Musique : villa Tchimbamba, un paradis pour les musiciens !

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Pascal et Laurent, frères jumeaux, nous ont ouvert grand les portes de leur paradis. Rencontre avec deux passionnés du bon son !

Du propre aveu des musiciens du pays, il n’existe pas un endroit semblable au Congo. Imaginez, au quartier Tchimbamba de Pointe-Noire, un vaste salon transformé en paradis des instruments de musique, une sorte de caverne d’Ali Baba à n’en croire ni ses yeux ni ses oreilles. Ici, pas de fausses notes sur le choix des instruments, Pascal et Laurent sont des amoureux du son, du bon son !

Nés à la même heure du même jour de la même année, ces frères jumeaux partagent leur temps entre France et Congo, partagent également la même passion. Laurent, véritable touche-à- tout de la musique, raconte : «  Je suis arrivé à Pointe-Noire pour la première fois en 2009 avec une guitare française de la marque « Maison »  qui me tenait toujours compagnie. Cette guitare est aujourd’hui la propriété de Massein Peithas, reporter à Radio Mucodec. Depuis cette année là, la villa ne désemplit pas, la semaine dernière, mon frère est arrivé avec un trombone et deux cymbales chinoises artisanales  venues compléter une batterie Pearl  posée sur estrade dans un coin du salon, une batterie apportée de France en un seul voyage par avion ».

Mais ce voyage là ne fut pas le plus éprouvant, celui d’une contrebasse trois quarts dans son étui aura fait couler beaucoup de sueur à son frère Pascal, au Congo depuis vingt-deux ans, comme il aura également coûté une dizaine de minutes de retard au décollage du Boeing d’Air France pas trop chaud pour embarquer l’impressionnant colis.

Si certains instruments voyagent, d’autres sont achetés à Pointe-Noire, comme djembé ou balafon, instruments offerts ou vendus par des amis tels la domra, instrument russe de la famille 

des luths. « En septembre dernier, un ami a déménagé en Guinée équatoriale nous laissant un ampli à lampes Mésa Boogie, beaucoup trop encombrant,  considéré comme l’un des dix meilleurs amplis du monde. D’ailleurs, tous nos amplis, Vox, Burgera, Ampeg, Marshall sont à lampes pour restituer une parfaite chaleur du son. Un autre ami qui lui retournait définitivement en France nous a laissé un magnifique clavier Korg », raconte encore Laurent. Et son frère Pascal de surenchérir : «  Dans un magasin de Tchimbamba, nous avons acheté un vieux piano acoustique que nous avons transformé en piano numérique, beaucoup de travail mais un résultat époustouflant, vraiment il sonne grave. Repeint et vernis, ce piano est une véritable fierté de technologie  et d’esthétisme, presque un tour de magie ».  Autour du piano ? Saxophone, flûtes, clarinette, trompette, harmonicas, accordéon, mandoline, banjo, congas, bongos, cloches, cajón, washboard (planche à laver), ukulélés, percussions diverses, une grande partie de ces instruments ayant été achetée en Allemagne, chez le fabricant Thomann qui est une entreprise familiale.

Et puis naturellement guitares et basses : une bonne douzaine, certaines un peu rares comme la guitare ténor à quatre cordes ou encore la basse acoustique. Laurent qui voue une véritable passion l’affirme : «  Ici, il n’y a que des guitares de légendes, des Fender, Télécaster ou Gibson ; à titre d’exemple, cette guitare Fender US de la période CBS est exactement le même modèle de guitare que celui sur lequel jouait Jimmy Hendrix. Nous décortiquons chaque jour les petites annonces pour trouver la bonne affaire, attentifs aux instruments d’origine, des micros jusqu’à la peinture ».

Même son de cloche chez son frère jumeau Pascal, bassiste et contrebassiste, qui joue sur la même partition. «  Je suis un vrai maniaque du son. Que ce soit pour nos basses ou nos guitares, toutes sont révisées intégralement par Jean Noël Lebreton, un luthier français très réputé, ayant fait ses études de lutherie à Londres », assure-t-il.

Alors ? Musée, salon de concert ou de répétitions, magasin de vente d’instruments, studio d’enregistrement ?  Rien de tout ça, les jumeaux à l’unisson de préciser : « C’est simplement un salon de détente où passent de nombreux amis et artistes, nous jouons pour le simple plaisir. Exception à la règle, une fois par mois, Zina Hope vient enregistrer ici son émission TV « Villa Tchimbamba » pour TNT Africa et aussi les titres de ses chansons. Le salon est un vrai carrefour de rencontres où l’on peut croiser des artistes comme Berléa, Mixton, Nestelia Forest, Spirita Nanda, plein d’autres encore. Avec les potes, on peut parler des heures durant et jusqu’au bout de la nuit des instruments. Du coup, nous est venue l’idée de créer « Le marché des musiciens congolais », une page Facebook communautaire, pour partager notre passion et aider les musiciens dans leurs recherches d’instruments, ce qui n’est pas simple ici au Congo ».

Légendes et crédits photo : 

Pascal et Laurent

Source : http://www.adiac-congo.com/

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