Prof. Denis Mukwege: « Ma profession, c’est une profession médicale ; je ne connais pas une profession Nobel… »

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En dépit du Prix Nobel, lui décerné ce 5 octobre 2018, le professeur Denis Mukwege est déterminé à ne jamais baisser le bras, dans la prise en charge des victimes des violences sexuelles et des patientes souffrant des pathologies urogénitales graves. Tel est le message que l’Homme qui répare les femmes a tenu à clarifier lors d’un entretien, qu’il a accordé en exclusivité à Laprunellerdc.info, lundi 8 octobre 2018.

Au tout premier jour ouvrable, après que lui ait été décerné le très prestigieux Prix Nobel de la paix, le médecin directeur de l’Hôpital de Panzi a connu une journée de travail tout aussi ordinaire, malgré le nombre de visites qu’il est obligé de recevoir, en vertu de son tout nouveau statut.

« Ma profession, c’est une profession médicale ; je ne connais pas une profession Nobel. Et donc, je continue à exercer comme médecin, pour moi, ça ne me dérange pas … Certainement que mon calendrier pourra changer, mais je crois que je serai capable d’équilibrer pour que je continue à exercer la profession médicale », nous a confié le Prix Nobel 2018.

Le prix Nobel, symbole de son engagement patriotique

L’homme, dont la carrière de médecin a été transformé en un chapelet des séances de raccommodage d’organismes déchiquetés suite la barbarie humaine, dédie son prix à toute la population congolaise, pour qui il a consacré plusieurs dizaines d’années. Le professeur Denis Mukwege en a appelé à l’appropriation de ce prix, par le peuple congolais, afin de rallumer la flamme de la recherche d’une paix durable en RDC.

« Ce prix, qui  appartient au peuple congolais tout entier, m’a été décerné mais il faut absolument que le peuple congolais s’approprie ce prix… Le Prix Nobel de la paix, qui vient au Congo, devrait permettre à ce que chacun se pose la question par rapport à la paix en République Démocratique du Congo », a apostrophé le Prix Nobel, à ses compatriotes congolais.

Dans un pays où la paix n’est que pire utopie, a pourtant atterri le Prix Nobel de la Paix. Ceci constitue, selon le professeur Denis Mukwege, une interpellation à une responsabilité collective, afin que les congolais eux-mêmes soient acteurs de la restauration de la paix dans leur pays.

« La paix ne se construit pas par un individu ; la paix se construit par beaucoup d’individus qui vivent ensemble, et qui sont décidés de construire cette paix. Il faudrait absolument que nous puissions nous approprier tous ce Prix Nobel  et que nous ne puissions pas penser que la paix viendra de quelqu’un ; encore moins de l’extérieur. La paix sera construite par nous les enfants du Congo », a rappelé le professeur Denis Mukwege, Prix Nobel 2018.

Le professeur Denis Mukwege s’est particulièrement distingué, dans le domaine de la médecine en RDC, par l’octroi de la prise en charge holistique aux victimes des violences sexuelles dans la partie Est de la RDC. Ce paquet, appelé One Stop Center, est offert gratuitement à l’Hôpital de Panzi, depuis l’an 1999, dans le but de rétablir la femme survivante dans ses facteurs physiques et psychologiques, dans ses droits légitimes et garantir sa réinsertion sociale.

En vertu de cet engagement, sans ambages dans la lutte contre les violences sexuelles, le professeur Denis Mukwege a été couronné Prix Nobel de la Paix, ce 5 octobre 2018. Ce sacre lui a été Décerné conjointement avec Nadia Murad, autrefois esclave sexuelle du groupe État Islamique en Irak, aujourd’hui pionnière de lutte contre la violence sexuelle au Moyen Orient.

Source: http://www.mediacongo.net/

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