Présidentielle : l’incroyable pari gagnant de Macron

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A 39 ans, Emmanuel Macron, inconnu au bataillon politique il n’y a même pas trois ans, devient le plus jeune président de la République après avoir créé de toutes pièces son mouvement.

65%, ce n’est certes pas un raz-de-marée comparable à la victoire de Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen en 2002 – 82% pour Chirac. Tant s’en faut. Mais personne n’attendait une réédition de cette première finale présidentielle avec l’extrême-droite en finale : d’abord, parce que le FN a bien changé, la fille n’est pas le père. Ses idées, et sa présence à un niveau élevé dans tous les scrutins se sont banalisées. Ensuite, et surtout, il n’y a pas eu cette fois de front républicain derrière le candidat « républicain », Emmanuel Macron. Bien au contraire, le refus de s’engager de Jean-Luc Mélenchon, quatrième homme avec 7 millions d’électeurs au 1er tour, a pesé à l’évidence.  

Les résultats du second tour de la présidentielle

Reste l’extraordinaire pari réussi du jeune candidat d’En Marche ! A 39 ans, ce nouveau-venu, inconnu au bataillon politique il y n’a même pas trois ans, devient le plus jeune président de la République après avoir créé de toutes pièces son mouvement il y a un an tout juste. Voilà qui en dit long sur la soif de renouvellement en politique. Les Français veulent de nouveaux visages, de nouvelles pratiques. Dans cette longue présidentielle aux allures de chamboule-tout, ils ont « dégagé » deux présidents – Sarkozy et Hollande – et trois Premiers ministres – Juppé, Valls et Fillon.

Le Pen rate la marche

La patronne du Front national n’a pas réussi à briser le plafond de verre. Mais elle aura une fois de plus, après les 7 millions de suffrages du 1er tour, établi un record de voix pour le parti d’extrême-droite. En clair, le FN paraît durablement installé comme deuxième force politique dans le paysage national. Du coup, se reposera invitablement la question de sa juste représentation au sein de l’Assemblée nationale, à l’occasion des législatives de juin (avec l’actuel mode de scrutin ils auront du mal à dépasser la trentaine ou la quarantaine de députés).

Mais au-delà de la défaite dans la course à l’Elysée, ce scrutin marque aussi un revers personnel pour Marine Le Pen. Celle-ci bénéficait d’une conjonction exceptionnelle de facteurs favorables : les succès du Brexit en Grande-Bretagne et l’élection de Trump aux Etats-Unis, la montée des populismes un peu partout en Europe, la colère et parfois même l’angoisse des Français face à la mondialisation, au chômage, à la précarisation menaçante.

Contrairement à son père il y a 15 ans, qui ne s’était pas préparé à prendre un pouvoir dont en réalité il ne voulait pas, Marine Le Pen avait travaillé -gagnant notamment du terrain chez les fonctionnaires -, élaboré un programme et une stratégie. La fameuse stratégie d’apaisement, destinée à élargir son électorat. Ainsi avait-elle rayé de ses affiches son patronyme et le sigle d’un parti dont elle a quitté provisoirement la présidence. Las, sa piteuse prestation au débat d’entre-deux-tours, où elle est apparue tout sauf présidentielle, aura mis à bas ses chances de réaliser un « gros » score, au-dessus de 40%.

Une forte abstention

D’évidence, nombre d’insoumis et d’électeurs de droite, et plus encore fillonistes, ne se sont pas retrouvés dans l’offre politique de cette finale. C’est aussi le reflet d’une France fracturée. Non pas entre gauche et droite, plutôt entre souverainistes et européistes, entre une France qui souffre et une France plus à l’aise dans la compétition économique, une France urbaine et une France non pas seulement rurale mais péri-urbaine, ou périphérique – dans tous les sens du terme.

Une certitude, pour le président Macron c’est maintenant que le plus difficile commence. D’abord en s’assurant d’une majorité à l’issue des législatives, ce qui apparaît ce soir une gageure : il n’a pas de parti, mise beaucoup sur le renouvellement en faisant appel à nombre de candidats issus de la société civile. Même si les Français ont l’habitude à ces élections de confirmer et d’amplifier leur vote de la présidentielle, une cohabitation n’est pas à exclure. C’est toute la stratégie des Républicains menés par François Baroin; Ensuite, le président devra apaiser ses compatriotes, leur redonner confiance et espoir. C’est un impératif.

 

VIDEO. Présidentielle : l’incroyable pari gagnant de Macron

 

Source : Media Congo

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