Ne Mwanda Nsemi refait surface et donne un ultimatum au président Kabila

0

Evadé de prison le 17 mai dernier, Ne Mwanda Nsemi, chef du mouvement politique-religieux Bundu dia Kongo (BDK), est réapparu dans une vidéo postée sur les médias sociaux. Il lance un message un appel à la désobéissance civique.

Ne Mwanda Nsemi, le chef de la controversée secte politico-religieuse Bundu Dia Kongo refait surface. Dans une vidéo longue de 29 minutes, habillé de son boubou jaune brodé de bleu et coiffé d’un bandeau rouge comme à son habitude, le député-guru a lancé un ultimatum pour que « les Rwandais et le président Joseph Kabila » quittent le pays au 7 août 2017.

« Sinon, nous allons appliquer la loi divine qui dit œil pour œil, dent pour dent, » menace-t-il dans une vidéo postée le 26 mai sur YouTube, appelant en outre à la désobeissance civique. Comme lors de ses dernières sorties médiatiques, le gourou de Bundu Dia Kongo s’en est pris vertement au gouvernement congolais qu’il accuse de faire obstruction à la justice, notamment sur les violences dans le Kasaï.

Ne Mwanda Nsemi fustige ce qu’il qualifie de mensonge du gouvernement congolais lors de la 35eme session du Conseil des Nations unies sur les droits de l’homme démentant l’existence de « Bana Mura, une milice du président bien connu par les Congolais », a-t-il affirmé faisant allusion à la garde présidentielle.

À en croire le député congolais, il existe encore de nombreuses fosses communes, tant dans le Kasaï qu‘à Kinshasa. « Dans la région de Kinshasa, j’ai connu beaucoup de fosses communes à Kinshasa parce que chaque fois qu’il y a des évènements les armées étrangères sont envoyées pour venir massacrer. Allez fouiller au Kasai il y a beaucoup de fosses communes », a-t-il lancé.

L’image semble avoir été prise le 25 juin 2017 car Ne Mwanda Nsemi évoque les 57 ans d’indépendance de la RDC qui seront célébrés le 30 juin. Il précise qu’il reste cinq jours pour cette fête nationale. Quant aux Rwandais, il estime qu’ils sont encore 3.000 à œuvrer « pour la colonisation de la RDC ».

Ne Mwanda Nsemi est toujours recherché par la police après son évasion spectaculaire de la prison centrale de Kinshasa, le 17 mai dernier. Cette évasion avait été suivie de plusieurs attaques dans des prisons du pays, toutes imputées aux partisans de sa secte.

Le chef d’un mouvement insurrectionnel réclame non seulement le départ du président Kabila qu’il juge illégitime en raison de sa supposée nationalité rwandaise, mais également le rétablissement du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s‘étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

Le Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été visée par une violente opération militaire, après avoir mené une série d’attaques contre des agents de l’État et avoir appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi avait amorcé un rapprochement avec M. Kabila à partir de fin 2015.

Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu le 20 décembre.

Ce nouvel appel intervient dans une situation politique tendue dans le pays alors que rien ne semble annoncer l’organisation de la présidentielle d’ici la fin de l’année comme énoncé dans l’accord politique conclu entre majorité et opposition sous l’égide de l‘Église catholique, le 31 décembre 2016, quelques jours après la fin du second et dernier mandat de Joseph Kabila.

L’Église catholique a d’ailleurs appelé, ce 23 juin, le peuple congolais à se mobiliser pour le respect de l’accord de sortie de crise.

Source : Media Congo

Laisser un commentaire