Présidentielle Française : la sévère défaite de Marine Le Pen

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La candidate FN, qui a recueilli dimanche près de dix millions de voix, a été très largement battue par son adversaire.

« C’est pas grave. On a cinq ans pour convaincre les 15 % de crétins qui n’ont pas voté pour nous ! » Axel Loustau, élu au conseil régional d’Ile-de-France, ami intime de Marine Le Pen et ancien du GUD (un syndicat étudiant d’extrême droite), a bien du mal à masquer sa déception, voire son exaspération. Il est 20 heures et les résultats viennent de tomber sur les écrans de télévision disséminés dans les salons huppés du Chalet du lac, un petit pavillon niché dans le bois de Vincennes (Paris XIIe).

Rien à voir avec le soulagement qui avait accueilli la qualification de la candidate pour le second tour il y a deux semaines à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Lorsque le score de leur championne apparaît à l’écran (33,94 %), les visages des frontistes se crispent. Les yeux rivés à l’écran, Gilbert Collard, député du Gard sous l’étiquette Rassemblement Bleu Marine, reste coi.

Présidentielle Française : la sévère défaite de Marine Le Pen

Des partisans de Marine Le Pen à l’annonce de sa défaite à la présidentielle face à Emmanuel Macron, le 7 mai 2017 à Paris (© AFP/Alain Jocard)

 

Et pour cause, quelques minutes avant l’annonce des résultats, les cadres tablaient encore sur un score flirtant avec les 40 %… Quelques secondes de flottements et puis une « Marseillaise » est entonnée timidement par les militants, qui arborent tous une fausse rose de couleur bleue. « On va quand même boire un coup, mais ce n’est pas terrible », se désole Florian, 24 ans, qui a toujours voté pour le FN.

« Une réelle dynamique entre les deux tours »

Comme lui, ils sont quelques centaines, plutôt chics, vêtus de robes ou de costumes élégants, à participer à cette soirée sous (très) haute surveillance. Loin, très loin de l’image habituelle — et plutôt populaire — des soutiens du FN. Il est vrai que pour entrer il fallait montrer patte blanche : seuls les invités, triés sur le volet, pouvaient franchir les portes de sécurité. Et de nombreux médias — de Rue 89 à Mediapart, en passant par « la Voix du Nord » ou « Quotidien » — se sont vu interdire l’accès.

Officiellement pour des raisons de sécurité. « Libération », « le Monde », « les Inrocks » et « l’Obs » ont, par mesure de protestation, décidé de boycotter cette soirée électorale. De quoi susciter l’ironie de Stéphane Ravier, le maire du VIIe arrondissement de Marseille : « Ils ne sont pas là ? Ah, je me disais aussi que l’air était plus respirable que d’habitude », lâche-t-il, mettant ainsi le doigt sur les rapports difficiles, pour ne pas dire conflictuels, que le parti d’extrême droite entretient avec les journalistes.

Source : Media Congo

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