Présidentielle: même unie, l’opposition n’a aucune chance tant que la problématique du fichier électoral et de la machine à voter n’est pas résolue

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Alors que le scepticisme était presque de mise sur la volonté de l’opposition congolaise à présenter une candidature unique à la présidentielle du 23 décembre prochain, elle vient de faire bonne impression.

En effet, en organisant un meeting, le samedi 29 septembre dernier, qui a drainé foule, avec en ligne de mire la désignation d’un candidat unique pour cette course à la succession de Joseph Kabila, on peut penser qu’elle est en train de prendre la mesure du danger en allant en rangs dispersés.

On le sait, parmi la vingtaine de candidats dans les starting-blocks pour la conquête du fauteuil du palais de la Nation, il y en a trois qui font figure de favoris : Emmanuel Ramazani Shadary (dauphin du président Joseph Kabila, le président du parti historique d’opposition UDPS, Félix Tshisekedi, et l’ex-président de l’Assemblée nationale devenu opposant, Vital Kamerhe.

Il s’agit donc des deux opposants les plus en vue, après Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi, officiellement disqualifiés, et le candidat de la majorité. Et on a affaire à un scrutin présidentiel à un seul tour qui se joue à la majorité simple. C’est dire que si l’opposition tient à imposer l’alternance en RDC, elle n’a pas d’autre choix que de faire front commun autour d’un seul et unique candidat.

C’est là tout l’intérêt du meeting de samedi dernier. Et il peut avoir des motifs de satisfaction d’autant que les deux opposants autorisés à compétir à cette course présidentielle ainsi que les deux les plus emblématiques qui en ont été empêchés, à savoir Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi qui sont intervenu à partir de l’extérieur, ont tous exprimé la nécessité d’une candidature unique.

La difficulté autour d’un candidat commun

Cela dit, il reste que le plus difficile sera de trouver le consensus autour de la personne qui va porter le maillot officiel de l’opposition pour aller affronter le candidat du parti au pouvoir. Une chose est d’afficher sa volonté, une autre est de la réaliser. Si bien que certains préfèrent être comme Saint-Thomas, c’est-à-dire, voir avant de croire.

En tout cas, ce sera la manche la plus dure pour cette opposition d’autant qu’entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, le choix risque d’aboutir à des querelles byzantines. En effet, si certains voient en l’expérience de Vital Kamerhe qui est passé du pouvoir à l’opposition, une carte à jouer, pour d’autres, il a tellement trempé ses barbiches et sa barbe dans les râteliers du pouvoir qu’il ne serait plus crédible.

De l’avis d’autres analystes, Félix Tshisékédi est celui qui incarne le vrai changement. Surtout qu’il ne s’est pas compromis dans la gestion de la chose publique. A tout le moins, ce sont les recalés, Jean Pierre Bemba et Moïse Katumbi qui détiennent la clé de la solution. Faiseurs de roi ils sont en mesure d’influer sur le choix du candidat unique.

La CENCO pourrait aussi jouer un grand rôle de rassembleur de l’opposition en l’aidant à de désigner un seul gladiateur de taille pour affronter le candidat du pouvoir dans l’arène. Un candidat unique, c’est la seule alternative crédible pour espérer battre le candidat du pouvoir qui va non seulement avec les faveurs des pronostics, en raison de la force de frappe de son parrain de président, mais aussi en raison du soutien de plusieurs regroupements politiques.

Cependant, de nombreux indices montrent qu’il ne s’agit pas seulement pour l’opposition de s’unir pour rafler la mise à cette élection présidentielle. Même unie, elle n’a aucune chance tant que la problématique du fichier électoral et de la machine à « voler » n’est pas résolue. Et elle le sait bien.

D’autant qu’elle l’a relevé au meeting du 29 septembre en demandant le nettoyage du fichier électoral et en dénonçant les machines à voter qui lui apparaissent comme des « machines à voler ». Ces machines à voter, les contempteurs de Kabila les présentent d’ores et déjà comme la plus grande arnaque à venir de cette élection.

En tout état de cause, il appartient au peuple congolais en lutte, de savoir qu’avec le renoncement du président Kabila à briguer un troisième mandat, il a certes gagné une bataille mais pas encore la guerre. Et la lutte pour la démocratie semble encore parsemée d’embûches qu’il devra s’employer à dessoucher méthodiquement, au risque de continuer à être prisonnier de la galaxie Kabila.

Source: http://www.mediacongo.net/

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