Ouvrant sa session ordinaire d’octobre 2017 : Le Conseil Economique et Social s’engage à relever les défis de la crise congolaise

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La 2ème session annuelle du Conseil Economique et Social (CES) s’est ouverte solennellement vendredi 6 octobre 2017 au Palais du Peuple. Cette session d’octobre qui est par nature budgétaire pour le parlement, prévoit aussi des matières diverses qui devront occuper les plénières et les travaux des sept commissions permanentes du CES.

Selon le président du CES, Jean Pierre Kiwakana Kimayala, l’année 2017 finissante, reste pour la RDC, une année particulièrement difficile dans différents secteurs de la vie nationale sur lesquels le Conseil Economique et Social entend attirer l’attention des décideurs politiques afin d’améliorer les conditions socio-économiques de la population. Il s’agit notamment des secteurs de l’éducation, de la santé publique, de l’agriculture, de l’investissement et du changement climatique.

Jean Pierre Kiwakana a le plus enfoncé le clou sur le plan économique de la RDC. Selon lui, les options discutables prises naguère et qui démontrent de manière récurrente leurs limites, fragilisent dangereusement les fondamentaux et appauvrissent de plus en plus la population congolaise. « L’analyse faite de cet état des choses nous amène à vous livrer son incidence sur le social des citoyens. Contrairement aux idées reçues, les social ne consiste pas à entretenir un panier d’argent à distribuer aux nécessiteux, ni à se faire applaudir pour le placement d’un robinet ou du courant électrique dans un quartier. L’accès à l’eau potable et à l’énergie est un droit des citoyens  », a-t-il soutenu.

Cependant, poursuit le président, le social tire son essence dans la bonne gouvernance continue où l’emploi, seul gage de la dignité humaine, est assuré au plus grand nombre où l’éducation est garantie ; le système de santé organisée ; et  où le plus grand nombre peut se procurer l’essentiel pour sa survie, dans la dignité. « Face aux nombreux défis qui se dressent devant nous et qui ne disparaitront pas à coup de slogans ou de vœux pieux, nous invitons chacun à la responsabilité et à la défense de l’intérêt collectif.

Le développement économique est une œuvre de longue haleine qui se fonde sur les ressources disponibles, les stratégies et politiques adéquates mises en place par l’Etat et la qualité des hommes dont dispose la nation. L’Etat y joue un rôle déterminant en tant que superstructure du pouvoir politique, économique, culturel, règlementaire et répressif », a-t-il souligné.

Les Conseillers du CES réagissent

Certains conseillers de la République ont réagi par rapport à l’ouverture de cette session ordinaire d’octobre 2017 qui a lieu à une époque où le pays connait un chaos économique. Pour le conseiller Michel Diumu, 2017 est une année difficile. Cette année a vu l’économie du pays, qui était en train de se stabiliser, rechuter d’abord en janvier 2016. « 2017 a été presque catastrophique parce que la croissance est tombée à 2,6%. Nous avons perdu l’ensemble de moyens pour pouvoir résister, parce que même le coût de change a ramené tout le revenu. Cette année se traduit par une crise majeure : pas de liquidité suffisante dans le trésor public pour assurer les services.

Alors le CES ouvre sa session économique dans ce contexte-là », a-t-il déclaré, poursuivant que « la grande question, c’est par où commencer pour soutenir les reformes qui puissent produire dans la durée. C’est pourquoi, le président a touché tous les secteurs. Il a touché l’éducation, la santé, etc. Nous pouvons demain obtenir les investissements, mais si nous n’avons pas d’hommes qui n’ont pas de mentalité ni de morale suffisante de gérer pour l’intérêt général, le pays retombera dans la même situation.

Donc il faut une réflexion profonde sur la question de l’éducation et le CES a déjà fait un document sur la baisse de la qualité de l’enseignement dans ce pays ». Pour que la situation s’améliore, le conseiller Michel Diumu appuie les propos de son président  en ces termes : « Le président l’a si bien dit, nous devons regarder la question de l’eau, du climat, des structures économiques pour répondre favorablement aux difficultés congolaises. Nous n’avons pas de petites et moyennes entreprises capables de pousser l’emploi.

Le président a soutenu que c’est le travail qui peut faire l’épanouissement de l’homme. Si nous n’avons pas créé suffisamment d’emplois, donc nous avons implanté le désespoir dans la tête de la jeunesse ». Pour lui, il faudra que le gouvernement s’y intéresse parce qu’il est l’acteur qui reçoit, au premier chef, à part le cabinet du chef de l’Etat, les avis du CES qu’il peut traduire en programme. Le conseiller Socrate Nsiku s’est attelé quant à lui sur le rôle du CES. Pour lui, le CES est l’organe que les législateurs et les autorités du pays devraient mettre en place pour discuter de problèmes économiques et sociaux du pays.

« Le CES est l’organe par excellence que les législateurs et autorités ont mis en place pour continuer l’action des décideurs politiques. Cet organe les accompagne dans les analyses. Nous pensons que le CES joue bien ce rôle. Etant congolais et vivant dans ce même pays, et soumis à la même pesanteur, nous pensons que nous sommes bien positionnés pour réfléchir et apporter tant soit peu notre petite pierre à la recherche des solutions. Nos avis orientent les décideurs pour trouver des solutions », a expliqué le conseiller Socrate Nsiku.« La population saura maintenant qu’est-ce qui se passe sur le terrain.

Il nous appartiendra de voir comment est-ce que nous allons analyser les problèmes. Apporter nos conseils au niveau des décideurs parce que notre rôle c’est au niveau des décideurs. Nous pensons qu’avec le nouveau bureau, nous pouvons nous attendre à des bons résultats.Pour que la situation soit décantée, notre président l’a si bien dit, il faudra que nous tous puissions nous mettre autour d’une même table, conjuguer nos efforts pour que le vécu quotidien de la population puisse changer », a souligné la conseillère Scolastique Atadra.

Par Carroll Madiya

Source : 7sur7.cd

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