Présidentielle : Isiro, Bunia et Kisangani en effervescence

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La partie orientale du pays est en ébullition depuis près d’une semaine. En cause, la campagne électorale menée tambour battant par les trois candidats les plus en vue.

En attendant le candidat du Front commun pour le Congo (FCC), Ramazani Shadary, annoncé dans quelques heures à Beni-Butembo, au Nord-Kivu, après le Grand Équateur, ceux des coalitions « Lamuka » et  « Cap pour le changement » ont déjà réussi à filtrer avec la population locale. L’enseignement qu’on peut tirer au stade actuel de la campagne que mènent Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, dans la partie orientale du pays, c’est que les deux leaders politiques jouissent d’un ancrage sociologique à  ne pas minimiser. Chacun de son côté continue à drainer du monde dans ses meetings, preuve que le peuple a besoin du changement qui passerait inévitablement par la sanction à infliger, dans l’urne, aux dirigeants actuels.

Alors qu’on ne l’attendait presque pas, Martin Fayulu, dont les circonstances ont placé au-devant de la scène après le fiasco de l’accord de Genève qui l’a investi, contre toute attente, candidat commun d’une frange de l’opposition, est en train de tisser sa toile. Soutenus par ses pairs de Lamuka dont Moïse Katumbi, Jean Pierre Bemba, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito, l’homme prend une envergure nationale. En témoigne la marée humaine qui, à chaque fois, accueille son cortège. Ayant mis le cap cette fois-ci dans la province de Haut Uélé, précisément à Isiro, en provenance de Bunia, en Ituri, Martin Fayulu que la population de Kisangani (Tshopo) attend fièvreusement dans les prochaines heures, surprend par la communion qu’il établit entre lui et ses potentiels électeurs. Du désenclavement de ces provinces au phénomène Mbororo et LRA qu’il promet d’éradiquer en passant par l’électricité, le tourisme, la création d’emplois, la lutte contre la corruption, la pauvreté et l’analphabétisme, etc., le candidat de Lamuka ne manque pas d’arguments pour séduire. Son crédo sur le rejet de la machine à voter se présente, par ailleurs, comme appendice à son discours de campagne dont la cible est le bilan du pouvoir kabiliste.

À l’instar de Lamuka, la coalition  « Fatshivit » fait aussi parler d’elle dans cette partie du pays. Après Uvira, le tandem  Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, respectivement candidat président de la République et directeur de campagne, a effectué, le 8 décembre, une virée quasi improvisée dans l’île d’Idjwi avant de se rendre en territoires de Kabare et Walungu. Ce, avant de s’envoler pour Isiro et Bunia, dans la province de l’Ituri. Un peu partout, depuis qu’il a mis pied dans le Grand Kivu,  le tandem Fatshivit ne cesse de glaner du monde. Dans leur discours, les deux leaders insistent sur la surveillance électorale, pour lutter contre la tricherie tout en invitant la population locale à ne quitter les bureaux de vote, le 23 décembre, qu’après l’obtention par des témoins des procès verbaux. C’est là où, pensent-ils, réside la clé de la réussite électorale.

Des mouvements de foule ont également été observés dans le Grand Équateur où le candidat du FCC, Emmanuel Ramazani Shadary, est en passe de boucler son itinérance. À Mbandaka, Gbadolite, Boende, Lisala, Gemena et ailleurs, le dauphin de Joseph Kabila a donné une perspective aux habitants de ce coin du pays en déclinant leurs attentes et les réponses qu’il entend y apporter une fois élu. La ferveur populaire et l’engouement étaient à la hauteur des espoirs suscités. De la gratuité de l’enseignement primaire à la suppression des frais connexes pour les étudiants en passant par la réhabilitation du barrage Mobayi Mbongo et de plusieurs ouvrages historiques du chef-lieu de la province, sans oublier la solution à apporter à la problématique des éleveurs Mbororo, Ramazani Shadary avait réponse à tout. En somme, le candidat n° 13 s’est gardé de verser dans la démagogie en promettant ce qu’il ne peut réaliser.

À tout prendre, les trois candidats à la présidentielle les plus en vue pendant cette période de  campagne tirent bien leur épingle du jeu.  Il n’y a pas un seul endroit où ils sont passés sans être accueillis chaleureusement par la population. Si la foule fait partie de l’ADN même de toute campagne électorale, la grande épreuve consistera à formaliser ces présomptions de popularité en amenant les électeurs à concrétiser leur élan de sympathie dans l’urne le jour du vote. Ceci est une autre paire de manche lorsqu’on sait que des motivations bassement matérielles aux mobiles conjoncturels ainsi que des considérations paroissiales du genre ethnicité sous-tendent souvent les campagnes électorales en Afrique.       

 

 

Source : http://www.adiac-congo.com/

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