Première édition du festival de la mer : les pêcheurs échangent sur les bonnes pratiques de leur profession

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L’événement initié par l’ONG Renatura Congo a réuni, le 28 septembre dernier, au Centre d’appui à la pêche artisanale de Pointe-Noire (Capap), à la plage de Songolo vers la Raffinerie, les acteurs du domaine autour de diverses activités.

Le festival de la mer a pour objectif de célébrer la mer et de valoriser le métier de pêcheur. Sa première édition, annonçant les couleurs de la Journée internationale de la mer, célébrée le 30 septembre, a mis à l’honneur les pêcheurs artisans. L’activité patronnée par le ministère en charge de la Pêche et de l’aquaculture a été organisée en partenariat avec l’ONG La Bouée couronne, l’Association des patrons pêcheurs artisans du Congo, l’Association pour l’autopromotion des initiatives communautaires de pêche ainsi que l’ONG américaine de la protection de la vie sauvage WCS.

Cette première édition a bénéficié de l’appui de l’Union européenne. Elle a réuni les pêcheurs artisans autour de plusieurs activités dans les locaux du Capap et au niveau des stands érigés pour la circonstance. Il s’agissait notamment d’une exposition photos; d’un spectacle de musique avec l’artiste Ignace Tembé qui a sensibilisé les pêcheurs à la protection de l’environnement; une projection de film sur la pêche artisanale; un recyclage sur l’entretien et la maintenance des moteurs de pirogues. Un concours de dressage de filet a aussi été organisé. Il a été remporté par John Mavoungou, suivi de Jean Félix Goma et de Fall Mbaye. Les trois gagnants ont reçu des prix.

Les pêcheurs ont aussi échangé sur les bonnes pratiques de leur activité comme la pêche à la traîne et à la ligne; le respect des zones de pêche; de la taille des poissons (relâcher les petits poissons) et des espèces protégées; l’utilisation des feux de signalisation et également sur la sécurité en mer (port du gilet de sauvetage,  équipement du bateau, à savoir bouée de secours, téléphone, feux de signalisation, fusée d’alerte, extincteur…).

Ces échanges ont eu lieu au cours d’une conférence-débat voulue par la Bouée Couronne car le constat fait est que bon nombre de pêcheurs artisans n’ont pas de connaissances sur les bonnes pratiques de leur métier (le nombre de noyade peut en attester). «Etant donné qu’il s’agit d’une activité pratiquée de façon familiale, de père en fils, par exemple, les pêcheurs artisans apprennent sur le tas ce que les plus anciens leur transmettent et ces derniers n’ont, pour la plupart, jamais été sensibilisés ou informés de ces bonnes pratiques qui relèvent de la loi, dont tout un chacun n’est pas forcément informé », a expliqué Laurenne Poli, directrice adjointe de Renatura. Et pour ce qui est des outils de sécurité en mer, elle a indiqué qu’ au-delà du manque d’informations, c’est principalement le manque de ressources financières qui fait que les pêcheurs artisans ne sont pas équipés.

Une initiative louable

L’initiative de Renatura Congo ( qui œuvre pour la préservation de la biodiversité et pour la protection des tortues marines) a été saluée par Patricia Mokobi Ebalé, représentante du directeur départemental de la Pêche et de l’aquaculture. «Les pêcheurs artisans pratiquent une pêche dont l’impact sur l’environnement est relativement réduit, en comparaison à la pêche industrielle. Leur contribution à l’autosuffisance alimentaire est pourtant importante. Cette profession est bien souvent mal connue, voire dévalorisée. Mettre en valeur ce secteur et réfléchir avec les acteurs sur les bonnes pratiques de leur activité est la voie privilégiée pour l’émergence d’une pêche durable au Congo», a-t-elle souligné, dans son mot d’ouverture de l’activité. 

Par ailleurs, évoquant la menace et la surexploitation des espèces halieutiques, elle a appelé à leur gestion raisonnable tout en rappelant la mission de leur ministère : « Gérer raisonnablement les stocks halieutiques est notre responsabilité envers les générations à venir. Le ministère de la pêche a pour mission d’encadrer les prélèvements en mer et ainsi de contribuer à la durabilité des richesses disponibles. Pour cela, nous nous appuyons sur les acteurs locaux que sont les pêcheurs artisans». La représentante du directeur départemental de la pêche a aussi invité à une gestion durable de la mer qui a de nombreux avantages.

Les pêcheurs se sont dit satisfaits de l’événement qui, pour eux, est « une marque de considération de leur métier encore peu considéré dans le pays». Ils ont aussi souhaité la pérennisation de ce festival.

Légendes et crédits photo : 

– Une vue du site du Capap lors de la première édition du festival de la mer/ Adiac
– L’exposition photos / Adiac
– Vue d’un stand lors de la première édition du festival de la mer / Adiac

Source : http://www.adiac-congo.com/

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