ONU: échange musclé sur l’Iran au Conseil de sécurité

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Donald Trump s’est déclaré mercredi confiant dans le soutien de ses alliés européens à son approche virulente à l’égard de l’Iran, juste avant de présider un Conseil de sécurité sur la non-prolifération des armes de destruction massive qui permettra d’aborder aussi la Corée du Nord et la Syrie.

Seuls les 15 membres du Conseil participent à la réunion qui regroupera cinq présidents, un vice-président, deux premiers ministres et sept ministres des Affaires étrangères, dont ceux de la Russie et de la Chine.

Mardi, parmi les premiers à fouler la tribune de l’ONU pour l’Assemblée générale annuelle à New York, Donald Trump et Hassan Rohani s’étaient violemment affrontés.

« Dictature corrompue »

Le président américain avait appelé « toutes les nations » à « isoler » la « dictature corrompue » de Téhéran.

Objectif: rallier la communauté internationale pour contraindre la République islamique à négocier avec lui un vaste traité qui non seulement l’empêcherait de fabriquer la bombe atomique, mais qui interdirait aussi à Téhéran toute prolifération de missiles balistiques et mettrait fin à son comportement « déstabilisateur » au Moyen-Orient.

En retour, le président iranien l’avait accusé de chercher à le « renverser », par le biais des sanctions draconiennes comparées à un acte de « terrorisme économique », au moment même où il prétend l’inviter au dialogue.

Pour Hassan Rohani, les seules négociations possibles doivent avoir lieu à l’ONU. Et sur la base de l’accord multilatéral conclu en 2015 sur le nucléaire iranien, dont son homologue américain s’est retiré avec fracas en mai en critiquant son laxisme et en rétablissant dans la foulée toutes ses sanctions contre Téhéran.

Donald Trump a rencontré mercredi matin le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, un de ses alliés régionaux qui, avec l’Arabie saoudite, poussent Washington à conserver une ligne anti-iranienne.

Paris et Londres, ainsi que toute l’Union européenne, n’ont jamais accepté le retrait américain de l’accord iranien, et tentent tout pour le sauver, avec Téhéran et ses deux autres signataires, Moscou et Pékin, adversaires habituels de Washington et également membres permanents du Conseil de sécurité.

Ces Européens ont annoncé à l’ONU en début de semaine un mécanisme complexe de troc visant à préserver les nombreuses entreprises étrangères sommées de quitter l’Iran sous peine de mesures punitives américaines. Cette initiative a été dénoncée par l’administration américaine, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo exprimant sa « profonde déception ».

« Je pense que les Européens se comporteront bien, vous n’avez qu’à regarder », a déclaré Donald Trump au début de son entretien avec Benyamin Nétanyahou.

À propos du conflit israélo-palestinien, le président américain a promis un plan de paix d’ici quatre mois, et s’est montré confiant sur un retour des Palestiniens, avec lesquels il est brouillé, à la table des négociations.

Il s’est pour la première fois dit favorable à une solution à deux États pour régler ce conflit.

Corée du Nord et Syrie

Après Donald Trump, le président français Emmanuel Macron devait prendre la parole devant le Conseil de sécurité. Mardi, à la tribune de l’Assemblée, il avait dit « non » à « la loi du plus fort » pour régler la crise iranienne.

« La tentative de Trump de reproduire contre l’Iran la campagne de pression contre la Corée du Nord peut échouer, et aboutir au contraire à saper les efforts internationaux pour contenir l’Iran et à relancer le programme nucléaire iranien », prévient Vipin Narang, professeur au Massachusetts Institute of Technology.

Et le président Trump ne peut guère espérer trouver un consensus complet sur les autres dossiers.

Sur la Corée du Nord, un an après avoir réussi à mobiliser la communauté internationale pour imposer des sanctions sans précédent contre les programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, les États-Unis font face au revers de la médaille de leur rapprochement diplomatique avec Kim Jong-un en vue d’une éventuelle dénucléarisation.

La Russie et la Chine veulent alléger la pression, et des accusations de « tricherie » et de « mensonges » ont récemment fusé entre Russes et Américains au Conseil de sécurité sur l’application des sanctions.

Quant à la Syrie, si le front occidental reste soudé – Donald Trump a promis mardi une « réponse » américaine en cas de nouvelle attaque chimique -, il fera face à la détermination de la Russie, alliée de Damas et principal obstacle à l’adoption de nombreuses résolutions de l’ONU sur ce conflit vieux de sept ans.

Source: http://www.mediacongo.net/

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