Sud-Kivu: le lieutenant-colonel Mabiala condamné à la perpétuité pour crimes contre l’humanité à Kalehe

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Le colonel Mabiala a écopé d’une prison à perpétuité. Le commandant du bataillon spécial ne bénéficiera d’aucune circonstance atténuante en dépit du réquisitoire du ministère public qui évoquait les loyaux services qu’il a rendus à la nation.

Conjointement avec le civilement responsable [la RDC], le lieutenant-colonel Mabiala Ngoma Alma est reconnu coupable des crimes contre l’humanité par viols, meurtres et autres actes inhumains que les unités du bataillon spécial avaient commis à Chirimiro, Katasomwa et Mirenzo en date du 7, 8 et 9 juin 2013. 

Siégeant en audience foraine à Kalehe, depuis le mercredi 20 novembre, la cour militaire du Sud-Kivu a enfin rendu son arrêt ce jeudi 28 novembre 2018.

 Cet arrêt, qui revêt un caractère particulièrement ferme, semble défrayé tout pronostic! Alors que le ministère public ne requérait qu’une peine maximum de 7 ans à l’officier des FARDC, la composition de la cour militaire est allée jusqu’à la peine la plus sévère, réfutant tout moyen de défense évoquant la réduction de la peine de l’ancien homme fort du bataillon spécial d’intervention de la 33ième région.

 Engageant sa responsabilité comme chef hiérarchique, le lieutenant-colonel aurait dû surveiller le mouvement de ses troupes, estime la cour. 

 Afin de motiver sa décision, la cour militaire a rappelé les trois prérogatives qui reviennent au chef hiérarchique selon les statuts de Rome. « Un chef hiérarchique a pour devoir de prévenir, réprimer et référer », ont signalé les juges de la juridiction militaire en province. 

 N’ayant pas répondu à ces trois prérogatives qui incombe au chef hiérarchique, le guerrier est donc reconnu responsable d’actes criminels commis pas ses hommes à Katasomwa, Mirenzo et Chirimiro. 

 Les faits pour lesquels a été jugé coupable le colonel Mabiala ont été commis par des éléments de la première compagnie du bataillon spécial qu’il commandait. Ce fut au moment où cette unité militaire venait d’être attaquée par un groupe d’assaillants Raiya Mutomboki. Alors que les militaires essayaient  de faire porter à un jeune un fardeau des vivres collectés à la barrière retrouvé à l’entrée du marché de Katasomwa, le refusa de s’exécuter, prétextant la fatigue pour avoir transporté des planches pendant toute la journée.

 C’est alors qu’essayeront de l’intimider les hommes en armes, en tirant trois balles entre ses jambes. Ensuite, il fut acheminé, avec trois autres villageois venus à sa rescousse, au camp militaire local. Pour venger les jeunes du village, un groupe de Raiya Mutomboki vint et attaqua les militaires loyalistes, abattant même un élément. Informé de l’attaque, le colonel quitta Lemera [base de son bataillon] pour Katasomwa afin d’apporter une aide à ses hommes. Ceux-ci se rendront à Chirimiro et Mirenzo en représailles contre de présumés proches desdits rebelles.

Afin d’enfoncer le clou, la cour militaire s’est également appuyé sur les aveux du colonel Mabiala, lors de son écoute sur PV, reconnaissant que ce dernier avait séjourné pendant trois jours à Katasomwa, ayant été informé de l’attaque de ses hommes par des Raiya Mtomboki. Ceci se prouve également par les affirmations de son adjoint, qui reconnait être resté au siège du bataillon à Lemera en train de ravitailler son chef.

 La Défense va interjeter appel

Me Louis-Pasteur Barhabula Mweze du collectif de la défense promet que son client va interjeter appel dans le délai prévu par la loi.

« Nous allons interjeter appel comme la loi nous l’autorise. Dans les deux, trois jours nous allons le faire et la Haute Cour militaire va réexaminer le dossier » promet l’avocat.

Ce verdict intervient quelques jours après le début des audiences foraines le 21 novembre dernier.

Source: http://www.mediacongo.net/

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