Touche pas à mon passeport écrit à Kabila

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Depuis la décision du vice-ministre des affaires étrangères du 15 Septembre 2017, Aggée MATEMBO, du retrait de circulation des passeports semi-biométrique, un collectif des jeunes congolais s’est mis en place pour défendre la cause des congolais qui détiennent encore ce passeport qui est normalement valable jusque fin 2019. Mais, la décision du vice-ministre arrêté nette sa validité d’abord au 16 Octobre 2017 puis après en Janvier 2018. 

Le collectif des citoyens lésés ont lancé une opération « Touche pas à mon passeport ». Après une première manifestation pacifique violemment réprimée par la police, avec des arrestations au siège du ministère des affaires étrangères, ce mouvement adresse une correspondance au président de la République, Joseph Kabila

Qu’il s’agisse du président de la Chambre basse du Parlement congolais ou du Premier ministre de la République, les deux personnalités sont des hommes du Président de la RDC. Car, c’est par sa volonté personnelle que les deux hauts cadres de la Majorité présidentielle doivent leurs fonctions actuelles, sans aucun mérite personnel. D’ailleurs, si le premier cité, c’est-à-dire Aubin Minaku, est président de l’Assemblée nationale, c’est sur décision du Raïs au terme de son élection dans le territoire d’ Idiofa, dans la province du Bandundu. Tandis que le second, sans avoir mouillé son maillot lors des législatives de 2011, est passé du ministère des Finances à la Primature. En fait, ils doivent tout au Raïs.
C’est là que la plupart des observateurs appellent le chef de l’Etat à recadrer ses hommes. Surtout qu’il n’est pas question de simples militants, mais de hauts cadres de la Majorité présidentielle qui, de part de leurs fonctions officielles, devraient prêter main forte au chef de l’Etat en cette période cruciale. Car, nul n’ignore que le Raïs, face aux enjeux de l’heure, a plus que besoin du président de l’Assemblée nationale, là où se dérouleront les enjeux, et du Premier ministre de la République dont le Gouvernement a envoyé son projet de loi relatif à la révision constitutionnelle au bureau de la chambre basse. A ce titre, l’un est aussi important que l’autre dans la stratégie du chef de l’Etat. Surtout lorsqu’on sait que la majorité des voix sont détenues par la famille politique du chef de l’Etat.

LE RECADRAGE AVANT LE DEBUT DES HOSTILITES AU PARLEMENT
Chose curieuse, pour nombre d’observateurs, c’est que cette levée des boucliers s’observe juste au moment où l’on attend le débat sur la révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale, institution chère à Aubin Minaku, à la suite du dépôt d’un projet du Gouvernement sous la direction du Premier ministre Augustin Matata. Pourtant, les deux personnalités concernées au plus haut point répondent et doivent leurs fonctions au Raïs. C’est là, indiquent des observateurs, qu’un recadrage idéologique s’impose pour que les deux personnes fument le calumet de la paix. Car, la Majorité aura besoin de la cohésion de tous ses membres pour s’imposer devant l’Opposition sans se laisser distraire par tout autre sujet du reste loin des enjeux du moment et ceux de l’avenir. Il y va de l’intérêt de la famille.
Mais, entre le secrétaire général de la Majorité et le Premier ministre, seul le Raïs peut décréter la paix de braves au profit de la Majorité présidentielle. Voilà qui aurait justifié la réunion du bureau politique devant avoir lieu ce jour. L’occasion sera donnée au Raïs de battre, une fois de plus, le rappel des troupes à deux ans de la fin de son mandat. De sorte que la guerre des clans, en prévision de la position de Joseph Kabila par rapport au cap 2016 ne commence pas trop tôt pour éviter d’avoir des effets d’entraînement sur le reste des partenaires politiques. Question donc de ne pas apporter de l’eau au moulin de l’Opposition politique, aux aguets depuis quelques mois. M. M.

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Le collectif des « Citoyens lésés »

Nous vous laissons lire l’intégralité de cette lettre ouverte:

Monsieur le Président,

Le 15 septembre 2017, le vice ministre des affaires étrangères, Monsieur Aggée Aje MATEMBO TOTO, a pris la décision, au travers du communiqué N130/0001/2017 d’invalider tous les passeports dits semi-biométriques au 16 Octobre 2017.

Au regard de la surprise et de l’incompréhension de cette décision, il n’est donc pas surprenant que cette décision ait provoqué un tollé au sein de la population. Tollé auquel n’est pas resté insensible le gouvernement car, quelques heures plus tard, il publiait un communiqué expliquant les raisons de ladite mesure.

Nous vous épargnerons ici l’économie dudit communiqué, dont la teneur vous a certainement été communiquée.

