Sommet de Singapour: quel compromis possible entre Donald Trump et Kim Jong Un?

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La dénucléarisation de la Corée du Nord serait au cœur de la rencontre « historique » entre les présidents américain et nord-coréen, ce 12 juin, à Singapour. Comme ce fut le cas de l’Allemagne en 1989-1990, quelle place la réunification des deux Corée pourrait-elle occuper dans les discussions en prévision d’une pacification durable de la péninsule coréenne ?

Les plus grands médias du monde ne fermeront pas l’œil de la nuit pour assurer une couverture exceptionnelle de la rencontre historique entre le président des Etats-Unis, Donald Trump, et son homologue nord-coréen, Kim Jong Un. L’événement mérite une telle médiatisation étant donné qu’il marque la toute première rencontre entre les chefs d’Etat en exercice des deux pays depuis soixante ans. A quel résultat pourrait-on s’attendre à la l’issue du plus inattendu entretien au sommet de l’année 2018 ?

Les diplomates américains et nord-coréens ont dû mettre de côté les humeurs twitteuses, parfois déroutantes du locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, et leurs homologues singapouriens beaucoup d’optimisme pour se convaincre de la tenue effective du sommet tant attendu avec Kim Jung Un. A son ouverture officielle, demain, ils pourront sans doute boire du petit lait.

On imagine donc une poignée de main chaude entre deux dirigeants que tout sépare a priori, et qui n’avaient jamais imaginé un jour créer la surprise à ce niveau des relations internationales. Ils pourront sympathiser pour longtemps si Dieu veut. Historiquement parlant, les Etats-Unis et la Corée du Nord ont des relations officielles conflictuelles héritées de la guerre de Corée en 1950. Depuis, se disant « encerclée » par les troupes américaines avec la bénédiction de son voisin du Sud, Pyongyang est restée sur ses gardes.  

Si les émissaires des deux pays ont pu se concerter par le passé, ils avaient souvent associé un intermédiaire, la Chine en particulier, pour sa position de « parapluie » international de la Corée communiste. Les débats ont toujours tourné autour de la volonté de la première puissance mondiale, les Etats-Unis, de voir la « petite » Corée rangée dans « l’axe du mal » du pays de l’Oncle Sam, abandonner ses ambitions nucléaires pour s’occuper des questions de ventre de sa population. En vain.

Il est certain qu’une fois de plus, les Américains reposeront la même question de la dénucléarisation, qu’à leur tour les Nord-Coréens demanderont la contrepartie, c’est-à-dire de l’aide substantielle en milliards de dollars pour en quelque sorte commencer une autre vie après le nucléaire. En 2007, déjà, les discussions entre eux avaient achoppé sur ces deux points. La situation a peut-être évolué puisque la Corée du Nord a montré récemment sa disponibilité à franchir le pas dans cette direction, mais ce ne sera pas sans avoir obtenu des garanties sur plusieurs axes.

Qu’en sera-t-il, par exemple, du contingent américain fort de près de trente mille soldats (les chiffres de 2009 sont de vingt-huit mille cinq cents) ? Dans quelle mesure les relations avec le Japon, allié indéfectible des Etats-Unis dans la région mais soupçonneux à l’égard de la Corée communiste, seront-elles « normalisées » ? A quoi tiendront désormais les rapports avec son autre moitié, la Corée du Sud, dont les dirigeants actuels ont depuis quelque temps brillé par des signes de détente, et comment envisager l’ouverture de la Corée du Nord sur le monde ?  

Un rapprochement spectaculaire et durable entre Washington et Pyongyang ne manquera pas de projeter une redistribution des cartes dans le voisinage de la Corée du Nord. Mais en raison de la nature complexe des hommes qui se serreront la main, ce 12 juin, au nom de la recherche de la paix et de la stabilité mondiale, il faut attendre de lire la copie du communiqué que livreront leurs entretiens pour mieux spéculer sur l’avenir de leurs relations.

Mais le bel avenir pour les uns et les autres, serait que la paix possible entre Washington et Pyongyang façonne un cadre de discussions unificatrices entre les deux Corée, qui sont, comme chacun sait, un seul et même pays divisé par la guerre.

Légendes et crédits photo : 

Photo: les présidents américain et nord-coréen

Source : http://www.adiac-congo.com/

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