Six mineurs étrangers abandonnés par le Département à Rouen

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Alors qu’ils vont se retrouver à la rue, six mineurs étrangers ont saisi le tribunal administratif de Rouen, pour dénoncer leur non prise en charge obligatoire par les services départementaux 76.
 
« J’ai quitté la Guinée au mois de juin pour fuir la première femme de mon père qui me maltraitait, raconte Abraham* dans un français qu’il maîtrise. J’ai rejoint la Libye en camion en traversant pendant sept jours le désert ». Cet orphelin immigré de 17 ans a ensuite atteint par zodiac les eaux internationales avant d’arriver par bateau en Italie et de venir en France. Pensant enfin vivre « normalement » à Rouen, il se retrouve en fait sans hébergement décent et stable depuis plusieurs mois.

Cinq autres mineurs, âgés entre 15 et 17 ans, eux aussi Guinéens ou originaires de la République démocratique du Congo vivent la même situation que lui. Ils sont à la rue ou presque… ils ont trouvé une solution de fortune grâce à la générosité des équipes du Théâtre des deux rives où ils dorment au sol sur des matelas. Leur avocate, Me Blandine Quevremont et celle de Médecins du monde (qui suit ces mineurs isolés), Me Cécile Madeline, ont saisi lundi, le tribunal administratif de Rouen, en déposant une requête en « référé-liberté » contre le département de Seine-Maritime qui refuse de les prendre en charge. « Les services de l’Aide sociale à l’enfance [ASE] ont pourtant l’obligation de s’occuper de tout mineur isolé qui se trouve sur le territoire. Qu’il soit étranger ou non », explique Me Quevremont. Dans ce cas précis, un juge des enfants et le procureur ont déjà rendu une décision, confiant ces mineurs à l’ASE.

« Pas d’hébergements disponibles »

« La situation est urgente pour eux, car le Théâtre des deux rives ferme ses portes pour les vacances à partir du 20 juillet, ils vont se retrouver à la rue », a précisé l’avocate des six jeunes, lors de l’audience qui s’est déroulée, hier, devant le tribunal administratif. Au Théâtre des deux rives, ils doivent quitter les lieux à 8h30 le matin, ça n’est pas une situation digne et souhaitable. Et ils ne sont pas pris en charge sur le volet médical ». Une juriste du Département argue sans chiffres à l’appui à présenter au tribunal, que leurs services ne peuvent pas les placer, car « il n’y a plus d’hébergements disponibles ; nous avons dépassé notre quota de 132 places. Le Département est face à un problème de recrudescence des demandes, mais nous faisons des recherches actives ». Cette année, les services de l’ASE en Seine-Maritime ont suivi plus de 300 jeunes immigrés isolés. Contacté, le service communication du Département précise qu’ils « n’ont rien de plus à ajouter sur ce cas présent »…

Le président du tribunal insiste : « Il n’y a pas de chambre d’hôtel libre ? » « Non, pas ceux avec qui nous sommes conventionnés », répond la juriste. « Mais c’est tout à fait possible avec des établissements non conventionnés », tacle Me Quevremont. Le tribunal doit rendre sa décision aujourd’hui. Les six jeunes ont passé une nuit de plus hier, sur un matelas au sol au Théâtre des deux rives…

Source : Media Congo

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