Projet de loi de finances 2019: encore et toujours un budget de misère !

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Malgré l’embellie des cours des matières précieuses sur les marchés mondiaux, notamment le cuivre dont la tonne est évaluée à la somme de 8.000 dollars, le cobalt dont la RDC détient 60 % des réserves au monde, l’or, le coltan et bien d’autres minerais convoités et fort demandés, le Premier Ministre Bruno Tshibala Nzenze a déposé hier sur le bureau du président de l’Assemblée Nationale un projet de budget de l’ordre de cinq milliards 935 millions des dollars Us pour l’année 2019. Un véritable budget de misère, au regard de fabuleuses ressources naturelles du pays.

A ce stade du débat, le commun des mortels se demande à quelle hauteur s’élèvent les royalties du pétrole. Dès lors qu’un Chappe de plomb  entoure ce secteur depuis des années. On ne sait pas où sont versées ces recettes étant donné l’existence des compagnies d’exploitation pétrolière se trouvant sur le littoral congolais, au large de l’océan Atlantique. Des études effectuées par des scientifiques ayant évalué les réserves pétrolières se trouvant au large de Banana et Moanda avaient conclu qu’elles n’ont rien à envier à celles produites par les principaux pays producteurs africains comme l’Angola, le Nigéria, le Congo/Brazza, le Gabon, le Soudan du Sud et d’autres Etats. D’aucuns se sont permis d’avancer et de proclamer à haute voix qu’avec ses réserves se trouvant sur le littoral et au large des eaux territoriales sur l’Océan Atlantique, dans la Cuvette Centrale et les «Graben» du Lac Albert, la RDC peut faire partie des grands producteurs membres de l’OPEP. La question est de savoir où vont ces royalties versées par les sociétés pétrolières, notamment dans les zones exclusives se trouvant dans les eaux territoriales congolaises et les zones communes avec l’Angola voisin. Jusqu’à ce jour, le gouvernement avait initié des négociations avec ce pays voisin pour évaluer la part réservée à la RDC en ce qui concerne les zones communes exploitées. Un Chappe de plomb couvre ces négociations.

Rapports des professeurs  Luzolo et Mukoko Samba

En sa qualité de conseiller spécial du chef de l’Etat chargé de la bonne gouvernance, de  la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux, le professeur Luzolo Bambi avait rendu public, en 2017, un rapport sulfureux faisant état de l’évasion annuelle des recettes publiques de l’ordre de 15 milliards de dollars Us. Autant dire que le budget global de l’Etat congolais devrait avoisiner les 20 milliards de dollars Us par an.

A l’initiative du professeur Mukoko Samba, alors vice-premier ministre et ministre du Budget dans le gouvernement de l’indécrottable, Augustin Matata Ponyo, un atelier réunissant des nombreux économistes, juristes, chercheurs et grands commis de l’Etat ainsi que des invités de marque provenant des universités étrangères de renommée mondiale, avait conclu à ce phénomène de coulage des recettes publiques par an se chiffrant à la même somme que celle avancée par son collègue Luzolo Bambi. Bref, en prenant en compte ces deux études réalisées à Kinshasa, l’Etat congolais devrait fonctionner avec un budget minimum de 20 milliards des dollars Us l’an.

Par ailleurs, l’on se pose la question de savoir à combien s’élèvent les recettes des exportations forestières et agricoles, à savoir le café, le thé, le quinquina, le bois et bien d’autres ? A-t-on oublié que la RDC détient plus de la moitié des réserves forestières de l’Afrique et le deuxième fleuve le plus long de la planète, à savoir le fleuve Congo, après l’Amazonie au Brésil ? Des études scientifiques estiment que pour sauver le Lac Tchad de l’assèchement qui se profile à l‘horizon, il faudrait recourir aux eaux du fleuve Congo. Certains esprits maléfiques avaient proposé le détournement des eaux de la rivière Oubangui. Cette proposition a énervé les Congolais et les scientifiques les plus avertis qui craignent de voir le fleuve perdre son débit, entrainant des conséquences néfastes destructrices de l’écosystème dans les provinces congolaises baignées par ce fleuve et ses affluents. Surtout la réduction du niveau de débit des eaux essentiellement sur le site du barrage hydroélectrique d’Inga. Alors que c’est le chantier de la construction du troisième barrage qui pourra alimenter en énergie électrique toute l’Afrique Australe et même le Moyen Orient.

Programme d’action des candidats à la magistrature suprême : 80, 90, 140 milliards des dollars

La plupart des candidats à la magistrature suprême sont convaincus que ce pays béni des dieux ne mérite pas un tel budget de misère.

D’ailleurs, si l’on prend le budget avoisinant 20 milliards des dollars Us, en cinq ans, l’on peut atteindre 100 milliards Us. Les acteurs politiques avertis n’ont donc pas tort de croire qu’avec un peu de patriotisme, de sérieux et de rigueur dans la gestion  dans tous les domaines de la vie,  la RDC peut produire par an plus de 20 milliards des dollars Us. Sinon l’émergence demeurera un rêve lointain. Car, il est aujourd’hui établi, preuves à l’appui, que la RDC est victime d’un pillage organisé de ses recettes minières, pétrolières, agricoles, fiscales, douanières, domaniales et administratives. Il est donc temps de briser ce cycle des budgets ridicules, de la honte et de la misère. La RDC est devenue la risée de la planète. Un pays très riche dans tous les domaines mais avec des habitants très misérables, miséreux et minables, selon l’expression d’un ministre.

Source: http://www.mediacongo.net/

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