RDC: le député Batumike entendu sur le meurtre d’Evariste Kasali

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Le député provincial Batumike est à la barre en ces premiers jours de procès sur le fond à Kavumu. Il a été entendu sur deux des chefs d’accusation pour lesquels il est poursuivi, les infractions de droit commun (détention d’armes et l’assassinat en mars 2016 d’Evariste Kasali, un défenseur des droits de l’homme de Kavumu), mais pas encore pour crime contre l’humanité (la série de viols de petites filles de Kavumu perpétrés par des miliciens qu’il est accusé d’avoir soutenu).

C’est un procès public, mené par la justice militaire congolaise et qui draine beaucoup de monde, partisans comme détracteurs du député provincial qui a démenti point par point ce qui lui était reproché.

Jusqu’ici, Frédéric Batumike avait peu parlé, y compris pendant la phase d’instruction. Mais ce mardi 14 novembre, le député provincial du Sud-Kivu a pris la parole peut-être même plus que ces avocats. Ce qui somme toute a rassuré les observateurs qui s’inquiétaient d’une absence de coopération du principal accusé dans cette affaire.

Il faut dire que si ses détracteurs et notamment les familles de la quarantaine de victimes de ce procès sont très présentes, les partisans du député aussi à commencer par sa communauté religieuse, vu qu’il est pasteur, ce qu’il a tenu à rappeler à la barre. Notamment quand il a été invité à s’expliquer sur ses relations avec Evariste Kasali, assassiné en mars 2016, sa victime présumée…

« Je suis pasteur, je ne pouvais pas lui en vouloir », a répété en substance le député Batumike qui a démenti être le commanditaire de cet assassinat, assurant même à un moment ne pas connaître le défenseur des droits de l’homme, avant de se reprendre, rappelant qu’il avait eu un différend avec lui au tribunal.

Il s’est beaucoup contredit, estime Jean Chrysostome Kijana, le président de la Nouvelle dynamique de la société civile, l’organisation à laquelle Evariste Kasali appartenait… Contradiction également, selon la NDSCI, sur la détention d’armes. Frédéric Batumike a démenti jusqu’à ce que le magistrat lui montre les preuves de la saisie, déclare encore Jean Chrysostome Kijana. Ce dernier dit avoir apprécié la pertinence des questions des magistrats congolais et avoir foi jusque-là en la justice militaire.

L’audition de Frédéric Batumike se poursuit demain sur les autres chefs d’accusation. Frédéric Batumike est l’un des dix-huit accusés dans ce dossier.

Source : Media Congo

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