Pas de levée de moratoire sur l’exploitation forestière

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La RDC promet que son moratoire sur l’exploitation forestière, qui interdit l’attribution de nouvelles licences à des industriels, ne sera pas levé cette année. C’est un soulagement pour les ONG de défense de l’environnement, mais ces dernières ne baissent pas la garde pour autant.

Chaque année, la question revient sur le tapis. Et les autorités ne cachent pas leur intention à terme de lever ce moratoire en vigueur depuis 2005 pour, disent-elles, diversifier leur économie et compenser la baisse des recettes liées à l’exploitation de minerais.

Début novembre, au cours d’un atelier, le ministre de l’Environnement a donc de nouveau mis le sujet sur la table… avant de rétropédaler sous la pression, en évoquant un malentendu.

Pression de la part d’une coalition d’ONG environnementales, opposées à toute exploitation industrielle de cette immense réserve de biodiversité, au motif notamment qu’elle ne profite pas aux populations. Pressions aussi de la CAFI, l’Initiative pour la forêt de l’Afrique Centrale, un réseau de bailleurs, Norvège et France en tête. Ils ont signé en 2015 un partenariat avec la RDC qui prévoit le versement d’ici à 2020 de 190 millions de dollars pour réformer le secteur. Mais sous certaines conditions. Et c’est sans doute leur menace en coulisses de couper le robinet à subventions qui a poussé le ministre à céder.

Adopté au sortir de la guerre en RDC, ce moratoire doit en théorie permettre d’assainir l’exploitation forestière, gangrénée notamment par la corruption, et construire une véritable filière qui respecte des normes à la fois sociales et environnementales. Mais de l’avis des observateurs, les avancées restent jusqu’à présent limitées. Pire, le moratoire est régulièrement violé. À deux reprises au moins ces dernières années, le ministère de l’Environnement a octroyé des concessions en toute illégalité.

Par ailleurs, ce moratoire s’il limite les dégâts, comparé par exemple aux pays voisins, il ne suffit pas à empêcher la déforestation d’augmenter. Un million d’hectares seraient perdus chaque année. Car dans le même temps, l’exploitation artisanale du bois, informelle et souvent illégale a au contraire explosé, dans ce bassin qui 7% des forêts tropicales du monde.

Source : Media Congo

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