RDC : FFJ note un mois d’avril sombre pour les médias et les journalistes

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Pour cette ONG, l’excès de zèle de certains gouvernementaux contre les médias et les journalistes démontre que la RDC n’a pas encore intériorisé la liberté qui est reconnue à la presse d’accompagner le pays sur la voie de la démocratie.

Dans un rapport publié le 17 avril 2017, l’organisation de défense et de promotion de la liberté de la presse, Freedom for journalist (FFJ), a noté que le mois en cours était considérablement sombre pour les médias et les journalistes évoluant sur le territoire de la RDC.

L’ONG a, en effet, relevé dans ce monitoring de la situation de la presse dans le pays que dans la capitale, Kinshasa, un cameraman du « Vrai journal », un magazine d’informations diffusé sur Canal Congo Télévision (CCTV) a été interpellé le 03 avril 2017 et torturé par des éléments de la Police nationale congolaise. Ce professionnel des médias, a souligné FFJ, couvrait une marche étouffée de l’opposition transformée en une journée « ville morte ». « Il s’en est tiré avec des lésions sur la poitrine du fait des coups reçus de ses bourreaux », a appuyé cette ONG.

FFJ a également relevé que Canal Kin Télévision (CKTV), média proche de l’opposition, a vu son signal coupé le 10 avril 2017, sans motif valable et remis quelques heures plus tard. Citant les informations qui lui sont rapportées et qui sont, par ailleurs, rejetées par les responsables de la chaîne, FFJ a souligné que l’animateur d’une émission matinale aurait déclaré que « le nouveau Premier ministre n’a aucun patrimoine à déclarer au fisc, conformément à la constitution, pour n’avoir rien à déclarer ».

Le rapport de cette ONG note aussi que dans le Haut-Katanga, un journaliste, Zito Tetela, directeur du périodique « Les Griffes », a été arrêté le 11 avril 2017 sur instruction du vice-gouverneur de cette province. Ce dernier lui aurait accusé « d’imputations dommageables ». La santé du journaliste en détention, a fait remarquer FFJ, s’est davantage détériorée.

Dans ce monitoring, FFJ a également noté que début avril 2017, deux médias audiovisuels, Malaïka et Dynamique de Lubumbashi, ont été suspendus par la représentation locale du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC). Il était, souligne l’ONG, reproché aux deux médias d’avoir incité à la violence et à la haine ethnique contre le gouverneur de province. L’association fait, par ailleurs, remarquer que le bureau de Kinshasa du CSAC avait levé la mesure estimant que le rapport de sa représentation provinciale ne lui a pas été envoyé dans le délai.

Des journalistes étrangers parmi les victimes

L’ONG, qui a souligné qu’un journaliste de Radio Okapi a vu son matériel confisqué, a également indiqué que trois autres, dont un correspondant étranger, ont été passés à tabac le 12 avril alors qu’ils couvraient une manifestation pacifique du mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha) à Goma, au Nord-Kivu. « Bikumbi de Radio Okapi et Kalafulo de radio Pole FM ont été agressés ; de même qu’un photographe, Willian Dupuy, œuvrant pour un média étranger. Farly Kalombo Wetungani, journaliste à Radio-Télévision Kamonia (RTK), station communautaire émettant à Kamonia, province du Kasaï, est menacé de mort à cause de son travail de journaliste, contraint de vivre en clandestinité depuis le 28 mars 2017, après avoir reçu des menaces de mort de la part d’un groupe d’hommes non autrement identifiés qui ont pris d’assaut le siège de la radio, le 26 mars 2017 dans la soirée », a insisté FFJ.

Des médias proches des opposants toujours fermés

Dans cet exercice, FFJ s’est rappelé que c’est depuis le vendredi 11 mars 2016, que La Voix du Katanga, une télévision émettant à Lubumbashi, au Haut-Katanga a été fermée. La voix du Katanga appartient à Gabriel Kyungu, président de l’Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec), membre du G7. Radio Owoto, chaîne émettant à Lodja, dans le Sankuru, et appartenant à Christophe Lutundula, un autre membre de G7, a été fermée depuis le jeudi 17 septembre 2015. Alors qu’en janvier 2016, Mapendo et Nyota, deux médias, propriétés de Moïse Katumbi, et Jua Lubumbashi Télévision, appartenannt à Jean-Claude Muyambo, ont été aussi fermés.

Dans la capitale, par contre, les trois médias fermés appartenant aux opposants ont été rouverts. Il s’agit de Canal Kin Télévision (CKTV), Canal Congo Télévision (CCTV), Canal Futur Télévision (CFTV), Radio Liberté Beni et Radio Lisanga Télévision (RLTV). « Certains membres du régime se permettent de vouloir faire taire la critique sur leur gestion en ignorant que le journaliste est un chien de garde par excellence. L’excès de zèle de certains gouvernementaux contre les médias et les journalistes démontre que la RDC n’a pas encore intériorisé la liberté qui est reconnue à la presse d’accompagner le pays sur la voie de la démocratie», a souligné FFJ dans son communiqué.

Dans un autre communiqué publié le même jour, FFJ s’est dit consterné par l’incendie, le samedi 15 avril 2017, de la Radio communautaire satellite (RCS), une station privée émettant à Mayi Munene, près de Tshikapa, dans le Kasaï. Le directeur technique de RCS, Yves Beya, joint par le correspondant local de FFJ dans la région, a déclaré à l’ONG que l’incendie est l’œuvre des miliciens opérant sous le label de Kamwina Nsapu. Ce sinistre, note-t-on, s’est déclaré la nuit pendant que certains agents étaient encore présents. La RCS a perdu tous ses matériels, qui ont été brulés et sont irrécupérables.

Source : adiac-congo.com

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