Partager les entreprises du portefeuille, c’est les condamner à la disparition

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La réforme des entreprises publiques a accouché d’une souris. Et pour cause. Il y a cette main noire politique qui a pris en otage les entreprises du portefeuille. Au moment où le FCC et le CACH se disputent le partage du butin électoral de décembre 2018, le chef de l’Etat ferait mieux d’épargner les entreprises du portefeuille de ce jeu politique.

Les experts sont formels sur un point : inscrire le partage des entreprises du portefeuille dans l’agenda politique FCC –CACH, c’est consacrer leur disparition certaine. Seule l’expertise doit prévaloir dans le choix de prochains mandataires publics.

Le principe du fameux partage du gâteau par les politiciens au pouvoir dans des entreprises publiques est au centre de la lutte effrénée entre les politiciens. C’est l’une des causes qui a opposé dernièrement les militants de l’UDPS et du PPRD. Cet appétit glouton des politiciens dans les entreprises publiques explique en grande partie l’échec de la réforme des entreprises publiques ; processus en raison de 180 millions USD par la Banque mondiale entre 2003 et 2014.

Avec l’avènement de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême, on s’attend à ce que le processus de réforme des entreprises du portefeuille soit relancé. Dans ce nouveau challenge, le plus grand défi reste et demeure la rupture avec la grande vague de politisation des entreprises du portefeuille. Aujourd’hui, les entreprises du portefeuille ont besoin d’une cure de jouvence pour se relancer. Les politiser, comme ce fut le cas durant ces dernières années, c’est notamment les condamner à une faillite incertaine, alors que certaines d’entre elles sont presqu’en cessation de paiement.

Contrairement aux habitudes, la classe politique doit cesser d’être le lieu par excellence où se recrutent les membres des comités de gestion des entreprises du portefeuille. Même si la dimension politique entrera forcément en ligne de compte dans le choix de certains mandataires, les critères de la compétence, de la probité et de l’expérience doivent prévaloir sur tout. L’émergence qui est l’objectif affiché de la RDC sous le leadership de Félix Tshisekedi, passe aussi par des entreprises publiques de qualité.
Il faut mettre fin à la culture de « partage du gâteau » qui a causé des dégâts irréparables dans le secteur du portefeuille. Au moment la RDC négocie un tournant décisif de son histoire, consacré par l’avènement de Félix Tshisekedi, l’Etat congolais qui reste le seul propriétaire des entreprises publiques transformées, doit promouvoir une génération de managers capables de sortir les entreprises publiques du trou noir.

Dans ce pays, il est temps de mettre en valeur les critères de compétence et bannir le clientélisme politique. La prise en otage des entreprises publiques par la main noire politique a été lourde de conséquences. Le chef de l’Etat, qui attend remettre la RDC sur le rail, doit rompre avec ce passé compromettant. Il est temps que les mandataires publics soient portés aux commandes des entreprises du portefeuille, non en raison de leur appartenance politique mais plutôt au regard de leur expertise avérée dans un domaine précis. Le chef de l’Etat devait s’abstenir de revenir à la triste expérience du gouvernement « 1+4 », mise en œuvre entre 2002 et 2006. L’on se souvient qu’au terme de la signature de l’accord global et inclusif de Sun City, les entreprises publiques ont été partagées entre signataires de cet accord comme un butin de guerre, selon le principe d’un « partage équitable et équilibré du pouvoir».

Aujourd’hui, la gestion de la chose publique doit se démarquer de ces vieilles habitudes. C’est ici qu’il faut rappeler au président de la République, garant de la Constitution et de la bonne marche des institutions que les entreprises du portefeuille ne sont pas à partager suivant le seul principe de copinage politique. Ces entreprises, qui sont au bord de la faillite pour les unes et en situation de banqueroute pour les autres, doivent être assainies pour qu’elles servent réellement l’Etat dans les secteurs respectifs.

La plus grave erreur que commettrait le chef de l’Etat serait de confier une fois de plus les entreprises du portefeuille aux politiciens qui n’ont pour seule motivation que se servir et non servir. Agir ainsi, c’est autrement condamner ces entreprises à une disparition certaine. Le partage des entreprises du portefeuille ne doit pas être à l’ordre du jour de la coalition FCC – CACH.

Source: http://www.mediacongo.net/

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