Stephen Bwansa aborde la situation de l’Est et les élections en RDC

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Le représentant du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) en Chine séjourne depuis quelques jours à Kinshasa. Aussi a-t-il profité pour parler, sur la chaîne de télévision « B-One » émettant à Kinshasa, de la situation politico-sécuritaire qui prévaut dans le pays ainsi que des élections, affichant clairement ses préférences pour le candidat du Front commun pour le Congo (FCC) à la présidentielle du 23 décembre.

Sur la situation dans l’Est du pays, Stephen Bwansa a d’emblée compati aux malheurs du peuple de Beni, en proie à des attaques sanglantes de la part des présumés rebelles ougandais d’ADF. « En consultant les archives, l’on sait que les événements qui se passent dans l’Est ont débuté avant l’entrée de l’AFDL au pays, avant 1998, à l’époque de Mobutu, lorsqu’une masse des réfugiés a quitté le Rwanda pour s’installer dans l’Est de la RDC, au lendemain du génocide de 1994, et on les a laissés passer avec des armes… Nous avons hérité d’une situation chaotique, dont l’AFDL. Mais c’est aussi un problème qui relève d’ordre international. L’ONU est là et nous, nous faisons nos efforts, des réfugiés rwandais et ougandais sont là, et même des terroristes qui sèment le chaos dans l’Est de la RDC. Et aujourd’hui, le gouvernement de Bruno Tshibala, sous le leadership du chef de l’État, est en train de prendre des mesures pour stopper cette hémorragie », a-t-il indiqué.

Quant à la réaction du président de la République, jugée très souvent tardive par une certaine opinion, sur des questions pertinentes de ce genre, Stephen Bwansa a souligné : « Il ne s’agit pas ici d’un sentiment de culpabilité mais plutôt d’un sentiment de responsabilité. Le chef de l’État n’a pas à prendre la place du vice-Premier ministre de l’Intérieur, Henri Mova, chargé justement de ces questions, ou celle du ministre de la Défense, Atama. Il y a un gouvernement pour faire ce travail. Le chef de l’État supervise et il agit comme responsable dans tout ce qui se passe dans l’Est du pays. »

À propos de l’approche d’un dialogue avec les ADF-Nalu et les autres groupes armés qui pullulent afin de résorber cette crise armée dans l’Est, le représentant du PPRD en Chine a fait observer : « Le chef de l’État est un homme ouvert, il a piloté plusieurs dialogues pour stopper cette spirale de la guerre. Mais c’est un problème d’ordre international. C’est pour cela que le chef de l’État a présenté cette question de l’Est à la tribune des Nations unies, à New York. Si la RDC prenait des mesures draconiennes, par exemple refouler tous ces refugiés vers leurs pays respectifs, qu’en dira l’ONU ? Ne va-t-elle pas condamner la RDC ? Entre-temps, devons-nous continuer à subir ces pressions, respecter les règles et attendre que notre peuple nous sanctionne d’une manière ou d’une autre, alors que nous tendons vers les élections ? »

Les élections…

Stephen Bwansa a aussi répondu à une préoccupation par rapport à la machine à voter. « Tous les experts venus au pays ont conseillé aux partis politiques d’expliquer au peuple que la machine à voter est crédible. Mais ils ont développé un discours contraire, disant d’aller aux élections mais sans la machine à voter.  La conclusion pour eux, c’est tant qu’il y a machine à voter, il n’y a pas élection ». À ceux qui pensent qu’aller aux élections sans la machine à voter c’est cautionner l’intention du FCC qui chercherait à s’éterniser au pouvoir, Stephen Bwansa a repliqué : « Pour moi, la Majorité présidentielle est actuellement au pouvoir, mais le FCC veut conquérir le pouvoir. On ne peut pas interdire au FCC de le faire. C’est l’opposition qui pense à boycotter les élections, c’est là-bas qu’il y a un problème d’honnêteté démocratique. En 2006 et en 2011, nous avions gagné les élections sans la machine à voter. S’il y a eu ce décalage par rapport à l’organisation des élections, c’est à cause de l’opposition qui a écrit partout au monde qu’il y avait eu tricherie. L’honnêteté démocratique veut qu’on accepte les résultats des urnes après leur publication. Il n’y a plus débat à ce moment-là. Nous réclamons à cri ces élections ».

Sur l’élection de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mishikiwabo, à la tête de la Francophonie, Stephen Bwansa a noté : « Cela ne doit pas nous faire peur. Le Rwanda est un pays africain. Certes, la RDC n’est pas très amie avec le Rwanda en ce moment mais cette situation n’est pas éternelle. On doit voir les choses autrement. Si le Rwanda équilibre son développement et a un leadership [nous sommes en compétition au niveau du développement en Afrique] et noue des stratégies de développement avec la France, tant mieux pour son peuple, et étant Africains, nous allons acclamer, en dehors des conflits qui peuvent exister entre les États ».

Mukwege, prix Nobel de la paix…

Stephen Bwansa a été pertinent sur le prix Nobel de la paix décerné pour la première fois à un Congolais, le Dr Denis Mukwege. « Pour moi, donner ce prix Nobel de la paix parce qu’il est en train de soigner les femmes violées, c’est comme si on donne un message disant que le Congo c’est un Etat où à la communauté internationale n’arrive pas à suivre les recommandations de la RDC afin d’arrêter ce massacre. Le Dr Mukwege est un fils du pays, lorsque les autres l’ont félicité, c’est le gouvernement également qui l’a fait. On doit faire la part des choses, Mukwege n’est pas ennemi du pouvoir en place, il ne fait pas peur, il est fils de ce pays. En ce qui me concerne, ce n’est pas le prix Nobel qu’il a obtenu,- que je félicite-, qui est en cause mais le sens de ce prix-là ne m’arrange pas. Est-ce qu’on doit être content que le prix Nobel qu’on donne à un Congolais soit focalisé sur le viol ? Je me sens gêné ».

Et d’affirmer : « Il y a beaucoup de professeurs d’université ici qui méritent mieux que ça, beaucoup de Congolais qui méritent ces attentions. Il n’y a pas à faire de polémique mais il y a quelqu’un [Joseph Kabila] qui a respecté la Constitution, et cela mérite peut-être pas le prix Nobel mais des encouragements. C’était sa responsabilité de respecter la loi fondamentale du pays mais au regard des intentions lui prêtées, il mérite des encouragements. Le prix Nobel de la paix de Mukwege a un sens mais je veux que ce sens soit changé demain, nous voulons que le Congo soit en paix, qu’il y ait développement et qu’on laisse le docteur s’occuper d’autres choses, puisque tout ce qui se passe à Beni, c’est ce que le docteur condamne, et c’est ce que nous nous combattons ».

À propos de la situation des Congolais refoulés d’Angola, Le représentant du PPRD/Chine a de front souligné que le Congo n’est pas en guerre contre un État voisin pour qu’il y ait urgence et qu’on puisse envoyer des policiers ou militaires, il faut plutôt négocier. « Je ne pense pas qu’il y ait crise entre la RDC et l’Angola, sinon on serait allé au niveau des Nations unies. Les expulsions, il y en aura toujours. Mais l’homme qui applique la loi est souvent brutal alors que la loi ne l’est pas ». Stephen Bwansa a terminé ses propos en demandant au peuple congolais de s’organiser pour aller aux élections.

Source: http://www.mediacongo.net/

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