Participation à la gestion de la chose publique: Catherine Samba propose le système de quota pour les femmes

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Arrivée le dimanche 09 juin dernier à Kinshasa, la délégation du comité consultatif de la plate-forme des femmes pour la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba conduite par Madame Catherine Samba Panza qui avait à ses cotés la ministre du genre, famille et enfant a clôturé sa mission de 4 jours par une Conférence de presse au Salon bleue de l’Hôtel du Gouvernement où elle a fait la restitution de ces différents contacts avec les personnalités de la République.

Au cours de cette visite, la mission a échangé tout à tour avec le Chef de l’Etat, la présidente de la chambre basse du Parlement, le premier ministre, la première dame, les membres des organisations féminines, les chefs religieux et traditionnels, les élus nationaux et provinciaux, et les sénatrices, les responsables des partis et regroupements politiques, ainsi que les bailleurs des fonds. L’objectif était renforcer le plaidoyer en faveur des droits des femmes, travailler à la mise en œuvre effective des engagements pris par les nouvelles autorités concernant notamment la participation et la représentation des femmes dans les organes décisionnels, en particulier les postes nominatifs et l’état d’avancement des reformes juridiques pour lutter contre les mesures discriminatoires de à l’égard des femmes et des minorités.

Au cours de leur entretien avec le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la cheffe de la délégation a présenté les doléances des différentes structures des femmes avec qui elle a échangé concernant notamment leur participation et représentation dans la gestion de la chose publique. Pour sa part, le premier citoyen congolais a exprimé sa préoccupation dans la mise en œuvre de toutes ces questions. Le garant de la nation qui milite pour la promotion véritable de talents féminins à des postes de décision en RDC est entrain de voir comment apporter des réponses aux préoccupations des femmes congolaises.
Mme Catherine Samba Panza a proposé le système de quota, pour réaliser l’équilibre dans la participation politique des femmes. Bien que cela ne cadre pas avec la constitution, il est temps d’y réfléchir, a-t-elle souligné.

DES LOIS QUI FAVORISENT L’ELECTION DES FEMMES

A l’Assemblée nationale, la présidente honoraire de la transition en RCA, a plaidé en faveur de la reforme de plusieurs lois notamment la loi électorale afin de favoriser l’élection de plus des femmes au Parlement. Catherine Samba Panza a félicité le speaker de la chambre basse du Parlement pour son élection à la tête de cette institution du pays.  » C’est une fierté pour toutes les femmes africaines qui sont capables d’aller plus loin si on leur fait confiance « , a-t-elle soutenu. Elle n’a pas manqué de saluer l’alternance pacifique au Sommet de l’Etat, un modèle pour toute l’Afrique.

Message bien capté par Jeanine Mabunda qui a promis à ses hôtes de mener un combat pour que les lois qui seront votées prennent en compte les questions des femmes. Pour rappel, la présidente de l’organe délibérant prône déjà l’approche d’un Parlement plus proche de la population, avec des lois qui profitent à la majorité des démunis et qui facilitent plus d’émergence de la femme, couche majoritaire, aux instances législatives et décisionnelles.

Avec le Premier ministre Ilunkamba, il était question de lui demander d’apporter un meilleur équilibre dans la composition du gouvernement qui sera mis en place incessamment, fait remarquer la délégation du comité consultatif de la plate-forme des femmes. Ces militantes ont invité le Chef du gouvernement à sensibiliser les responsables des partis politiques sur la nécessité d’inscrire sur la liste à présenter pour les nominations les noms des femmes. En plus, elles l’ont présenté les préoccupations des femmes de la société civile qui se sentent abandonnées pour leur implication dans la mise en place du gouvernement.

Lors de leur passage au comité exécutif du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba pour la paix, la sécurité et la coopération dans la région des grands lacs, la délégation a salué la nomination d’un point focal genre au sein de cette structure. Elle a suivi les explications du coordonnateur national s’agissant de l’implication de la femme dans la consolidation de la paix et le programme DDR. Ce dernier a sollicité l’encadrement et l’accompagnement des femmes de la mission de solidarité pour la mise en place des solutions durables. A ce sujet la cheffe de la délégation a fait savoir que la CIRGL et l’UA se mettront ensemble pour travailler sur les priorités aux questions évoquées par le Mécanisme national de suivi.
Echangeant avec les différentes couches de femmes, Catherine Samba Panza a retenu qu’il y a nécessité de relever les barrières sociopolitiques, juridiques, les VBG et les uses et coutumes qui constituent un frein à l’émancipation de la femme en RDC. S’appuyant sur les barrières juridiques, elle a souhaité de grandes reformes des lois qui ne favorisent pas le vote des femmes et qui font qu’elles ne soient pas actives dans les partis politiques. Par ailleurs, elle a noté pendant les interventions des femmes, un découragement dans la manière les politiques gèrent leurs partis.
Toutefois, elle a reconnu qu’il y a encore beaucoup de défis à relever dans la promotion et la participation de la femme à la gestion de la chose publique. D’où son plaidoyer pour prise en compte de la femme pour les postes nominatifs.
S’adressant aux journalistes, Mme Samba Panza a souligné que le rôle des médias dans l’accompagnement des femmes est constructif car, ils contribuent à l’apaisement des esprits dans un contexte de paix et conflits.

PLATE-FORME DES FEMMES EN BREF

Pour rappel, la plate-forme des femmes est le fruit d’une initiative lancée en 2013 par le Bureau de l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour la région des grands lacs mis en place pour appuyer notamment la mise en œuvre de l’Accord-cadre.

Cette plate-forme des femmes vise à renforcer la participation des femmes au leadership et à la prise de décisions politiques à l’appui des efforts de consolidation de la paix dans la région des grands lacs. Sa création est une reconnaissance du fait que les femmes sont des acteurs cruciaux au sein des trois piliers clés qui favoriseront une paix durable dans la région entre autres relance économique, cohésion sociale et légitimité politique. Aussi, elle vise à renforcer le pouvoir d’action des organisations féminines et des femmes leaders afin qu’elles contribuent à la mise en œuvre de l’Accord-cadre en les aidant à renforcer leur action collective.

Elle est composée des organisations internationales et régionales qui travaillent pour la paix, telles que l’Union africaine, la CIRGL ainsi que le fonds mondial pour les femmes.

Source: http://www.mediacongo.net/

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