Primature : Qui succédera à Samy Badibanga ?

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Parmi les prétendants sérieux au poste, l’on cite, entre autres, Félix Tshisekedi, Roger Lumbala, Raphaël Katebe Katoto, Valentin Mubake et Bruno Tshibala.

Qui succédera à Samy Badibanga à la tête de la primature ? La question taraude bien les esprits à cet instant où le sort de l‘actuel gouvernement est déjà scellé après que le chef de l’Etat a solennellement annoncé la nomination d’un nouveau Premier ministre dans quarante-huit heures. De quoi alimenter les spéculations sur la personne sur qui Joseph Kabila jettera son dévolu. Une chose est vraie, c’est que le président de la République, en tant qu’autorité de nomination, entend faire respecter la procédure conformément à la Constitution d’où il tire son pouvoir discrétionnaire. C’est donc en vertu de cette prérogative constitutionnelle qu’il va nommer le prochain chef du gouvernement qui, si l’on s’en tient à l’esprit et à la lettre de l’accord du 31 décembre, est censé sortir des rangs du Rassemblement de l’opposition. Là-dessus, certaines langues font savoir que le chef de l’Etat est sorti de l’accord de la Saint Sylvestre en prenant l‘engagement de nommer le Premier ministre sans l’arrangement particulier sur les modalités liées à sa mise en œuvre. L’absence de consensus sur cette question risquerait de mettre en mal le pays qui ne serait pas sorti de l’auberge.    

À l’UDPS, on parle d’un coup de théâtre étant entendu que la démarche présidentielle foule l’accord du 31 décembre qui, d’après ce parti politique, est la meilleure voie déjà tracée et acceptée par tout le monde. À la majorité présidentielle par contre, on félicite le chef de l‘Etat d’avoir pris ses responsabilités régaliennes en coupant court aux polémiques stériles d’une opposition en perte de repères. La mouvance « kabiliste » invite les acteurs politiques à saisir l‘importance du processus électoral et à adhérer au schéma proposé par le chef de l’Etat qui ne vise qu’à tirer le pays de l’impasse actuelle.

Si le chef de l’Etat reste dans le contexte de l’accord, il est fort probable qu’il cherchera l’oiseau rare au sein du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement qu’il a, du reste, invité à surmonter ses querelles intestines pour lui proposer la liste des candidats répondant au profil requis. Un vœu pieux qui risque de ne produire aucun effet escompté lorsqu’on sait que les deux ailes du Rassemblement ne sont pas prêtes à fumer le calumet de la paix. D’un côté, Joseph Oleghankoy et ses compères de la dissidence continuent à se prévaloir d’une certaine légalité leur garantit par les textes fondateurs de la plate-forme, et de l’autre, le tandem Félix Tshisekedi-Pierre Lumbi brandissant une légitimité et un ancrage sociopolitique. Ayant boudé les consultations initiées par Joseph Kabila en début de semaine, le Rassop (aile Félix Tshisekedi) aura laissé un vaste couloir dans lequel s’est engouffré la branche dissidente qui a répondu favorablement à l’invitation du président de la République.

Opportuniste et réaliste, l’aile Olenghankoy s’est adjugé le statut d’interlocuteur privilégié vis-à-vis du chef de l’Etat qui a apprécié à sa juste valeur cette flexibilité digne de grands esprits. Dans la ville haute, il se susurre que le prochain Premier ministre viendra probablement de cette frange de l’opposition qui, par ailleurs, a déjà transmis au chef de l’Etat les cinq noms de candidats Premiers ministres. Il s’agit de Félix Tshisekedi, Roger Lumbala, Raphaël Katebe Katoto, Valentin Mubake et Bruno Tshibala. En reprenant sur sa liste le nom de Félix Tshisekedi tout en sachant qu’il représente une aile antagoniste, Joseph olenghankoy s’est mis dans la peau du « vrai » président de la plate-forme dans sa version initiale faisant ainsi fi des tensions internes qui ont cours dans la Plate-forme. Joseph Kabila poussera-t-il l’outrecuidance à l’extrême jusqu’à nommer le fils Tshisekedi contre son gré ? That’s the question.

Il y a aussi la donne Valentin Mubake, cadre de l’UDPS et fidèle lieutenant d’Etienne Tshisekedi qui a pris de court ses pairs du Rassop (aile Félix Tshisekedi) en répondant à l‘invitation du chef de l’Etat. Prétendant sérieux, il pourrait peser sur la balance et déjouer les pronostics après son exclusion de l’UDPS. Entre-temps, Raphaël Katebe Katoto et Bruno Tshibala (également exclu du parti), sont en embuscade, prêts à mordre à l’hameçon.

Aux dernières nouvelles, l’on a noté une évolution dans le chef de Félix Tshisekedi et ses amis qui, finalement, ont accepté de rencontrer Joseph Kabila, à vingt quatre-heures de la nomination du Premier ministre. « Nous attendons que le président Kabila donne suite à la demande d’audience du président du Rassemblement pour discuter de la question du Premier ministre », a révélé un cadre de cette frange de l’opposition. Un forcing de dernière minute qui risque de se terminer en eau de boudin si les intéressés demeurent dans leur logique de ne présenter qu’un seul nom de candidat Premier ministre au président de la République.  D’où les appels à l’humilité et au dépassement adressés à Félix Tshisekedi et à ses compères dont la flexibilité, au nom de la paix, éviterait à coup sûr au pays de sombrer dans une zone de turbulence.      

Source : adiac-congo.com

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