Processus électoral : l’heure de vérité a sonné

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La convocation officielle de l’électorat, le 23 juin, a donné lieu à l’ouverture des bureaux de réception et traitement des candidatures des députés provinciaux le jour d’après. L’opération,  à en croire la Commission électorale nationale indépendante (Céni), s’étalera du 24 juin au 8 juillet.

Le processus électoral en RDC vient d’amorcer un virage décisif avec la convocation du corps électoral en prévision des élections provinciales. Déjà, le lendemain dans la matinée, près de cent soixante et onze Bureaux de réception et traitement des candidatures (BRTC) avaient ouvert leurs portes sur toute l’étendue du territoire national pour recevoir les premiers candidats à la députation provinciale. Pour cette première journée  du 24 juin, l’engouement n’était pas au rendez-vous. Les agents de la Céni commis à cette tâche ont dû tourner les pouces dans plusieurs BRTC, en attente des éventuels postulants. Les quelques rares qui ont effectué le déplacement vers ces sites étaient venus pour retirer les formulaires et s’imprégner des modalités de dépôt des candidatures.  

Les membres des partis, des regroupements politiques ou encore les indépendants étaient aperçus dans quelques BRTC, notamment à Kinshasa où ils passaient des bonnes minutes à conférer avec le personnel de la Céni auprès duquel ils recevaient des explications sur la façon de remplir les formulaires et de constituer les dossiers. Ils s’en sortaient munis d’un guide qui explicite toute la procédure y relative. Les candidats ont quinze jours francs (soit du 24 juin au 8 juillet) pour se faire enregistrer. Au dépôt de la candidature, le postulant est censé d’être muni du bordereau attestant le paiement à la DGRAD de sa caution d’un million FC (environ six cent dix dollars) par siège pourvu. Toutefois, l’option a été levée pour que les candidats autrefois inscrits sur les listes provisoires et qui avaient versé leurs cautions pour les provinciales non organisées en 2015 soient remboursés par la Céni. Par contre, tous les nouveaux candidats devront se conformer scrupuleusement à la nouvelle loi électorale.

Si à la majorité présidentielle l’on se félicite de ce développement qui booste la dynamique électorale en la replaçant sur orbite, tel n’est pas le cas à l’opposition où la tendance est plutôt à la prudence. La plupart des partis et regroupements politiques de cette obédience se disent prêts à déposer leurs listes des candidats aux BRTC mais émettent quelques préalables. C’est notamment le cas de l’UDPS/Tshisekedi qui exhorte la Céni à clarifier la question de la machine à voter et à apporter les correctifs nécessaires au fichier électoral corrompu tel que recommandé à la suite de l’audit effectué par l’Organisation internationale de la Francophonie. « Nous n’irons pas aux élections pour cautionner la fraude. Joseph Kabila veut nous amener à des élections où sa famille politique sort déjà gagnante d’avance avant même le scrutin », a déclaré le secrétaire général de l’UDPS, Jean Marc Kabund.  

Même son de cloche du côté de la plate-forme « Ensemble pour le changement » qui soutient la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle. Ce regroupement politique croit encore à l’accord du 31 décembre 2016 qui devra régler, selon lui, la situation de son candidat à la présidence tout en émettant des réserves quant à la vraie volonté du pouvoir en place à organiser les élections en décembre de cette année. Toutefois, d’après son secrétaire général adjoint, la plate-forme est prête pour présenter ses candidatures à la députation provinciale mais elle exige des assurances de la part de la Céni pour qu’elle intègre totalement le processus d’enregistrement.    

Légendes et crédits photo : 

Un électeur dans un bureau de vote

Source : http://www.adiac-congo.com/

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