Projet Inga III : des organisations de la Société Civile accusent la BAD de refuser d’impliquer les différentes parties prenantes

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Dans une déclaration rendue publique le 20 juin 2019, une coalition  d’Organisations de la Société Civile congolaise demandent à la Banque Africaine de Développement (BAD) de travailler à faire respecter ses propres principes dans des projets soutenus financièrement par elle. Car, ces OSC, une trentaine au total constatent  que lors  de  sa  visite  en  RDC  Mr. Adesina, Président de cette institution africaine a rejeté toutes les sollicitations de la société civile congolaise et les communautés locales d’Inga visant à le rencontrer.

La sonnette d’alarme a été tirée entre autres par la Coalition Réformes Actions Publiques (CORAP), la Convergence  pour  les  Droits  et  Intérêts  des communautés Locales d’Inga (CODICLI), Synergie des Femmes Solidaires (FESO), Solidarité des Femmes sur le Fleuve Congo  (SOFLECO), Association des Jeunes pour l’Avenir Radieux du Congo (AJARC), Association  Africaine  de  défense  des  droits  de l’Homme (ASADHO) et le Centre  National  pour  le  Développement  et  la Participation Populaire (CENADEP).

Ces organisations signataires, recommandent au Gouvernement congolais à reconsidérer le développement du projet Inga 3 en vue de prendre le temps de réfléchir sur les stratégies et bonnes pratiques à mettre en place en faveur du développement du secteur énergétique en RD Congo et de l’augmentation du taux d’accès des populations à une énergie propre et durable.

A la BAD, elles lui recommandent de travailler à faire respecter ses propres principes dans des projets soutenus financièrement par elle.

Le déclic

Le président de la BAD a visité, du 17 au 20 juin 2019, le site d’Inga d’où le projet Inga 3 exporterait de l’énergie vers la sous-région plutôt que d’électrifier en priorité la RD Congo.

Pour cette raison, une coalition d’organisations de la Société Civile congolaise et de communautés locales affectées par les barrages d’Inga demande au gouvernement congolais et aux investisseurs étrangers, incluant la BAD,  de  prendre en  compte  les  revendications  des  communautés  locales  et  de  la population congolaise en ce qui concerne le développement du projet Inga 3.

Cette coalition déplore vivement  cette  attitude  qui  frise  manifestement  un  mépris  délibéré de  la  politique  des sauvegardes  de  la  BAD,  plus  spécialement  ses principes relatifs à la consultation et à l’implication de différentes parties prenantes dans un projet soutenu financièrement par elle.

Pourtant, dans sa politique du secteur Energie, la BAD promet de s’assurer que les projets de centrales hydroélectriques notamment prennent effectivement en compte les éventuels impacts sociaux  et  environnementaux,  et  ce,  en  conformité  avec  les  normes  de  protection environnementale  et  sociale de  la  Banque;  intègrent  les  incidences  du  changement climatique; s’appuient de façon adéquate sur les besoins de développement locaux et nationaux en eau et énergie, tout en accordant l’attention requise à l’impact sur les populations en aval.

Risques à encourir

« Les risques sociaux et environnementaux élevés du projet d’Inga3 sont évidents. Nous communautés  touchées  par  Inga  1 et  2, luttons  depuis  des  décennies  pour  obtenir  une juste  compensation  et  continuent  de  subir  les  conséquences  économiques  et  culturelles liées à la perte de nos terres » dit Albert Tona membre de la communauté d’Inga. Et d’ajouter : «Beaucoup des ménages risquent d’être déplacés à nouveau par Inga 3».

La coalition rappelle que depuis son  investiture le  24  Février  2019, le Président Felix Tshisekedi ne cesse d’en appeler à ses pairs Présidents et d’inviter différents partenaires à venir investir en RD Congo en général et dans le projet Inga 3 en particulier. Ces actions en direction notamment de la Banque Mondiale (BM),  du Fond  Monétaire International (FMI) et aujourd’hui de la BAD sont  jusqu’à ce jour menées sans  aucune prise en compte  effective des revendications des communautés locales d’Inga et  de la population congolaise. Il s’agit de la consultation publique préalable ; l’implémentation de bonnes études indépendantes d’impacts environnementaux et sociaux ; l’amélioration de la communication sur le projet Inga 3 à travers notamment la mise en place d’un système de communication  qui  puisse  permettre  à  tous les congolais d’être informés en temps réel sur l’évolution du projet ;

la  participation  de  la  société  civile  en  tant  que  partie  prenante  au  projet et  la consultation des communautés locales affectées ; l’indemnisation des communautés impactées par l’établissement du site d’Inga et les barrages Inga 1 et 2, certaines communautés ayant par conséquent perdu leurs terres ; le  développement  des  micro-barrages  et  d’autres  formes  des  énergies renouvelables pour augmenter le taux d’accès des populations à l’électricité qui est de 9% aujourd’hui.

Quid du projet Inga III ?

En effet, Inga3 fait partie du plus vaste projet Grand Inga, un projet de complexe hydroélectrique géant dans la province de Kongo Central, visant à atteindre une capacité de production d’environ 40 gigawatts. Les deux premiers barrages, Inga1 et Inga 2, ont été construits respectivement en 1972 et en 1982. L’idée de construire un troisième barrage, Inga3, est quant à elle discutée depuis 2013.

A l’origine, le projet devait fournir 4,8 GW d’électricité, principalement pour être exporté vers l’Afrique du Sud et pour alimenter des mines dans l’est de la RDC. Cependant,  la Banque  mondiale  a  annulé  son  engagement  en  2016,  semant  le désordre  dans  le  projet alors  que  les  investisseurs  se  sont  dérobés.  En  partie  pour  répondre  aux  critiques formulées sur les données économiques erronées du projet, le gouvernement a annoncé en 2017 qu’il redéfinirait le projet, avec l’intention de doubler la capacité de production, pour atteindre plus de 10 GW. L’Agence pour le Développement et la Promotion du Projet Inga (ADPI)  a  demandé  aux  deux  consortiums  concurrents  qui  ont  soumissionné  pour développer  le  projet, un  consortium  dirigé  par  China  Three  Gorges  Corporation  et  un autre comprenant le groupe espagnol ACS, présidé par Florentino Perez, président du club de football du Real Madrid, de présenter une offre commune. Depuis Décembre 2018, un accord  pour  le  Développement  Exclusif  a  été  signé  entre  le  gouvernement  Congolais représenté par ADPI et le consortium représenté par ces deux entreprises.

Source: http://www.mediacongo.net/

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