Musique : un SOS pour sauver Armando Brazzos

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Sociétaire de l’orchestre African Jazz qui a joué à la table ronde de Bruxelles, en 1960, l’ancien guitariste (85 ans) ne va pas bien. Son état de santé est inquiétant, a alerté son ami et compagnon Pierre Yantula Bobina alias Petit Pierre (77 ans), également ancien chanteur d’African Jazz.

Armando Brazzos « se met difficilement debout et marche avec beaucoup de peine. Et il souffre aussi de perte de mémoire », a fait savoir Pierre Yantula Bobina. Tous les deux avaient fait partie de la délégation des musiciens congolais, avec leur illustre leader feu Kabasele Tshamala Grand Kallé, à la table ronde historique de 1960 à Bruxelles, en prélude à l’indépendance du Congo. Il s’agit donc d’un des pères de la musique congolaise moderne dont l’histoire est aussi liée à l’indépendance de l’ex-Congo belge -encore en vie- qui va mal et peut tirer sa révérence à tout moment.

Guitariste accompagnateur dans l’OK Jazz de Franco Luambo Makiadi, Armando Brazzos a aussi joué pour l’African Jazz de Grand Kallé. Pierre Yantula s’en souvient : « Brazzos est venu d’abord dans l’Ok Jazz comme accompagnateur à côté de Franco. Lors de la table ronde,Thomas Kanza a sollicité que l’African Jazz et l’OK Jazz puissent se produire en Europe en marge de la table ronde. Brazzos et Vicky Longomba ont accepté alors que les autres ont refusé ».

C’est à Bruxelles que Brazzos s’est mis à la guitare basse pour combler une carence dans l’orchestration du groupe venu de Kinshasa pour agrémenter les politiciens à la table ronde. « Quand nous sommes arrivés à Bruxelles, nous nous sommes retrouvés avec trois guitaristes, Nico Kasanda (Dr Niko), Déchaux Muamba et Armando Brazzos; en clair, deux accompagnateurs et un soliste. Et Brazzos, connaissant mieux la guitare et la structure de l’orchestre, a demandé aux deux frères (Nico et Déchaux) de se mettre à la guitare solo et à l’accompagnement alors que lui s’est proposé à la guitare basse. Ce fut ses débuts comme guitariste basse, à la table ronde. Et nous avons joué « Indépendance cha cha », « Naweli Boboto ». Ce fut aussi son incorporation dans l’African Jazz », se rappelle Pierre Yantula.

Des acteurs de l’indépendance oubliés

Aujourd’hui, regrette amèrement Petit Pierre, les autorités ont superbement oublié, abandonné les acteurs congolais de l’indépendance, particulièrement les musiciens, alors que partout dans le monde, ce genre de personnalités fait partie des patrimoines dont on prend minutieusement soin. « Depuis cinquante-huit ans, rien n’est fait dans le sens d’apporter de l’assistance aux musiciens qui ont presté lors de la table ronde et particulièrement à Brazzos. J’ai entrepris des démarches auprès des institutions du pays, à la présidence, à la primature où j’attends un rendez-vous. Très récemment, j’ai amené un Belge, venu tout droit de Bruxelles, chez Brazzos, on attend la suite », dit-il.

 « Nous étions sept dans l’African Jazz, nous ne sommes restés que deux, les autres sont morts. Je demande à ce qu’on assiste Brazzos de son vivant comme il est malade, il est encore temps de soigner ce monument. Nous sommes tous fils de ce pays. On a décoré les autres. On accorde des soins aux autres mais pourquoi pas à la famille African Jazz ? On donne des médailles et de l’argent aux footballeurs mais personne de l’African Jazz n’a bénéficié de l’assistance des autorités, il est temps qu’on pense à nous aussi. J’insiste beaucoup pour Brazzos. Il a besoin d’aide dans ses vieux jours », plaide Pierre Yantula Bobina.

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 : Armando Brazzos, ancien guitariste d’African Jazz
Photo 2 : Pierre Yantula Bobina « Petit Pierre » et Armando Brazzos

Source : http://www.adiac-congo.com/

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