Près de trois décennies après sa disparition : La guitare, la voix et la musique de Franco Luambo continuent à défier les époques

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Depuis la mort de François  Dieudonné  Luambo  Makiadi  dit « Franco le Grand Maître »  en 1989  à  Namur ( Belgique), sa musique , sa guitare , sa voix  n’ont jamais quitté la scène congolaise,  marquée par son immense  héritage artistique,  qui continue à défier les temps et les époques , à captiver  et à susciter des débats.

La longue discographie de ce griot et peintre émérite de la musique congolaise  s’élève à  150 albums  enregistrés  dénombrés par  « Sonodisc »,  des centaines de disques  78 tours , ainsi que  des microsillons  45 tours, réalisés aux éditions  « Loningisa », « Surboum African Jazz », « Cefa », « Epanza Makita » et « Boma bango ». Lit-on  dans l’ouvrage « Franco l’Immortel ». Dans ses œuvres ,  l’artiste  a  diversifié  les styles :  la Rumba congolaise  Odemba,  le boléro, le calypso, le cha cha cha,  l’afro cubain, le folklore kongo, mbunza,  mongo  et même Zombo d’Angola.

Une histoire   intimement  liées  à son orchestre « TP  OK Jazz » avec des talentueux  chanteurs survivants  de  la  « marque TP  OK  Jazz »  tels le  Michel  Boyibanda (Brazzaville) ,   Diato  Lukoki,  Blaise  Mayanda  dit  Wuta  Mayi (chanteur de 1974 à 1972) ,   Josky  Kiambukuta  et le Brazzavillois  Youlou Mabiala  (  convalescents) , Sam Mangwana  Mwana  NDjoku  (dans l’OK Jazz  dès 1972) .

On se souviendra de  Checain , Ndombe  Opetum , Joe Mpoyi  Kaninda,  Jean de Dieu  dit « Madilu  System »  (dernière trouvaille de Franco qui a su interpréter ses œuvres) ,  des guitaristes  tels Lutumba  Simaro Masiya,  auteur compositeur l’un des fidèles des fidèles , Dizzy  Madjeku  Lengo  (co- soliste   de Luambo  fit  son entrée en  1982,  Antoine Nedule dit « Papa Noel » et tant d’autres…

Elevé à la dignité  de Commandeur de l’Ordre National du Léopard,  Franco a su s’imposer sur les scènes européennes  et a obtenu plusieurs disques d’Or et Maracas d’ Or au niveau international. Il a connu aussi de mauvais  souvenirs. Il a connu  la prison durant deux mois  au temps colonial, après avoir   roulé sur  un scooter « Vespa »  sur la voie publique sans permis  de conduire. Il y a aussi  ses démêlées judiciaires   après  la diffusion sur cassettes audio pirates   de deux  chansons   jugées immorales,    à savoir « Eleni »  et « Jacquie ». L’homme avait été détenu  à la prison de Makala, avant d’être libéré par grâce présidentielle.

Et si Franco  était là aujourd’hui,  s’interrogent  certains

Le 1er président de l’Union des Musiciens  du Zaïre  (actuellement  UMUCO), Luambo  Makiadi était un prophète qui réveillait les consciences. s’il a été considéré comme un dérangeur , son message  franc  et direct à travers des titres incendiaires   telles que  « Mario », « Mamu », « Très fâché », « DG », « Très impoli », « Makambo ezali minene », « 12.600 lettres »…   interpellaient    les consciences de ses auditeurs  ,  avait déclaré  l’abbé  Toto  Vangu dans son homélie prononcée lors de ses funérailles   à la Cathédrale Notre Dame du Congo.

Franco  a prouvé qu’il n’y a pas de sot métier et   même  un artiste  mérite le respect de son pays.    Les musiciens leaders d’opinion  sont    appelés à  éduquer  la société. 29 ans après la disparition de Franco provocateur et dénonciateur,   la population  congolaise  continue à s’interroger pour savoir  qui osera encore dire tout haut ce que les gens se chuchotent à l’oreille.

Source: http://www.mediacongo.net/

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