Production nationale : l’État veut se réapproprier les terres agricoles inexploitées

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Le gouvernement vient d’annoncer officiellement aux conservateurs des titres fonciers de Kinshasa son intention de récupérer systématiquement toutes les concessions terriennes non exploitées ou pas suffisamment exploitées. « Attention à une forme déguisée de zaïrianisation bis », a mis en garde un analyste interrogé par la rédaction. Cette politique des années 1970 a eu des conséquences néfastes sur l’économie nationale.

Le dernier doute vient enfin de se dissiper. Le gouvernement par le truchement du ministre des Affaires foncières, Lumeya Dhu-Malengi, a clarifié sa position sur le sort des vastes concessions inexploitées. L’État est décidé à mettre tout en oeuvre pour les récupérer. Des équipes seront déployées sur le terrain à cet effet. « Toutes les terres agricoles non mises en valeur seront récupérées », a-t-il expliqué. L’autorité foncière en a profité également pour évoquer l’ampleur du problème dans les villages. Sur ce point, il faut faire remarquer que plusieurs études antérieures ont conforté la thèse paradoxale d’un manque d’espaces arables dans un pays qui dispose pourtant des vastes étendues qui se prêtent bien à une agriculture à grande échelle. « Des grandes concessions distribuées empêchent de lancer des projets. Actuellement, elles sont vides ». Il est impossible aux cultivateurs intéressés d’y mener les activités de production, a-t-il martelé. Alors il faut songer à appliquer des mesures plus strictes dans le cadre d’une politique d’assainissement foncier.

Vraisemblablement, un bras de fer se dessine à l’horizon entre l’État et les propriétaires qui ne sont pas prêts à céder un seul centimètre. Dans un rapport émanant du secteur privé, il y a eu une série de critiques sur la gestion calamiteuse du foncier par l’État lui-même. En filigranne, le phénomène de superposition des titres de propriété sur les terres agricoles est porté à l’attention du public. Certes, pour le secteur privé, l’une de solutions durables est d’arriver à sécuriser l’accès des terres aux paysans et petits agriculteurs. Mais pour y parvenir, il faut encourager d’abord l’élaboration d’un plan d’aménagement des terres agricoles et réserver des espaces pour les petites exploitants. Il s’agit d’une action à envisager sur le moyen terme par le gouvernement pour arriver à sécuriser effectivement les terres agricoles du pays.

Lors d’un festival sur l’agriculture et l’alimentation en novembre 2016 à Kinshasa, au moins 3 000 représentants du monde paysan ont réaffirmé l’importance de l’agriculture familiale pour développer le secteur en RDC. Par ailleurs, ils ont manifesté leur détermination à lutter plus activement contre la confiscation des terres agricoles en RDC. Autrement dit, la relance de cette question par l’État va contribuer à relancer également un vif débat dont le dénouement reste incertain du fait que chaque partie campe sur sa position.

Source : adiac-congo.com

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