), sur le terrain des baroudeurs, Lilian Calmejane décrochant un bouquet avec audace et sang-froid dans la station des Rousses (8e étape), en montagne (Romain Bardet, à la hauteur de ses ambitions dans la majestueuse et périlleuse 9e étape, comprenant 3 cols hors catégorie). Avec une mention pour Guillaume Martin, le grimpeur et leader de l’équipe Wanty-Gobert (équipe belge de 2e division, plus petit budget du peloton du Tour) qui, à l’image de ses équipiers dans les échappées tous les jours ne fait pas de complexes (3e aux Rousses).

Le coup de griffe : Les mauvais gestes

Le Tour est une loupe grossissante. Sa caisse de résonance est sans égale dans le monde du cyclisme. Les coups d’éclat le subliment et grandissent leurs auteurs. Les coups bas pénalisent les coupables. Peter Sagan a payé pour le savoir. Le champion du monde et star du peloton a reçu un carton rouge pour conduite dangereuse mettant en péril l’intégrité physique de rivaux dans le sprint houleux de Vittel (4e étape). Chris Froome qui a, volontairement, tassé Fabio Aru (qui l’avait attaqué sur un incident mécanique) dans la 9eétape, Nantua-Chambéry, aurait pu être rappelé à l’ordre. Le Britannique a voulu intimider son rival. La manœuvre n’avait rien d’élégant. Il a dit qu’il avait simplement été victime d’une erreur de trajectoire. Personne ne l’a cru.

L’image : Rafal Majka

Le Polonais de Bora-Hangsrohe a lourdement chuté lors de la terrible 9e étape en Savoie. Il a fini au courage, accompagné par son compatriote et ami Michal Kwiatkowki (Sky). Les photos postées sur son compte Twitter illustraient la violence des chocs. Après une nuit sûrement hachée par la douleur, le meilleur grimpeur des Tours 2014 et 2016 décidera s’il reprend le départ.

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