Qui est Alice Marie Johnson la détenue graciée par Trump à la demande de Kim Kardashian ?

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Fin mai, Kim Kardashian, star américaine de la téléréalité, a plaidé auprès de Donald Trump la cause d’une détenue, emprisonnée depuis plus de vingt ans et condamnée à la perpétuité réelle. Le président des États-Unis a accédé à sa demande et Alice Marie Johnson, 63 ans, a été libérée.

L’image était étonnante. Debout dans le Bureau Ovale de la Maison-Blanche, Kim Kardashian, plutôt habituée aux tapis rouges qu’aux moquettes présidentielles, prenait la pose très sérieusement, aux côtés du président des États-Unis Donald Trump. C’était le 30 mai. Leur rencontre portait sur la réforme du système carcéral américain et la starlette avait plaidé la cause d’Alice Marie Johnson, une détenue modèle, derrière les barreaux depuis 22 ans.

Rencontre entre Donald Trump et Kim Kardashian, le 30 mai 2018 à la Maison-Blanche. (© capture d’écran Twitter/@realDonaldTrump)

Ce mercredi, Donald Trump a commué sa peine de prison. Toutes les télévisions locales ont filmé la sortie de la sexagénaire de l’établissement pénitentiaire d’Aliceville, dans l’Alabama. « J’ai l’impression de commencer une nouvelle vie », a-t-elle témoigné devant la presse. Le cas de cette grand-mère, condamnée à la prison à vie, médiatisé par Kim Kardashian, a ému l’Amérique.

Tout avait pourtant bien commencé pour Alice Marie Johnson, heureuse mère de « cinq beaux enfants », mariée à « son amour de jeunesse », écrit-elle dans une tribune publiée par le site de la chaîne américaine CNN. Épanouie dans sa vie personnelle, elle l’est tout autant dans sa vie professionnelle. « J’étais manager pour FedEx. Au fil des années, je suis devenue formatrice pour managers. » Elle raconte encore, « la vie, pour un temps, a été douce ».

« J’ai fait la plus grosse erreur de ma vie »

Alice Marie Johnson lors de sa sortie le 06 juin 2018 de l’établissement pénitentiaire d’Aliceville, dans l’Alabama.

Mais tout bascule en 1989. « Après plus de deux décennies ensemble et une relation tumultueuse, mon mari et moi avons divorcé cette année-là », écrit-elle. Ce moment marque le début d’une spirale d’épreuves douloureuses. Elle a 33 ans. Elle perd son travail. Son plus jeune fils meurt dans un accident de moto. « Aucune mère ne devrait enterrer son enfant. Ce poids était terrible. C’était un fardeau que je ne pouvais pas supporter. J’ai pris de très mauvaises décisions par désespoir. »

Empêtrée dans des histoires d’argent, pour pouvoir joindre les deux bouts, Alice Marie Johnson s’implique dans un trafic de cocaïne, à Memphis, dans le Tennessee. Elle assure n’avoir jamais négocié ou manipulé de la drogue. Elle servait d’intermédiaire, « devait transmettre des messages codés par téléphone », rapporte le site américain Bustle. « J’ai fait la plus grosse erreur de ma vie, je me suis liée avec des gens qui vendaient de la drogue »,écrit-elle encore dans sa tribune.

En 1993, elle est arrêtée avec quinze autres personnes impliquées dans le trafic. Lors du procès, dix d’entre elles témoignent contre elle, écopant de peines qui vont de 0 à 10 ans de prison. Alice Marie Johnson, elle, ne bénéficie pas de la même clémence. Alors qu’elle n’a jamais été inculpée auparavant, elle est condamnée à la prison à perpétuité réelle, en 1997.

Trois refus

Dès son incarcération, Alice Marie Johnson est soutenue par ses enfants. Elle est une détenue modèle, qui s’implique dans la vie de la prison, travaille à l’hospice. Son cas est repéré par des associations. L’une d’elles, Clemency For All Non-Violent Drug Offenders, se démène pendant des années pour obtenir la grâce présidentielle pour la détenue.

À trois reprises, son dossier est présenté à Barack Obama. À trois reprises, le dossier, qui remplissait tous les critères, est rejeté, n’atteignant jamais le bureau du Président, sur les recommandations du ministère de la Justice.

Kim Kardashian émue par le sort de la détenue

Kim Kardashian s’était déplacée à la Maison-Blanche pour plaider la grâce d’Alice Marie Johnson (© Getty Images/AFP) 

Il aura fallu l’intervention de Kim Kardashian, émue par l’histoire de la sexagénaire, pour faire bouger les choses. En 2017, la starlette met son avocat, Shawn Holley, sur l’affaire. Elle s’entretient avec la fille du Président, Ivanka Trump, et son mari Jared Kushner, puis parvient à rencontrer Donald Trump, au mois de mai.

Alors que ces prédécesseurs avaient attendu au moins deux ans pour utiliser leur droit de grâce, le 45e président des États-Unis y a recours un peu plus d’un an après son élection. Elle « a purgé près de 22 années dans une prison fédérale pour un délit commis sans antécédents judiciaires », a justifié la Maison-Blanche dans un communiqué.

Alice Marie Johnson avait été condamnée à la perpétuité réelle. Une sentence « bien trop sévère au regard de l’infraction », a souligné mercredi l’ACLU, grande organisation américaine de défense des libertés. Car la détenue n’avait pas d’antécédents judiciaires.

Kim Kardashian a partagé la nouvelle, saluant la décision de Donald Trump. Alice Marie Johnson a tenu elle aussi à remercier Kim Kardashian et a assuré au Président qu’elle le « rendrait fier de lui avoir accordé cette seconde chance ».

 

Source: http://www.mediacongo.net/

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