Prisonniers politiques: de Mobutu à Kabila, la même galère

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16 septembre 1993, Amnesty International publie un rapport accablant sur la situation au Zaïre, intitulé: « La violence contre la démocratie ». 34 pages décrivant une violence inouïe contre les militants des droits de l’homme et les opposants politiques ou plus au moins toute personne qui ose lever la voix contre le règne autoritaire du président Mobutu.

« Le Zaïre (Congo-Léopoldville jusqu’en 1971, dont la capitale, Léopoldville, a alors pris le nom de Kinshasa) connaît sa plus grave crise des droits de l’homme depuis que la guerre civile a cessé au début des années 60« , affirme ce document dont POLITICO.CD s’est procuré une copie dès son introduction.

Il détaille tour à tour les emprisonnements, les tortures de militants et mêmes les assassinats. « Des civils, partisans de l’opposition, parmi lesquels des membres de son principal parti, l’Union pour la démocratie et le progrès social (USDP), ont été arrêtés et torturés pendant leur détention. Des membres des forces de sécurité soupçonnés de sympathies envers l’opposition ont été eux aussi arrêtés et traités de façon encore plus brutale. La plupart ont été incarcérés dans des centres de détention secrets où ils ont été torturés, violés et soumis à d’autres formes de traitement cruel, inhumain ou dégradant ; certains ont été tués pendant leur détention, d’autres ont « disparu ». Des dizaines de cas de prisonniers morts d’inanition ou faute de soins médicaux ont été signalés », détaille ce rapport à lire ci-dessous.

 

La violence contre la démocratie

20 ans plus tard, la même organisation internationale de défense des droits de l’homme publie un autre rapport sur la situation en RDC, où les mots et les phrases sont presque identiques à l’époque Mobutu. Dans ce rapport de 2016-2017, seuls les noms de personnes et le contexte changent.

« L’élection présidentielle s’est déroulée dans un climat de violence et de polémique. Des opposants politiques ont été placés en détention pour avoir critiqué pacifiquement le déroulement du scrutin. Les forces de sécurité ont eu recours à une force excessive et parfois à la torture pour réfréner la dissidence. Une nouvelle loi restreignant encore davantage l’espace dont disposaient les organisations de la société civile a été adoptée« , renseigne-t-elle en introduction. (A lire ici en PDF, page 371)

Malgré la signature de l’accord du 31 décembre et les mesures de description réclamées, des opposants politiques, dont certains gravement malades, restent toujours emprisonnés. La situation politique et économique du pays non plus n’a véritablement changé, encore moins celle des droits de l’homme. 20 ans après, l’ombre de Mobutu plane toujours sur le Congo.

Source : Politico CD

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