Sommet de Singapour : Pyongyang et Washington affichent leur optimisme sur la dénucléarisation attendue

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Le président américain, Donald Trump, et son homologue nord-coréen, Kim Jong Un, ont manifesté leur entente, le 12 juin, en signant un document qui présage un optimisme sur la dénucléarisation de la Corée du Sud appelée d’ouvrir une nouvelle ère dans les relations bilatérales. 

 

Dans le document conjoint paraphé à l’issue d’un sommet historique, les Etats-Unis ont assuré qu’ils garantiront la sécurité de la Corée du Nord. « Le président Trump s’est engagé à fournir des garanties de sécurité » à ce pays, indique le texte. De son côté, le dirigeant nord-coréen a réaffirmé son engagement envers une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », selon le même document qui ne mentionne pas l’exigence américaine de « dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible », formule qui signifie l’abandon des armes et l’acceptation d’inspections.

Pour certains analystes, la dénucléarisation annoncée pourrait ne pas se faire, parce que la formulation de la déclaration commune reste assez vague, y compris en matière de calendrier. Le texte reprend de précédents engagements de Pyongyang, jamais mis en œuvre, sans tenir compte de ce que réclamait Washington avant le sommet de Singapour. « Kim Jong Un a réaffirmé son engagement ferme et inébranlable en faveur d’une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », est-il écrit dans ce texte, que les deux hommes se sont engagés à mettre en œuvre « dans sa totalité » et « très rapidement ».

Commentant les engagements pris dans ce document, Vipin Narang, professeur au Massachusetts institute of technology, a dit que « la Corée du Nord n’a rien promis de plus qu’au cours des vingt-cinq dernières années ». « A ce stade, il n’y a aucune raison de penser que ce sommet débouche sur quelque chose de plus concret que cela sur le front du désarmement », a-t-il précisé.

Historiens et analystes rappellent à l’unisson que le régime de Pyongyang est passé maître dans l’art des promesses non tenues. Ils ont évoqué des accords conclus en 1994 puis en 2005, sans qu’aucun d’entre eux ne soit réellement appliqué. A l’International crisis group pendant ce temps, on qualifie cette rencontre de positive. « C’est une énorme victoire pour Kim Jong Un, qui a fait un véritable coup avec son face-à-face avec le président », a relevé Michael Kovrig, membre du groupe à Washington, soulignant que le père de Kim Jong Un comme son grand-père « en avaient rêvé ». « Pour les Etats-Unis comme la communauté internationale, c’est un point de départ positif pour des négociations qui devraient être longues et difficiles », a-t-il ajouté.

Kim Jong a estimé, après sa première rencontre avec Donald Trump marquée par des poignées de main appuyées entre les deux hommes, avoir « tourné la page du passé » et « surmonté de nombreux obstacles ». Quant au président américain, il a déclaré que leur « rencontre fantastique » s’était déroulée « mieux que quiconque aurait pu imaginer », en se disant prêt à inviter le leader coréen à la Maison-Blanche.

Quelques pays saluent le document signé par les deux dirigeants

Principale alliée de la Corée du Nord, la Chine a salué, le même jour, le sommet de Singapour, tout en appelant à nouveau à une « dénucléarisation totale » de sa voisine, ainsi que le réclamait les Etats-Unis. « Aujourd’hui, le fait que les plus hauts dirigeants des deux pays soient assis côte à côte pour des pourparlers d’égal à égal a un sens important et constitue le début d’une nouvelle histoire », a déclaré, devant la presse, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi. « En même temps, il faut qu’il y ait un processus de paix pour la péninsule (coréenne) afin de résoudre les préoccupations raisonnables de la Corée du Nord en matière de sécurité », a-t-il souligné, promettant que son pays continuera à jouer un rôle majeur dans les engagements pris par les deux parties.

Pour convaincre la Corée du Nord à abandonner son programme nucléaire, la Chine a appliqué ces dernières années les sanctions internationales, provoquant la colère des autorités nord-coréennes. Mais Pyongyang et Pékin se sont rapprochées récemment, permettant à Kim Jong Un d’effectuer deux visites en Chine depuis le début de l’année, ses premiers voyages à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

La France, par la voix de la ministre française des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a salué le document prévoyant une « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne ». « Je doute que tout ait été atteint en quelques heures, mais c’est un pas significatif », a-t-elle déclaré sur la chaîne de télévision LCP, en référence au sommet historique qui vient de réunir les dirigeants américain et nord-coréen à Singapour, après des décennies de tensions autour des ambitions atomiques de Pyongyang. « Cette rencontre est en soi un événement significatif », a commenté la ministre, ajoutant que « ce qu’on attend tous, c’est le début d’une négociation sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne ».

Pour le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, le document paraphé par les présidents américain et nord-coréen est un « premier pas ». « A travers ce sommet USA-Corée du Nord, l’intention du président Kim Jong Un de voir une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne a été confirmée par écrit. Je soutiens ce premier pas vers une résolution d’ensemble des questions concernant la Corée du Nord », a-t-il dit devant la presse.

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ont également joint leurs voix à celles d’autres dirigeants du monde pour saluer le résultat du sommet Trump-Kim à Singapour. La Russie a dit considérer la rencontre Trump-Kim comme un événement « positif ». « Nous avons regardé la télévision, suivi les commentaires qu’ont fait les deux parties. Nous n’avons pas vu les documents, je crois qu’ils ne sont pas encore publiés. Mais le seul fait que cette rencontre a eu lieu est, bien sûr, positif », a déclaré le chef de la diplomatie russe, cité par l’agence Ria Novosti.

L’Union européenne, quant à elle, voit dans le sommet qui vient de se tenir à Singapour une « étape capitale et nécessaire » vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne. «L’objectif ultime, partagé par l’ensemble de la communauté internationale et exprimé par le Conseil de sécurité des Nations unies, demeure la dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne. La déclaration commune signée aujourd’hui par les dirigeants des États-Unis et de la République populaire démocratique de Corée (RPDC, nom officiel de la Corée du Nord) indique clairement que cet objectif peut être atteint », s’est félicitée la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, dans un communiqué.

 

 

 

 

 

 

Source : http://www.adiac-congo.com/

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