Selon un rapport du GEC, les anomalies dans le processus électoral risquent d’entamer la crédibilité des résultats

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Le Groupe d’études sur le Congo (GEC), basé au Centre de coopération internationale de l’Université de New York, vient de publier, ce mardi 27 novembre, son deuxième rapport sur le processus électoral en RDC. Pour ce groupe d’experts, les anomalies dans le processus électoral risquent d’entamer la crédibilité des résultats.

Dans son étude publiée, hier mardi 27 novembre 2018, sur le cadre technique des élections présidentielle, législative et provinciale du 23 décembre en RDC, le Groupe d’études sur le Congo (GEC), basé au Centre de coopération internationale de l’Université de New York, révèle qu’à un mois des scrutins, « les anomalies dans le processus électoral risquent d’entamer la crédibilité des résultats ».

Le GEC justifie ses appréhensions en tirant une sonnette d’alarme dans ce sens : « L e 23 décembre, il pourrait y avoir dans le fichier électoral plus de 7 millions de voix potentiellement fr auduleuses » . Car , « la Ceni s’étant montrée  hostile » à toute vérification de la qualité de l’enrôlement des électeurs, enquête ou analyse qualitative du fichier et à tout audit citoyen », rapporte la Libre Afrique citant le rapport du GEC. 

Avant d’ajouter : « Cette proportion de voix douteuses pourrait même atteindre les 14 millions si la Ceni décide d’autoriser le vote des électeurs en dehors de leurs bureaux comme en 2006 et en 2011 ».  La même source indique que ces 14 millions de voix représenteraient un tiers de l’électorat congolais, tandis que la refonte totale du fichier électoral pour éviter d’entacher sa crédibilité avait pourtant été avancée en 2015 par la Céni pour justifier le retard dans l’organisation des scrutins.

Intitulé « Les élections de tous les dangers – Les imbroglios techniques » , ce rapport de 30 pages dénonce une autre anomalie: « Les modalités de vote, qui changent à chaque cycle électoral (mode de scrutin, cartographie électorale, critères d’éligibilité des candidats), « dans la précipitation et sans consensus » . Pour le GEC,  cela « fait soupçonner une manipulation du droit par les autorités en leur faveur ». 

Pour ce faire, explique les auteurs de cette étude, ceux qui sont aujourd’hui les animateurs du Front commun pour le Congo (FCC) « ont eu recours à plusieurs leviers: les négociations politiques, la mise en place de contraintes budgétaires (budget surévalué, retards dans les décaissements, refus de l’assistance internationale) ou techniques (découpage du pays en vingtsix provinces, refonte du fichier électoral, diversification des fournisseurs, machine à voter) ».

LES ÉLECTIONS LES PLUS CHÈRES

Ce rapport renseignent que ces élections sont les plus chères: celles de 2006 (5 scrutins) organisées par la communauté internationale, avaient coûté quelque 800 millions de dollars, financés essentiellement par l’Union européenne et l’ONU. Celles de 2011, organisées par le gouvernement congolais, avaient coûté un peu moins, mais pour seulement deux élections (présidentielle – passée à un seul tour – et législative nationale): 400 millions pour les deux scrutins; 90 millions pour une mise à jour du fichier électoral de 2006; 160 millions pour l’appui technique et logistique de la Mission onusienne en RDC.

Pour celles du 23 décembre – au nombre de trois seulement – 900 millions de dollars ont été prévus au budget, dont 400 millions pour le seul enrôlement des électeurs. Au total, « les élections les plus chères qu’ait jamais connues le Congo pourraient également s’avérer les moins crédibles de son histoire », déplore le GEC. Avant d’enrichir : « Elles pourraient perpétuer la crise de légitimité que traversent toutes les institutions de l’Etat ».

Source: http://www.mediacongo.net/

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