Sacre de Tshisekedi : Une victoire à demi-teinte

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Le président Félix Tshisekedi, proclamé vainqueur du scrutin présidentiel en RDC ce jeudi 10 janvier 2019, va devoir faire avec des institutions provinciales qui ne lui seront pas unanimement acquises. Conformément aux résultats proclamés par la CENI, il sera difficile pour le regroupement CACH de se constituer la majorité au niveau des assemblées provinciales, d’où l’incertitude même de pouvoir contrôler le sénat.

Ça fête depuis tôt, ce jeudi 10 janvier 2019, au Cap pour le Changement. Tout le monde jubile, tout le monde jazze.  C’est l’un des plus vieux rêves de l’Union pour la démocratie et le progrès social qui vient de se réaliser. Après quarante-huit ans de lutte ininterrompue, l’UDPS devra pour la toute première fois expérimenter l’énigme de la gestion de la cité.

Cependant, le CACH se heurtera à un épineux dossier. Au niveau des institutions provinciales, le président

Le président nouvellement élu risque d’être contraint de faire avec des lieutenants n’obéissant pas à ses ordres. Allusion faite aux résultats publiés dans la nuit allant 9 au 10 janvier 2019, il ressort que la coalition du duo Félix et Vital n’a pas remporté la majorité de sièges, à la députation provinciale. Pour ce faire, la difficulté reste entière dans la constitution des organes provinciaux.

A l’allure actuelle, sans reconfiguration des alliances, avec notamment des partis issus de deux coalitions concurrentes [FCC et Lamuka], les gouvernorats et le sénat ne seront pas acquis à la cause de la plateforme dirigeante.

 
Il se constate que le FCC a engrangé plus de points que ses deux concurrents. La coalition au pouvoir finissant, forte des moyens à sa disposition, et de son omnipotence à l’échelle nationale, n’a pas eu du mal à marcher dessus des adversaires, bien que n’ayant pas réussi à faire élire le dauphin de Joseph Kabila.

Grâce à cet atout, qui demeure de mise, le Front Commun pour le Congo est loin de s’être gommé du plan frontal de la scène politique nationale. Bien au contraire, il demeure une épine dans le pied de son adversaire.

Dans les différentes provinces, Joseph Kabila ne perdra pas son hégémonie, en dépit de la victoire du clan Tshisekedi. La victoire du CACH ne peut être donc jugée complète. Il s’agit plutôt d’une flamboyance à demi-teinte, qui ne ferait jazzer aussi rapidement.

En principe, dans le camp des vainqueurs, l’heure aurait dû être à la réfection des alliances, afin de corser sa force au niveau des provinces. Il faut rappeler que la majorité au sénat, tout aussi précieuse pour la pérennisation de sa structure, passe par un contrôle intégral des assemblées provinciales.  

Faudrait-il donc penser à piocher tant dans le camp de Lamuka, le plus grand aigri de ce processus, ou au FCC, qui semble s’être placé en pool position pour embarrasser ses détracteurs, une fois aux affaires,  afin de renforcer sa fondation au niveau des provinces.

Il reste évident que certaines alliances vont se rompre en faveur d’autres ! Tout laisse croire que la coalition CACH se situera au centre de la dynamique.

En attendant, les yeux sont rivés sur les résultats des législatives nationales pour savoir si les tendances se confirment, même si beaucoup y voient plus une nomination des élus qu’une proclamation des résultats issus des urnes.

Source: http://www.mediacongo.net/

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