Paix et sécurité: les pays africains appelés à prendre en main leur destin

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Le 4e Forum international sur la paix et la sécurité, organisé du 13 au 14 novembre à Dakar, au Sénégal, a permis aux chefs d’Etat, chercheurs et responsables de la société civile présents, d’échanger sur les défis sécuritaires du continent.

Placé sur le thème « Défis sécuritaires actuels en Afrique : pour des solutions intégrées », la rencontre, consacrée aux enjeux stratégiques du continent, a été l’occasion pour les dirigeants africains de souligner la nécessité de travailler ensemble pour lutter contre le terrorisme. Ils ont notamment appelé à aider leurs Etats à assurer leur propre sécurité, y compris par une adaptation des interventions internationales aux réalités locales.

Plusieurs ateliers et panels de haut niveau se sont tenus durant les assises. Ils étaient consacrés à des enjeux variés, comme les solutions intégrées à apporter aux défis sécuritaires, l’amélioration des dispositifs de maintien de la paix ou encore la lutte contre le financement du terrorisme.

Le Forum de Dakar a revêtu une importance capitale au moment où le djihadisme et la piraterie constituent les nouveaux défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée depuis la fin de la guerre froide. A ce jour, près d’une quinzaine de groupe terroristes opère sur le continent. Ce sont, entre autres, Boko Haram qui sévit au nord-est du Nigeria, les shebab qui tentent de déstabiliser la Somalie et la Corne de l’Afrique, enfin des groupes extrémistes liés à al-Qaïda (Aqmi et Ansar Dine), qui prolifèrent dans la région du Sahel, au sud du Sahara, notamment depuis que la Libye a sombré dans le chaos après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

En ce qui concerne la piraterie, elle s’est développée dans les années 2000 dans le golfe d’Aden, avant d’étendre sa zone d’action, qui va aujourd’hui du golfe d’Oman (au nord) jusqu’au canal de Mozambique (au sud).

L’édition 2017 du Forum sur la paix et la sécurité était un moment privilégié pour le président sénégalais, Macky Sall, de relancer le débat sur le rôle, les moyens et les droits des forces de maintien de la paix des Nations unies. Il a dit craindre le retour en Afrique de combattants terroristes venus d’autres régions du monde. « Le risque aujourd’hui et pour les années à venir, c’est de voir des terroristes vaincus ailleurs chercher des zones de repli en Afrique. La riposte militaire sur le terrain contre les groupes terroristes est vitale. Il ne faut pas faire la fine bouche. On ne peut pas, avec des fleurs, accueillir ou régler le problème qui se passe sur le Sahel. Il faut régler le problème militaire d’abord », a-t-il déclaré, avant d’insister: « La réponse militaire doit être solidaire et globale pour ne laisser aucun sanctuaire aux groupes terroristes ». Il s’exprimait devant ses homologues malien, Ibrahim Boubacar Keïta, et rwandais, Paul Kagame.

                                  Se garder des solutions conçues sans l’Afrique

Pour le chef de l’Etat sénégalais « il faut se garder des solutions toutes faites, conçues sans les Africains ». « Les conséquences de ces interventions, nous les vivons au Sahel, sont souvent pires que le mal qu’elles étaient censées soigner. Chaque pays a une histoire, une expérience et des spécificités dont il convient de tenir compte », a-t-il poursuivi, en allusion à l’intervention occidentale en Libye en 2011.

Le président rwandais, Paul Kagame, qui présidera en 2018 l’Union africaine, a, pour sa part, exhorté ses pairs africains à donner le meilleur d’eux mêmes pour assurer la paix et la sécurité sur le continent. « Si nous laissons les autres définir nos défis et prendre la responsabilité de régler nos problèmes, nous ne pouvons-nous en prendre qu’à nous-mêmes », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant l’importance de la coopération internationale.

« Aucun de nos pays n’a les moyens aujourd’hui (…) je ferai tout ce que je pourrai, jusqu’à mon dernier souffle, pour que mon pays ait les moyens de défense à hauteur de la menace qui lui est faite. Mais pas seul… », a assuré,  quant à lui, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, qui était également présent à ce forum.

Rappelons que la France était représentée par la ministre des Armées, Florence Parly, qui a appelé à un renforcement de la coopération, en prenant l’exemple de la force G5. « La France n’abandonne pas ses partenaires et continuera à encourager et à aider toutes les actions positives pour la paix en Afrique. Nous discuterons d’une sécurité intégrée. Je crois que c’est la clé qui permettra la sécurité et la paix en Afrique, une sécurité africaine pour l’Afrique », a-t-elle affirmé.

Le Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique rassemble annuellement de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement africains, des partenaires internationaux ainsi que de multiples acteurs de la paix et de la sécurité. Il a été lancé lors du Sommet de l’Elysée de 2013 organisé par la France. La première édition de ce forum s’était tenue en décembre 2014, à Dakar.

 

 

Source : adiac-congo.com

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