Au regard du contenu du communiqué, il était de notre devoir citoyen de vérifier la véracité des faits évoqués par le gouvernement.

À l’issue de nos recherches, grand fut notre désarroi de constater que le gouvernement congolais, supposé veiller à la protection et à la jouissance paisible des droits de chaque citoyen congolais, avait simplement failli cette mission et à abusé de la confiance de ses citoyens.

En effet, entre autres raisons pour justifier la mesure, le gouvernement avait évoqué l’obligation de se conformer aux normes de l’OACI, la nécessité de se soumettre à des mesures de restriction qu’imposeraient des pays étrangers aux passeports dits « semi biométriques » et ainsi que des mesures sécuritaires.

Comme nous l’avions repris et démontré dans le mémorandum adressé au Vice-Premier ministre des Affaires Étrangères, l’OACI n’a jamais imposé un délai pour la mise en circulation du passeport biométrique dans les pays membres de l’organisation. Du reste, le vice-premier ministre a été incapable de fournir une date précise quant à la mise en application de cette mesure de l’OACI.

Il s’est aussi clairement dégagé, qu’il n’y avait aucun pays au monde qui avait interdit ou avait le désir d’interdire l’accès sur son territoire aux détenteurs des passeports dits semi biométriques. Par ailleurs, le communiqué de l’Union Européenne du 29 septembre 2017 (ID 170929_20) corrobore notre propos par l’embarras dans lequel cette mesure d’invalidation des passeports semi biométriques a mis plusieurs chancelleries et représentations diplomatiques en RDC .

Lors de son interpellation à l’Assemblée nationale, le Vice-Premier ministre s’est évertué à mettre en avant les raisons sécuritaires, s’éloignant des deux précédents communiqués du gouvernement, comme motivation première de cette mesure.

Mais comme l’avait eu à le démontrer, le député Juvenal MUNUBO, la raison sécuritaire peut bien être traitée au cas par cas sans avoir à faire table rase de façon brutale, inutile, inopportune la vie des millions de citoyens congolais. Interpol RDC possédant une base de données de passeports volés, ce travail peut être réalisé facilement.

Monsieur le Président,

La République Démocratique du Congo est un État de Droit. Un État de droit dans lequel la jouissance paisible des droits de chaque citoyen est garantie. Un État de droit dans lequel, aucune institution, aucun gouvernement, aucune personnalité ni aucune autorité ne saurait être placée au dessus de la loi.

Monsieur le Président,

Malgré les innombrables preuves des manquements et failles du gouvernement, ce dernier a décidé de maintenir la mesure assortie des mesures dites d’allègement. Comment pourrait-on imaginer que « soulager » la condamnation d’un innocent, pour un crime non commis, saurait apporter un quelconque soulagement à une douleur qui n’aurait pas dû être.

Du reste, hormis l’installation des centres de capture au palais du peuple, aucune des mesures annoncées du haut de la tribune de l’Assemblée nationale n’a vu un semblant d’exécution jusqu’à ce jour. Les requérants continuent à payer 195$ à la caisse. Les agents commis à la perception attestent n’avoir reçu aucune instruction quelconque.

En décidant de maintenir cette mesure, le gouvernement rompt le contrat qui nous lie à lui. Une rupture abusive et injustifiée. Ce faisant, le gouvernement choisit d’œuvrer dans l’arbitraire en piétinant le droit acquis de millions de citoyens.

C’est ainsi que nous, des citoyens lésés par cette mesure, décidons de vous adresser ce courrier en tant que garant du respect de nos droits les plus légitimes afin que cette mesure injuste soit retirée et annulée nous laissant jouir paisiblement, jusqu’à leur expiration de nos passeports.

Monsieur le Président,

Nous vous adressons ce courrier parce que nous décidons et choisissons de croire que vous ne sauriez vous dérober à votre serment et à votre obligation du respect de la constitution en veillant à ce que les droits de chaque citoyen congolais soient respectés. Ainsi donc veiller à l’annulation pure et simple de cette mesure.

Nous citoyens lésés, choisissons de ne point nous dérober à notre devoir citoyen, celui de défendre nos droits. C’est ainsi que nous nous tiendrons encore le mercredi 25 Octobre 2017 en sit-in devant les affaires étrangères pour demander au ministre de retirer cette mesure. Nous refusons de nous taire face à ce qui est aujourd’hui une injustice institutionnalisée.

Nous osons croire et espérer que vous ne resterez point insensible aux doléances des millions de congolais touchés par cette mesure injuste et inhumaine.

Salutations patriotiques

 

Le Collectif des citoyens lésés

[email protected]

www.descitoyensleses.com

Source : 7sur7.cd

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