Retombées de la ville-morte: les Kinois peinent à retrouver leurs marques

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Beaucoup ont  déjà mis une croix sur une semaine présentée, d’ores et déjà, comme agitée du fait des actions de rue programmées par l’opposition.

La vie reprend petit à petit à Kinshasa après une journée perturbée de lundi qui a vu de nombreux kinois rester at home. Au-delà des querelles politiciennes sur la réussite ou non de cette action du Rassemblement, la première après le décès à Bruxelles d’Etienne Tshisekedi, force est de constater que la capitale n’a pas encore retrouvé ses marques de ville bouillante. Ce mardi 4 avril, nombreux sont ceux qui se sont réveillés en s’interrogeant sur ce que la journée allait leur réserver. Une sorte d’apathie ou d’abattement collectif semble gagner les Kinois après cette ville-morte qui, à bien d’égards, aura répondu aux attentes de ses initiateurs. Des rues vides, l’essentiel des commerces fermés, un dispositif policier renforcé, voilà succinctement à quoi a ressemblé Kinshasa le lundi 3 mars.

Et curieusement, le syndrome de l‘indolence semble, depuis, gagner les Kinois qui ne font plus montre d’empressement pour rejoindre leurs lieux de travail ou de négoce. Beaucoup ont  déjà mis une croix sur une semaine présentée, d’ores et déjà, comme agitée du fait des actions de rue programmées par l’opposition. En attendant la marche pacifique du 10 avril prochain que le Rassemblement entend capitaliser aux mieux de ses intérêts, l’on parle d’une grève générale en synergie avec les syndicats de l’administration publique. Les agents et fonctionnaires de l’Etat, qui ont promis de débrayer d’ici là, ont préféré faire cause commune avec le Rassemblement de l’Opposition espérant obtenir gain de cause à leur principale revendication liée à l’amélioration de leurs conditions sociales et professionnelles. La semaine qui a mal commencé risque aussi de mal se terminer lorsqu’on s’en tient à la détermination des jeunes du Rassemblement et d’ailleurs, à en découdre avec le pouvoir en place.

Qu’est-ce qui va se passer demain ? Personne ne sait le dire. Kinshasa est, comme qui dirait, plongée dans une sorte d’expectative, ou mieux, d’incertitudes d’avant le 31 décembre 2016. Le durcissement du ton de la part du Rassemblement qui tient mordicus à obtenir l’application de l’accord de la Saint sylvestre au prix des actions de rue, y est pour beaucoup. Parmi les signes qui ne trompent pas et qui trahissent cette situation quasi délétère que connaît la capitale, l’on peut citer l’absence d’embouteillages, la fermeture jusqu’à nouvel ordre de certains commerces et la psychose quasi permanente qu’entretient la présence des hommes en uniformes déployés sur certains sites. Les Kinois qui investissent les terrasses pour y boire un coup les quittent désormais un peu plus tôt. « Mboka eza bien té » (le pays va mal), raillent-ils, souvent avec dépit. L’échec des négociations directes Majorité-Opposition sous l’égide de la Cenco aura laissé un arrière-goût amer d’inachevé et provoqué l’ire d’une population qui avait pourtant cru en cette démarche salutaire qui posait les bases d’une cogestion du pays pendant la transition en attendant l’organisation des scrutins en décembre.

Déçus de leurs politiciens, plus ventriloques que patriotes, de nombreux Kinois vivent désormais en mode « qui-vive », n’écoutant que la voix de leur propre raison, loin des gesticulations des politiciens.

Source : Media Congo

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