Rentrée scolaire : des vendeurs de fournitures scolaires se plaignent de la raretés des acheteurs

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Une semaine et trois jours seulement nous séparent de la rentrée scolaire, fixée au 4 septembre prochain. Cependant, au Grand marché de Kinshasa, comme au marché de la Liberté, dans la commune de Masina, les vendeurs des fournitures scolaires continuent de se plaindre du faible engouement des acheteurs.

La rentrée scolaire, comme les festivités de fin de l’année, sont des moments les lieux de négoce de Kinshasa débordent de monde. Ce qui est loin d’être le cas jusque-là, rapporte Brigitte Kapinga, vendeuse des tissus en gabardine au pavillon X du Grand marché de Kinshasa.

Les acheteurs ne fréquentent que timidement les étagères des commerçants des fournitures scolaires, se plaint pour sa part André. « Le peu des parents qui passent devant nos tables ne viennent que prélever les prix, pour faire la promesse d’y revenir plus tard », a-t-il ajouté.

HAUSSE DE PRIX DES FOURNITURES SCOLAIRES

Quelques poussières de seconde ont suffi pour assister au spectacle dont on a entendu parler. Un bout de papier et un stylo à la main, un client, la trentaine révolue, passe d’une table à une autre pour prélever les prix des fournitures scolaires. Abordé, il avoue n’avoir pas encore de moyens financiers pour acheter les objets classiques à ses quatre enfants.

Sa ronde sur les marchés de Kinshasa est destinée essentiellement à prélever les prix, afin de déterminer où acheter des fournitures classiques à des prix abordables, explique-t-il. « L’argent est très difficile à trouver ces temps-ci. Je ne me vois pas à même de pouvoir satisfaire au même moment tous mes enfants », indique-t-il.

Cette option est aussi celle de beaucoup d’autres parents de Kinshasa. Face à la précarité financière ambiante, la plupart d’entre eux préfèrent satisfaire progressivement les besoins en fournitures scolaires de leurs progénitures.

« Je suis passé au Grand marché pour acheter quelques cahiers pour mes enfants. Je ne suis pas en mesure d’acheter le tout à la fois. C’est ce que je fais depuis le début du mois courant. Quand j’ai un peu d’argent, j’y passe pour liquider quelques uns des objets classiques demandés à l’école », a indiqué George Kadima.

Interrogés, des parents crient à la dégradation du tissu socio-économique du pays. « Nous devons l’avouer. Cette rentrée scolaire arrive au moment où le pays est en train de traverser une crise financière extrême. Les parents, dont les salaires ne sont pas décents, sont appelés, dans ces conditions, à acheter les fournitures scolaires pour les enfants, à payer les loyers, à les nourrir », a avancé Flory K.

« A côté de la précarité financière, il convient, de noter aussi la hausse de prix des biens et services observée actuellement sur le marché. Les prix des objets classiques ont augmenté de l’ordre de 40% par rapport à l’année passée », a-t-il poursuivi.

LES FOURNITURES SCOLAIRES DE TROP

Les plus affectés par cette situation sont les enfants, dont les parents sont fonctionnaires de l’Etat. Frappés, pour la plupart, par l’impaiement et le non réajustement de leurs rémunérations au taux de change sur le marché, ces derniers se disent dans l’incapacité de pouvoir remplir les besoins en fournitures scolaires de leurs enfants.

Des parents rencontrés appellent l’autorité urbaine à décourager les écoles qui s’emploient à exiger l’achat intégral des fournitures scolaires auprès de leurs services et à sanctionner celles qui exigent la paie de l’acompte des frais scolaires, avant même le début des cours. 

« Nous pensons que l’autorité de la ville doit prendre des mesures afin d’interdire ces pratiques qui sont actuellement courantes dans certaines écoles de Kinshasa. Ces établissements obligent les parents à acheter les uniformes et bien d’autres fournitures auprès de leurs services », a indiqué un observateur. 

Le prix d’un mètre du tissu en gabardine oscille entre 3.300 et 3.500 francs congolais au Grand marché de Kinshasa. Le mètre du tissu en tinteron se négocie à entre 1300 et 1500 fc. Un paquet des cahiers de la marque se vend à 3500, contre 1700 fc pour celui des stylos. 

Source : Media Congo

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