Présidentielle : la Céni en désaccord avec les candidats sur la machine à voter

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Les postulants à la magistrature suprême ayant pris part à la réunion du 10 octobre avec le bureau de la Centrale électorale ont estimé qu’il faut, au préalable, répondre à la question de savoir si le vote électronique proposé pour les scrutins du 23 décembre était une décision légale, avant de chercher à examiner sa fiabilité sur le plan technique.

La deuxième réunion convoquée par le bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) pour échanger avec les vingt- et- un candidats à la présidentielle de décembre risque d’être la toute dernière.

En effet, l’atmosphère pesante et délétère ayant émaillé la rencontre du 10 octobre, au siège de la Centrale électorale, n’augure pas une continuité de ce cadre d’échange, dont le mérite est de mettre sur table tous les points de divergence en rapport avec le processus électoral, quitte à trouver un modus vivendi qui satisfasse les deux parties. Pour cette réunion voulue technique avec, au centre des discussions, la machine à voter, la Céni avait exigé que les candidats à la présidentielle soient accompagnés de leurs experts, afin de tirer au clair certains détails liés notamment à l’utilisation de cet outil électoral.

Si certains – moins nombreux -se sont conformés à cette exigence de la Céni, la plupart se sont présentés seuls pendant que d’autres ont carrément boudé la rencontre, à l’image de Marie-José Ifoku qui a justifié son absence par le fait que « rien de ce qui a été dit lors de la précédente réunion n’a changé ». Du retrait de la machine à voter au traitement équitable des candidats en passant par la diffusion de leurs éléments sur la chaîne nationale et tant d’autres exigences formulées lors de la première réunion, rien n’a été pris en compte, a-t-elle déploré. Nonobstant l’absence remarquée de cette unique femme à avoir postulé à la magistrature suprême, la rencontre a néanmoins eu lieu. Elle s’est articulée principalement autour de la légalité de l’utilisation de la machine à voter, selon le vœu exprimé par les candidats d’obédience de l’opposition. Une orientation que Corneille Naanga, du reste minorisé, était tenu d’acquiescer, lui qui voulait à ce qu’il soit plutôt procédé à la vérification des aspects techniques de cette machine.  

Aucune disposition de la Constitution, encore moins de la loi électorale ne prévoit l’utilisation de la machine à voter, ont constaté les candidats à la présidentielle avant de solliciter, séance tenante, son abandon. Dans leur argumentaire, ils ont soutenu, entre autres, que l’article 237 de la loi électorale stipule que « le mode de vote électronique ne peut être appliqué pour les élections en cours » et qu’aucun autre instrument juridique, même pas la Constitution, ne permet à la Céni de recourir au vote électronique.  « La majorité de candidats pense qu’il faut vider la question de savoir si la machine à voter est une décision légale ou illégale avant d’examiner sa fiabilité sur le plan technique. On a discuté tout ce temps sur cette question. Nous avons dit que cette machine n’est pas légale et nous l’avons démontré. On a voulu que la Céni et nous arrivions à la conclusion de savoir si cette machine est légale ou pas », a déclaré le candidat Théodore Ngoy, qui a fait la restitution de la réunion à la presse. Et d’ajouter que la pression était telle que le président de la Céni a fini par piquer une sainte colère en tenant des propos que ses interlocuteurs ont mal digérés.

La phrase assassine de Naanga

Corneille Nangaa, a-t-il révélé, a tout simplement demandé à ceux qui ne veulent pas expérimenter la machine à voter de partir. « Ceux qui ne veulent pas de la discussion technique sur la machine à voter peuvent quitter la salle », aurait lancé, avec beaucoup d’arrogance, le président de la Céni qui, visiblement, n’aurait pas pu supporter la contradiction. Un écart de langage qui aurait poussé la quasi-totalité des candidats présents à vider la salle, excepté Gabriel Mokia et Yves Mpunga, a fait savoir Théodore Ngoy. Ils se disent être, à côté de Pierre Honoré Kazadi, des centristes et prêts à aller aux élections quel que soit le mode de vote qui sera utilisé. Quant au candidat du Front commun pour le Congo, Emmanuel Ramazani Shadary, il avait quitté la salle quelques minutes seulement avant le début des travaux, renseigne-t-on.  

A tout prendre, la rencontre de mercredi s’est terminée en queue de poisson. Aucun compromis n’a été trouvé sur la machine à voter, encore moins sur le fichier électoral qui continue à poser problème avec l’existence des milliers d’enrôlés sans empreintes. A ce sujet, le vice-président de la Céni, Norbert Basengezi, a indiqué que la loi autorise l’enrôlement des personnes avec des empreintes illisibles et d’autres personnes en situation de handicap. « C’est aux candidats d’envoyer les témoins pour nous montrer les personnes à radier », ne cesse-t-il de marteler.  

Qu’à cela ne tienne. On est encore loin d’un consensus autour de ces deux matières qui continuent à diviser la classe politique congolaise, à moins de trois mois de la tenue des élections.  Aucune date n’a été avancée pour la prochaine réunion.

Légendes et crédits photo : 

Le bureau de la Céni lors des échanges avec les candidats à la présidentielle

Source : http://www.adiac-congo.com/

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