Patrimoine : l’association Biso na Biso renaît de ses cendres

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Après un long moment d’atermoiement, l’organisation, assimilée à un musée musical, a repris ses activités dans un modeste siège situé dans la rue Voula, au quartier Météo, en face de l’école primaire ex-La Sorbonne, dans le premier arrondissement de Brazzaville, Makélékélé. 

L’association Biso na Biso est la seule institution qui détient le plus grand patrimoine d’archives musicales et audio en République du Congo et certainement en Afrique centrale, à en croire des témoignages d’experts locaux et internationaux. Lorsque cette association détentrice d’un patrimoine indéniable était forcé de déguerpir de son mythique siège de la rue Mère-Marie, au cœur du marché Total de Bacongo, il y a plusieurs années, aucune institution n’avait levé la voix pour prendre sa défense.

Depuis novembre 2015, l’association a repris ses activités, désormais amplifiées avec l’introduction d’autres segments, à l’instar de la conservation des disques vinyles. De la formation en informatique, en infographie, montage vidéo, en management artistique, Biso na Biso offre actuellement un espace de débat sur des sujets culturels divers, une fois le mois. Le dernier en date  est la conférence intitulée « Cuisine, tailleur et musicien », animée par le musicologue Mampouya Mam’si.

Décidé à diversifier ses activités, Biso na Biso organise, le 16 juin, à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, un événement nommé « Mon école aime aussi ma langue », avec le concours de la Commission nationale de l’Unesco, pour promouvoir les langues nationales en milieu scolaire. Une initiative pour laquelle l’institution présidée par Jean Basile Massamba souhaiterait obtenir le soutien des institutions habilités.

Témoin de l’histoire à travers la musique

C’est avec raison que certains disent de l’association Biso na Biso qu’elle est « le témoin de la culture et de la mémoire de l’histoire musicale africaine et de la diaspora ». De fait, on y trouve des disques d’artistes congolais des deux rives, d’artistes de toute l’Afrique et du monde depuis les années 1944 à aujourd’hui. On y trouve également des discours prononcés par des hommes politiques, des chefs d’État notamment, et des conférences importantes ayant marqué l’histoire africaine.

En vue d’améliorer sa visibilité, l’association organise des expositions avec l’aide des partenaires tels que l’Unesco, l’Institut français du Congo, l’ambassade des États-Unis et le mémorial Pierre-Savorgnan-De-Brazza. En 2009, le maire de Brazzaville avait fait un don d’ordinateurs à l’association en vue de numériser les disques et permettre une meilleure conservation de ce patrimoine. Grâce à la vente des copies, l’association avait pu payer le loyer de son ancien siège, au cœur du marché Total, et de ses dépôts de conservation d’archives.

Ne bénéficiant d’aucune subvention et sans un siège aux normes requises, Biso na Biso n’arrive pas à déployer son potentiel artistique. Ses responsables estiment qu’une trop faible importance est accordée à ce patrimoine alors qu’il représente plus de trois cent mille disques vinyles de tous les temps.

À l’instar de ses activités connexes, Biso na Biso espère poursuivre sa mission de collecte, de conservation et de promotion, précisément dans le cadre du vaste projet du label « Brazzaville ville musicale de l’Unesco ». D’où, l’appel à un soutien multiforme pour protéger ce patrimoine déjà examiné par plusieurs institutions telles le Conseil africain de la musique.

 

 

Légendes et crédits photo : 

Au siège de l’association avec une équipe de réalisation d’un film documentaire

Source : http://www.adiac-congo.com/

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