Processus électoral : 70 organisations de la Société civile interpellent la CENI

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Dans une déclaration rendue publique le jeudi 14 juin, au cours d’un point de presse tenu dans la salle Père Boka du Centre pour l’action sociale (CEPAS), ces organisations indiquent que l’organisation des élections telle que prévue dans le calendrier rendu public par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ne doit connaître aucun report. En cas de non organisation de la présidentielle au 23 décembre tel que prévu par la Céni, il faudrait mettre en place une transition sans Joseph Kabila.

Les organisateurs, dont Jean Claude Katende de l’association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho) et Alain Nzadi du Centre pour l’action sociale (Cepas), après avoir analysé les causes, évalué les possibles conséquences et envisagé les solutions de sortie les plus viables pour le pays, ont convenu d’une approche consensuelle qui, selon eux, fera évoluer la nation congolaise vers des élections crédibles pouvant permettre une alternance pacifique et mettra un terme à une crise qui n’a que trop duré.

Pour la Société civile de la RDC, le peuple congolais doit se réapproprier son destin en pesant de son poids sur le processus électoral en cours pour que celui-ci se déroule de la manière la plus transparente et crédible possible et qu’il aboutisse au choix des personnalités qui pourront véritablement prendre en compte ses aspirations profondes.

Dans sa déclaration, la Société civile de la RDC exige le respect de tous les termes de l’accord de la Saint Sylvestre notamment en matière de transparence, du cadre légal, de la confiance ainsi que de la sécurité.

Rassurer les parties prenantes
 
En matière de transparence, la société civile recommande entre autres que «  la Céni publie, dans les formats accessibles aux populations, la cartographie des bureaux de vote avec le nombre d’électeurs y inscrits afin de rassurer toutes les parties prenantes ». Elle exige également de la Céni qu’elle élimine du fichier électoral tous les cas d’irrégularité décelés par l’audit conduit par l’Organisation internationale de la francophonie. Quant au cadre légal, à la confiance ainsi qu’à la sécurité, la société civile recommande au parlement d’envisager la révision de la loi portant répartition des sièges en mode d’urgence, compte tenu des irrégularités constatées dans la constitution du fichier électoral. Elle exige du gouvernement la mise en œuvre avant dépôt des candidatures, de toutes les mesures de décrispation politique contenues dans l’accord de la Saint Sylvestre, notamment celle relative à la libération des prisonniers politiques.

« Le comportement des acteurs politiques membres de la Majorité présidentielle au pouvoir, de certains membres de l’opposition et de la Céni, caractérisé par la multiplication d’embûches contre l’organisation des élections libres, transparentes et apaisées, tendant à renvoyer continuellement la tenue de celles-ci, n’est pas de nature à susciter la confiance de l’opposition ni de la Société civile dans le processus électoral en cours. Ce comportement fait douter de la volonté du chef de l’Etat et de sa famille politique à faciliter la tenue effective des élections crédibles », a fait remarquer le directeur général du Cepas, Alain Nzadi.

Accentuer la surveillance

Compte tenu de toutes ces embûches, les 70 Ong membres de la société civile décident de se mobiliser pour accentuer la surveillance du processus électoral en cours, notamment en tirant la sonnette d’alarme à chaque entorse dans la mise en œuvre des activités prévues par le calendrier électoral qu’elle évaluera à chacun des jalons qu’elle a positionnés. La mobilisation consistera également à dénoncer toutes les initiatives ayant pour objectif la prise en otage du processus électoral et à mener des actions pour y faire échec.
La société civile compte amorcer la mise en œuvre d’actions nécessaires à la mise en place d’une Transition sans le président Kabila (TSK), si l’une de lignes rouges qu’elle a définies est franchie ou si au 23 décembre aucune élection n’est organisée.
 
Rappelons que les élections, obligation constitutionnelle, n’ont pas été organisées en décembre 2016 notamment à cause du manque de moyens financiers qui devaient être mis à la disposition de la Céni, ni en décembre 2017 pour honorer les signatures apposées sur l’accord de la Saint Sylvestre. Parmi les responsables de cette défaillance, la société civile met en cause les institutions en place, notamment le président de la république, le gouvernement et le parlement.

Source: http://www.mediacongo.net/

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