Quand Bruno Tshibala gagne du terrain

0

A quelques heures de la publication du nouveau gouvernement que devra diriger Bruno Tshibala, le camp des protestations perd un peu de son éclat. Le nouveau Premier ministre semble enregistrer de plus en plus d’adhésions autour de sa personne à la Primature, tant du côté de l’opposition que des institutions régionales.

Alors que des pays de la Communauté Internationale ont vite annoncé leur désapprobation à ce qu’ils ont qualifié de violation de l’accord du 31 décembre dernier, Kinshasa a fini par hausser le ton, tout en se lançant dans une véritable campagne diplomatique pour « expliquer la situation ».

D’Addis-Abeba où il a rencontré le président de la Commission Africaine Moussa Faki, en passant par Libreville, où il a également échangé avec le président Ali Bongo, qui est à la tête de Communauté des Etats d’Afrique Centrale (CEAC), Léonard She Okitundu, chef de la diplomatie congolaise est monté au créneau pour défendre le choix du président Kabila.

Et lors que la douceur n’a pas suffi, Kinshasa a utilisé la force. Comme l’arrêt de la coopération militaire avec son ancienne puissance coloniale, la Belgique, fustigeant ce qu’il qualifie d’ingérences. Déjà devant le Congrès, le 5 avril dernier, Joseph Kabila mettait une énième fois en garde les « puissances occidentales » qu’il ne tolérait pas « d’ingérence », brandissant la souveraineté.

De son côté, la Monusco semble avoir pris peur, préférant plus tôt se lancer dans une diplomatie qui pourrait aboutir à la signature de l’arrangement particulier tout en gardant Bruno Tshibala à la Primature. « Je crois qu’il est trop tard pour que l’opposition puis encore obtenir la Primature. S’ils sont raisonnables, ils doivent seulement se battre pour contrôler le CNSA [Conseil national de suivi de l’accord] et conduire le pays aux élections« , confie un responsable de la Monusco dimanche à POLITICO.CD.

Samedi, le Chef de la Mission de l’ONU en RDC s’est attiré la colère du Rassemblement aile Félix Tshisekedi, pour avoir notamment déclaré « prendre acte » de la nomination de M. Tshibala.   « Le Rassemblement relève que cette position personnelle de Monsieur Maman Sidikou est contraire, non seulement à la résolution 2348 (2017) du Conseil de Sécurité de l’ONU mais aussi à la déclaration de l’Union Africaine, exprimée par son Président en exercice, à la déclaration du Président de la Commission de l’Union Africaine et à la déclaration de l’Union Européenne. Ces déclarations soutiennent, toutes, l’Accord du 31 décembre 2016 et appellent à son application intégrale, selon sa lettre et son esprit« , annonce ce communiqué signé dans la foulée par Pierre Lumbi.

Cependant, l’Union Européenne tout comme les Etats-Unis ont opposé une fin de non-recevoir au nouveau Premier ministre. Du côté américain, on laisse même entendre des nouvelles sanctions contre Kinshasa, alors que Washington a déjà sur sa liste des officiels proches du président Kabila.  « Les États-Unis restent prêts à imposer des restrictions aux individus, qu’ils soient du gouvernement ou de l’opposition, qui sapent les institutions démocratiques de la RDC« , menace le communiqué publié la semaine dernière.

Au Rassemblement, Bruno Tshibala peut à présent compte sur le soutien de Freddy Kita, de la Démocratie Chrétienne et Jean-Pierre Lisanga Bonganga, à la tête d’une véritable fronde contre « les Katumbistes » au sein du Rassemblement aile Félix Tshsiekedi. Ils s’ajoutent à la longue liste des dissidents que connaît cette coalition depuis mars dernier.

Toutefois, lors d’une interview accordée à POLITICO.CD samedi 15 avril, le député Martin Fayulu, cadre de la coalition proche de Félix Tshisekedi réaffirme la détermination de son mouvement à exiger que le Premier ministre soit issu de sa famille politique.  « [Bruno] Tshibala a trahi, Tshibala a été débauché. Et jamais moi, Martin Fayulu, je pourrais le rejoindre. Nous avons clairement dit pour nous, et nous continuons à insister, que le Rassemblement doit présenter le Premier ministre. Il n’y pas plusieurs Rassemblement, il n’y a qu’un seul Rassemblement avec les composantes signataires de l’acte de Genval« , insiste le député Martin Fayulu.

Source : Politico CD

Laisser un commentaire