Socoda : 19 ans après, qui bouffe l’argent de Pépé Kallé ?

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C’est par la bouche d’Ali Kalé, que la famille Yampanya s’est exprimée en révélant certaines choses inédites concernant le droit d’auteur de l’artiste musicien Jean Kabasele Yampanya alias Pépé Kallé, à la Socoda ainsi que sur le chambardement qui a causé la disparition totale du groupe Empire BAKUBA, à nos jours, sur la scène musicale congolaise. C’était au cours d’un entretien accordé au journal La Prospérité, à l’occasion de la commémoration, ce 29 novembre, du 19ème anniversaire de la mort de celui qu’on appelait «Eléphant de la musique africaine» et Président de l’Empire Bakuba.

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs ?

Ali Kalé : Je suis Ali Kale. Le petit-frère propre à Pépé Kale qui fut un des géants de la musique africaine. Pépé Kalle était l’aîné de la famille dont moi je suis le 7ème enfant de la famille. Comme vous le savez, Pépé Kalé était un grand musicien de notre pays, la RDC. Un chanteur de renom qui a fait ses preuves à travers ses œuvres inoubliables. Il était champion d’Afrique et des Caraïbes avec l’orchestre Empire Bakuba.

29 novembre 1998-29 novembre 2017, il y a 19 ans mourait Pépé Kallé. Que pense la famille biologique pour commémorer l’anniversaire de sa mort ?

AK : Exactement ! 19 ans depuis que ce grand artiste nous a quittés. Au niveau de la famille, nous nous sommes arrangés pour marquer cette commémoration, qui tombe ce mardi 28 novembre. Nous allons nous rendre au cimetière de la Gombe, à partir de 9 et 10h, pour s’incliner et déposer les gerbes sur la tombe de Pépé Kalé. Et pourquoi pas aussi pour nettoyer sa dernière demeure. Donc, nous lançons un appel pathétique à tout le monde, de venir nous accompagner, à cette cérémoniale. Juste après la visite au cimetière, nous irons à l’église Saint-Michel dans la commune de Bandalungwa où nous avons pu demander une messe d’action de grâce en mémoire de l’illustre disparu, vers 16h. Alors, le dimanche 3 décembre, j’ai pensé personnellement organiser une soirée d’hommage à Pépé Kallé, au bar Seben Club sur la grande avenue Kimbondo à Bandalungwa. Chez l’Empereur Bukasa MB. « Ali Kalé chante Pépé Kalé » : le thème de cette production musicale au cours de laquelle moi et mon groupe, nous allons interpréter les chansons de Pépé Kalé. Ce concert nostalgique est dédié à tout le monde, aux fanatiques qui adoraient sa voix et ses compositions et surtout ses interventions dans les différentes chansons patriotiques telles que « Franc congolais », ou « Tokufa pona ekolo ». Je regrette qu’on soit à chaque fois abandonné à nous-mêmes, lorsqu’il s’agit de commémorer sa mort.

Pépé Kallé est mort le 29 novembre, emporté par une crise cardiaque.

Il aurait eu 47 ans le 30 décembre. Ce géant de la rumba ex-zaïroise était l’un des seuls artistes de Kinshasa la fêtarde à pouvoir s’enorgueillir ces dernières années de remplir régulièrement les stades du continent. Il était né à Kinshasa, alors nommé Léopoldville, d’où jaillissait dès le début des années 50 la rumba congolaise, inspirée de son aînée cubaine. Avec ses rejetons frénétiques, soukous et kwasa kwasa, la rumba générique des deux Congo reste jusqu’à aujourd’hui la musique la plus consensuelle d’Afrique.

Mesurant 2,10 mètres, pesant près de 150 kilos, Pépé Kallé était surnommé «l’éléphant de la musique africaine». Il avait commencé par pousser sa voix chaude et angélique dans des chorales de gospel, puis avec le groupe Bamboula en 1969. En 1972, il rejoint l’orchestre Bella Bella, qu’il quitte vite pour fonder son Empire Bakuba, une formation aux dimensions élastiques et dont les membres avaient pour nom Elvis, Papi Tex, Emoro (le nain espiègle, disparu en 1994), Doris, Boeing 737, Jolie Bébé » En 1973, Pépé Kallé est définitivement lancé avec le tube continental Nazoki. Mais les tournées planétaires ne commencent qu’au début des années 80, menant Kallé du Japon aux Etats-Unis, en passant par les Caraïbes, où le chanteur était une star.

Roucoulant sur les fameuses guitares tournoyantes caractéristiques de la rumba congolaise, Pépé fera beaucoup de tubes avec des histoires d’amour ruisselantes et des textes inspirés de la débrouille africaine quotidienne, comme Article 15, chanson classée première au hit-parade de 1987 à 1990 par les dizaines de millions d’auditeurs africains de RFI. Au début de 1998, Pépé Kallé avait été arrêté et interrogé pendant plusieurs heures par la police du régime mobutiste agonisant. Il reste le crooner sensuel qui a su mettre un soin particulier à ses arrangements et l’auteur de paroles au double sens savoureux.

Source : Media Congo

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