Services financiers : la stratégie de la Banque mondiale pour améliorer l’accès au plus grand nombre

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A travers son opération baptisée « Initiative UFA 2020 », l’institution financière espère atteindre plus d’un milliard de nouveaux clients au système financier mondial grâce à ses services de prêt, de conseil et d’analyse. Selon les chiffres disponibles, cette institution de Bretton Woods serait même en train de réussir son pari.

Actuellement, la problématique de l’inclusion financière dans le monde revêt une importance stratégique indiscutable en raison de son impact majeur sur le développement économique. Cela explique sans doute le débat actuel autour de ce thème tant chez les acteurs politiques de premier plan que les professionnels du développement et le secteur privé. En effet, l’enjeu est d’une importance capitale pour un pays comme la RDC qui a enregistré un recul de 9 % des encours de crédit du secteur financier au cours de l’année 2017.

Cette nouvelle tendance a commencé à se renforcer depuis les années 2013. En fait, elle coïncide avec le lancement de la nouvelle stratégie mondiale du Groupe de la Banque mondiale (BM) sur l’inclusion financière. En une phrase, la stratégie « UFA 2020 » vise tout simplement à généraliser l’accès à un compte courant chez tous les adultes dans le monde entier. Depuis son lancement, la BM a pu compter sur la mobilisation d’une trentaine de partenaires du secteur financier. Ensemble, ils ont commencé à faire bouger les choses. À en croire les données Findex de 2011, 2,5 milliards d’adultes n’étaient pas bancarisés à cette époque. Dans les pays en développement, plus de deux cents millions de micro, petites et moyennes entreprises n’avaient pas accès au crédit et à des services financiers d’un coût abordable.

Entre 2013 et aujourd’hui, il y a eu bien entendu des avancées significatives. Selon les récentes données Findex, le nombre d’adultes non bancarisés a baissé pour atteindre finalement 1,7 milliard. Pour arriver à promouvoir des politiques structurelles, la BM travaille plus étroitement avec les autorités nationales et les organismes de règlementation. Elle s’est engagée de manière plus soutenue dans la réussite des réformes nationales responsables. Par ailleurs, des résultats intéressants sont signalés après l’entrée en jeu des opérateurs de la téléphonie mobile. Leur association, la GSMA, chiffre actuellement les paiements mobiles à un milliard de dollars par jour via deux cent soixante-seize systèmes déployés dans quatre-vingt-dix pays.

Pour l’avenir, il faudrait tenir compte d’un certain nombre de défis à relever. Il y a les marchés émergents comme la Chine, l’Inde, le Kenya et la Thaïlande où le taux de bancarisation dépasse les 80 %. Malheureusement, le triste score de la RDC, à peine 9 %, rappelle combien la tâche est rude. Selon la BM, pour réussir la généralisation de l’utilisation des services financiers, il faut d’abord arriver à rendre les comptes ouverts réellement actifs. Ce qui n’est pas toujours le cas même dans les pays émergents. L’accroissement de l’utilisation des comptes bancaires peut passer par la numérisation des paiements de salaires et autres transferts. Sur ce point, la RDC est bien avancée, surtout dans sa capitale et quelques grandes villes. Par la suite, le secteur financier doit investir suffisamment dans les nouveaux outils financiers essentiels. Au-delà, il y a certaines catégories jusque-là exclues d’office du système financier, dont les PME, les femmes, les pauvres et les ruraux. Chaque pays doit réussir à proposer des services financiers adaptés aux attentes de sa population. Enfin, un effort inlassable doit être fourni sur le plan de la formation des nouveaux consommateurs des services financiers.

Source : http://www.adiac-congo.com/

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