Tensions lors de la messe des victimes du 31 décembre : quelques tirs ont été entendus provoquant un mouvement de panique.

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Il y avait foule ce vendredi matin à la cathédrale Notre-Dame du Congo à Kinshasa. L’église était pleine pour une messe en mémoire des victimes du 31 décembre 2017, après la répression des marches des laïcs catholiques contre le maintien au pouvoir du président Kabila. Et à la sortie, quelques tirs ont été entendus provoquant un mouvement de panique.

Peu après la fin de la messe, une petite foule scandait des slogans hostiles au président Kabila devant la cathédrale Notre-Dame lorsque des tirs ont été entendus à l’extérieur. Selon des témoins, il y a d’abord eu des tirs de gaz lacrymogènes, puis des tirs de sommation.

Après avoir pris part à la messe dite en mémoire des victimes du 31 décembre 2017, les acteurs politiques ont préféré marcher avec les fidèles catholiques qui scandaient. Les cortèges des leaders politiques – dont vital Kamerhe, Félix Tshisekedi, Jean Claude Vuemba – ont été ciblés par les coups de gaz lacrymogène des éléments de la police nationale congolaise. 

Les fidèles ont couru de toute part. Beaucoup sont allés se réfugier au fond de la paroisse, là où se trouvait le cardinal Laurent Monsengwo qui venait de célébrer la messe.

Des paroissiens choqués. « Même ici, ils tirent », a dit une religieuse. D’autant plus choqués, que de nombreuses personnalités avaient pris part à la messe : des opposants tels que Martin Fayulu, Vital Kamerhe ou encore Félix Tshisekedi, mais aussi plusieurs ambassadeurs occidentaux comme celui de l’Union européenne, du Canada, de la France, de la Belgique au premier rang. Des personnalités qui n’étaient plus sur place au moment des tirs.

Confinés dans leur cortège couvert par une centaines de fidèles, les politiciens ont vu leurs cortèges empêchés d’avancer par les forces. En voulant résister au blocage, devant l’entrée principale de la cathédrale Notre Dame du Congo, ces leaders ont été surpris par des coups de gaz lacrymogène. Plusieurs personnes sont blessés dont quelques élèves des environnements.

Cette messe a été marquée par des temps forts. Les noms des six victimes, recensées par l’Eglise, ont été égrenés, trois fois, et à chaque fois applaudis. L’auxiliaire de l’archevêque de Kinshasa a annoncé que « le 31 décembre resterait dans l’histoire, comme le jour des martyrs de l’accord de la Saint-Sylvestre ». Il a dénoncé les « mensonges » des autorités qui, selon lui, veulent « cacher » la violence de l’Etat.

Autre moment fort, le porte-parole de la Cenco qui s’est exprimé. L’abbé Donatien Nshole a redit que « l’Eglise était dans son rôle et qu’elle continuerait à appeler les Congolais à se mobiliser ». Une intervention ovationnée dans la cathédrale Notre-Dame.

Mais pour la PNC, selon les propos receuillis par la journaliste de RFI Sonia Rolley, les force de l’ordre auraient « repoussé une tentative de marche de Vital Kamerhe et de ses partisans à l’issue de la messe ». La PNC dénonce encore des « jets de pierre » pour justifier son intervention.

Source : Media Congo

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