Santé publique : les pharmaciens s’insurgent contre les contrôleurs du ministère du Commerce

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Le Syndicat national des pharmaciens du Congo (Synaphac) estime que les contrôleurs de la direction de la répression et de la fraude commerciale ont outrepassé leur travail, lors de leur mission effectuée récemment dans les pharmacies.

« Il n’y a pas eu d’inspecteur des pharmacies dans les équipes de contrôle. Les contrôleurs se sont introduits dans les pharmacies jusqu’au-delà des comptoirs de dispensation des produits en procédant à la saisie des médicaments », a fait constater le Synaphac, lors d’une conférence de presse tenue le 12 juin à Brazzaville pour répondre aux allégations du directeur de la répression et de la fraude commerciale. Pourtant, pendant des réunions préparatoires au contrôle avec le ministère du Commerce, les pharmaciens ont exigé, entre autres, la présence de l’inspecteur des pharmacies durant l’opération, parce qu’un médicament ne se contrôle pas de la même manière qu’un produit alimentaire comme le poisson salé, a précisé Guy Patrick Gondzia, vice-président du Synaphac.

Les médicaments saisis

Par voie de médias, le directeur de la répression et de la fraude commerciale a présenté, le 8 juin, des médicaments avariés et périmés saisis lors du contrôle dont la procédure est jugée illégale par les pharmaciens. A ce propos, le Synaphac a apporté des précisions tout en rassurant la population. « Les médicaments saisis étaient dans des cartons, au-delà des comptoirs, en attente de destruction. Et avant de détruire les médicaments, il faut établir un procès-verbal de prélèvement en déclarant à la direction de la pharmacie et du médicament la quantité à détruire. Ladite direction procède ensuite au ramassage des médicaments pour les détruire dans les conditions définies par la loi. Après quoi, un certificat de destruction est délivré moyennant 40 000 F CFA. Ce certificat est adossé aux impôts que le pharmacien paie par an », a expliqué le vice-président du Synaphac, en précisant que même le pharmacien n’a pas le droit de détruire les médicaments par lui-même à plus forte raison les contrôleurs du ministère du Commerce.

Guy Patrick Gondzia a, par ailleurs, indiqué que les produits pharmaceutiques peuvent s’avérer toxiques et pour cela, la procédure de destruction doit être respectée. « Il y a des spécificités que le ministère du Commerce ne comprend pas », a-t-il souligné.

Le Synaphac a rassuré la population de ce que les pharmacies qui sont des établissements de santé publique de proximité ne dispensent pas les médicaments périmés.  Pour faciliter l’accès du médicament à toutes les couches sociales même les produits génériques y sont, d’ailleurs, vendus.

Mot d’ordre

« Je demande aux pharmaciens qui n’ont pas encore été contrôlés de ne pas recevoir les contrôleurs de la direction de la repression et de la fraude s’ils n’ont pas au sein de leurs équipes des inspecteurs de pharmacie », a ordonné le président du Synaphac, Victor Ngoma, en soulignant qu’il est inadmissible que l’opprobre soit jeté sur une des corporations les mieux organisées du monde, selon lui.

 

Légendes et crédits photo : 

Les membres du bureau du Synaphac en conférence de presse

Source : http://www.adiac-congo.com/

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